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I - INTRODUCTION PRESENTATION GENERALE |
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Le Smic et le Smig. .
Salaire minimu et négociation collective. .
La relation niveau du salaire minimum-niveau de l’emploi. . Les mots-clés. . Les thèmes principaux. |
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Au-delà de ces
deux dates anniversaires, plusieurs initiatives adoptées à l’étranger
ont également renouvelé et accentué l’intérêt accordé au revenu minimum.
Le gouvernement américain a ainsi fait adopter par le Congrès deux hausses
successives du salaire minimum fédéral en 1996 et 1997, alors qu’un salaire
minimum national a été introduit le 1er février 1999 au Royaume-Uni.
L’Irlande s’apprête également à définir un salaire minimum. Enfin, le
ministre du Travail du gouvernement fédéral allemand a récemment évoqué
le sujet. En France, selon
les estimations du ministère de l’Emploi et de la solidarité, en juillet
1997, plus de deux millions de salariés étaient payés au SMIC. Parmi ceux-ci,
les ¾ environ (1,5 millions de salariés) sont employés dans des entreprises
du secteur marchand. Environ 200 000 salariés payés au SMIC appartiennent
au secteur domestique et environ 350 000 au secteur public (Etat, collectivités
locales, secteur hospitalier). L’emploi au SMIC ² se situe en majorité dans
le secteur tertiaire (au million de salariés du secteur tertiaire de l’enquête
du ministère de l’Emploi s’ajoutent les 600 000 salariés des secteurs
domestiques et publics). Il est surtout le fait des petites entreprises :
la moitié des salariés au SMIC dans le secteur marchand travaillent dans
des établissements de moins de dix salariés. Il est aussi le fait de branches
peu couvertes par le système conventionnel : ainsi dans l’hôtellerie
et la restauration, qui n’avaient pas de convention collective jusqu’en
1997, 40% des salariés sont payés au SMIC. C’est également un emploi en
majorité féminin. Enfin, la proportion des jeunes au SMIC est plus forte
que dans l’emploi total ( et pour cette population jeune, les compléments
de rémunération sont faibles car, notamment, les effets d’ancienneté jouent
peu ) ²[1]. Mais,
quelquesoit le mode de fixation, le SMIC a surtout des effets négatifs
sur le niveau de l ‘emploi.
A
la suite des travaux de G. J. STIGLER[5] qui indiquaient qu’un
relèvement du salaire minimum entraînait le licenciement des travailleurs
dont la productivité est initialement inférieure au nouveau minima,
le CSERC souligne qu’² en France, les études empiriques s’accordent pour trouver un lien négatif
entre le niveau du SMIC et le niveau d’emploi de certaines catégories
de main-d’œuvre ( les jeunes et les peu qualifiés ) ²[6] ( Voir l’étude de S. BAZEN
et J. P. MARTIN, ² L’incidence du salaire minimum
sur les gains et l’emploi en France ² publiée dans le Revue économique
de l’OCDE (n° 16, printemps, 1991), le document de travail (1998) de
J. M. ABOWD, F. KARMAZ et D. N. MARGOLIS, ² Minimum wages and employment
in France and the United States ², ou les travaux de F. KRAMARZ
et T. PHILIPPON, ² The impact of differential
payroll tax subsidies on minimum wage employment ² (Document de travail du Crest,
1998) qui concluent à un effet d’éviction de l’emploi pour les travailleurs
les moins qualifiés, d’un relèvement du salaire minimum ).
Ce
lien négatif entre le salaire minimum et l’emploi résulte d’effets de
substitution entre les facteurs de production ( substitution entre le
capital et le travail ) mais surtout entre les différentes catégories
de main-d’œuvre ( un salaire minimum élevé favorisant la substitution
du travail qualifié au travail peu qualifié )[8]
( A cet égard, voir l’étude de H. SNEESSENS et F. SHADMAN-MEHTA, ² Real wages, skill mismatch and unemployment
persistence ² publiée dans les Annales d’économie
et de statistique en 1995 (n°37-38, janvier-février) ou les travaux de
F. MIHOUBI, ² Coût des facteurs et substitution
capital-travail : une analyse sur le secteur manufacturier ², publiés dans la revue Economie et statistique
en 1997 (n°301-302) ). Concernant
les jeunes non qualifiés, le CSERC note qu’² un niveau élevé du salaire
minimum constitue un obstacle particulier s’il ne permet pas l’acquisition
d’une qualification par une première expérience professionnelle ²[9]. A
cet égard, ² si le coût moyen du travail en France, compte
tenu des différences de productivité, n’apparaît pas particulièrement
élevé par rapport aux grands pays industriels, le
même diagnostic ne peut être porté au niveau du salaire minimum. Malgré les allégements de charges sur
les bas salaires, le coût salarial
au niveau du SMIC est parmi les plus élevés en Europe. Il l’est en niveau,
exprimé au taux de change courant, il l’est aussi relativement au coût
du salaire moyen ou médian ²[10]. En outre, les évolutions
du salaire minimum ont été assez divergentes entre la France et majorité
des autres pays. Après une forte augmentation entre 1970 et 1983, le pouvoir
d’achat du SMIC connaît une lente croissance depuis 1983 ² alors que les salaires minima ont, depuis vingt
ans, tendu à stagner en termes réels et à baisser relativement au salaire
médian dans nombre d’autres pays ( par exemple en Espagne, Belgique, Pays-Bas,
Etats-Unis ) ²[11]. Les salaires minimum en Europe et aux Etats-Unis
Le
Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts en conclue donc
qu’² au total, ces éléments conduisent à situer
le cas français du côté de la frontière où le salaire minimum a des effets
négatifs sur l’emploi peu qualifié […] Pour lutter contre le chômage des
peu qualifiés, une politique de réduction du coût salarial au niveau du
SMIC par rapport au coût moyen a été engagé au travers des allégements
de cotisations sociales patronales sur les bas salaires. Il importe d’abord
que ce dispositif soit pérennisé. L’effort fait en France, en cette matière,
est assez comparable à celui engagé dans plusieurs pays européens (Belgique,
Pays-Bas, Royaume-Uni). L’objectif de ne pas augmenter le coût salarial
horaire devrait être également poursuivi dans le traitement du passage
au trente cinq heures pour les salariés payé au SMIC ²[14].
Mots-clefs : salaires, revenus, marché du travail, emploi, chômage, contrat,
négociation, loi, marché, Etat, réglementation, déréglementation, coûts
de production, inflation, prix contrôlés, prix bloqués, Union européenne. Thèmes :
la relation négative niveau du salaire minimum-niveau de l’emploi, le
salaire minimum et la protection sociale, les alternatives au salaire
minimum, le contrat vs la loi, Economie de l’offre et déréglementation.
[1] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 10. [2] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 7. [3] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 13. [4] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 91. [5] G. J. STIGLER, ² The economics of minimum wage legislation
², American economic review, vol. 36,
pp. 358-365. [6]Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 89. [7] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 93. [8] Les effets négatifs du SMIC sur l’emploi empruntent également le mécanisme des anticipations inflationnistes. [9] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 89. [10] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 8. [11] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 8. [12] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 8. [13] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 102. [14] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 8 et 12. [15] Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts, ² Le SMIC – Salaire minimum de croissance ², CSERC, La documentation française, 1999, p. 91.
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