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| VOLATILITE ELECTORALE | |||||||||||||
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éditorialistes ont de quoi être troublés : au fil des sondages les chances
des divers candidats semblent varier à toute vitesse. « Sarkozy creuse l’écart » :
le Figaro titrait en début de semaine sur les dix points qui séparaient les deux
candidats majeurs. Puis le sondage CSA, publié dès mardi, après la prestation
de Ségolène sur TF1, l’a placée en tête avec 29 % des votes au premier tour contre
28 à Nicolas, tandis qu’au second tour elle perdrait d’une courte tête (49/51).
Sarkozy a perdu cinq points, Royal en a gagné deux. Le saut le plus spectaculaire,
avec cinq points, revient à François Bayrou, alors qu’il était ex aequo avec Jean
Marie Le Pen une semaine plus tôt dans le rôle du « troisième homme ».
Qui va monter ? Qui va descendre ? En Angleterre il est permis de parier
sur les candidats ; en France les bookmakers feraient fortune aujourd’hui.
Pourquoi cette volatilité électorale ? Faut-il s’en plaindre ou s’en réjouir ?
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Les
éditorialistes ont de quoi être troublés : au fil des sondages les chances
des divers candidats semblent varier à toute vitesse. « Sarkozy creuse l’écart » :
le Figaro titrait en début de semaine sur les dix points qui séparaient les deux
candidats majeurs. Puis le sondage CSA, publié dès mardi, après la prestation
de Ségolène sur TF1, l’a placée en tête avec 29 % des votes au premier tour contre
28 à Nicolas, tandis qu’au second tour elle perdrait d’une courte tête (49/51).
Sarkozy a perdu cinq points, Royal en a gagné deux. Le saut le plus spectaculaire,
avec cinq points, revient à François Bayrou, alors qu’il était ex aequo avec Jean
Marie Le Pen une semaine plus tôt dans le rôle du « troisième homme ».
Qui va monter ? Qui va descendre ? En Angleterre il est permis de parier
sur les candidats ; en France les bookmakers feraient fortune aujourd’hui.
Pourquoi cette
volatilité électorale ? Faut-il s’en plaindre ou s’en réjouir ? Voilà
bien longtemps que le procès des sondages a été instruit, et tranché : le
seul vrai sondage est celui du dimanche soir. Lionel Jospin et les socialistes
l’ont appris à leurs dépens en 2002, comme Valéry Giscard d’Estaing en 1981. Mais
il semble que la réversibilité des résultats se soit accélérée dans cette campagne-ci.
L’irruption des « directs télévisés » y est sans doute pour quelque
chose. Il faut aussi tenir compte du rajeunissement des candidats. Certes on ne
découvre ni Arlette Laguillier ni Marie Georges Buffet, mais peu de gens connaissaient
réellement Madame Royal ou même Monsieur Bayrou : tout beau tout nouveau.
Nicolas Sarkozy lui-même méritait sans doute mieux que l’image que les médias
avaient donnée du Ministre de l’Intérieur. L’émission en direct qui lui a permis
de se mieux faire connaître a été pour beaucoup dans son éphémère envolée, avec
la complicité de Ségolène qui avait accumulé quelques gaffes redoutables. J’en
viens maintenant à ce qui me semble essentiel : la personnalisation excessive
de la campagne d’une part, le désarroi des électeurs d’autre part. Ces constats
m’inspirent un jugement assez pessimiste sur le futur immédiat de notre démocratie
et sur les chances d’un changement salutaire. Personnalisation :
cette campagne est sous le signe du paraître, et l’allure des candidats semble
compter davantage que ce qu’ils nous disent. Le bond en avant de Madame Ségolène
est certainement dû à son charme personnel au cours de l’émission de TF1, mais
surtout à ce geste « spontané » qui l’a conduite à aller vers un intervenant
handicapé effondré en pleurs. Elle a magnifiquement joué dans le registre de la
compassion. Et nul n’a relevé les propos très approximatifs qu’elle venait de
tenir sur le fait « qu’il n’y avait pas assez de handicapés » dans les
réunions : souhaitait-elle davantage de handicapés ? Peut-on
faire de la discrimination positive pour les handicapés « comme pour les
femmes » ? Ce que l’on a retenu, c’est la bonne dame de Poitiers qui
se mettait du côté des faibles, de ceux que l’Etat va entourer de ses soins, de
ceux qui souffrent de leur détresse physique (du coup l’euthanasie vient naturellement
dans le paysage), ou de leur choix de vie personnelle (et l’homoparentalité coule
de source). Cette image sera bien plus durable que la réputation d’incompétence,
pourtant largement méritée, qui pousse la dame vers le Smic à 1.500 euros, créant
quelques centaines de milliers de chômeurs de plus, vers le relèvement des retraites,
pour mieux ruiner les retraités dans quelques mois, vers le maintien du secteur
public, producteur d’impôts, de gaspillages et d’inégalités. A travers l’exemple
de Madame Royal, on comprend que le choix des Français pourrait se faire davantage
sur un coup de cœur, ou sur un coup de tête, que sur un projet de société. Désarroi :
même chez Nicolas Sarkozy, le projet de société n’est pas très lisible. Sans doute
met-il l’accent sur le travail, préférable à l’assistanat – ce qui le prive du
vote des clients de l’Etat. Mais il a tellement promis de mesures d’opportunité,
depuis le cautionnement bancaire de l’Etat jusqu’au patriotisme économique qu’il
se prend souvent les pieds dans le tapis. De même Philippe de Villiers et Jean
Marie Le Pen fustigent-ils les interventions de l’Etat, les impôts, et vantent-ils
la libre entreprise, mais ils professent en même temps le protectionnisme national
ou communautaire et mettent l’Etat un peu partout. Il y a donc de quoi être désemparé
devant l’absence de projet cohérent, et pour tout dire devant une impression de
« déjà vu » qui explique la montée foudroyante de François Bayrou .
Car lui c’est bien le « jamais vu » : il se refuse à la démagogie,
il n’est ni de droite ni de gauche, et il est l’ami de tout le monde. Cependant,
à l’écouter plus attentivement, il est aussi l’ami des syndicats, des bureaucrates
de Bruxelles, des écologistes, des chasseurs. Comment s’y retrouver dans un tel
brouillard électoral ? Faute d’un programme complet et cohérent, inscrit
dans un projet de société original, les électeurs risquent d’émettre une fois
de plus un vote négatif, ou un vote passionnel, ou pas de vote du tout. C’est
ce qui explique aujourd’hui mon pessimisme. Je ne vois pas de grand élan dans
la démocratie française. Je vois des candidats qui ne se résolvent pas à rompre
avec l’Etat, qui ne veulent pas entrer dans le jeu de la concurrence mondiale,
qui flattent les minorités et les communautés. Je vois des électeurs peu conscients
de l’enjeu, sans doute faute d’une éducation et de connaissances qu’on ne leur
a jamais données, faute d’une information sincère et responsable. Beaucoup d’entre
eux désespèrent de la classe politique, ils la savent si lointaine de leur quotidien ! La
leçon de la volatilité, c’est qu’il faut d’urgence réconcilier les Français avec
la chose publique. Non pas en les enrôlant dans des partis et des corporations
qui verrouillent un système obsolète, mais en les informant sincèrement et en
les faisant participer au réveil de la société civile. Quelques frémissements
sont encourageants : prises de position claire et nette des entrepreneurs,
de certains groupes sociaux, d’associations et de clubs. Les libéraux ont accompagné
cet effort en publiant le Guide du candidat : contribuables, chefs d’entreprises,
parents d’élèves, assurés sociaux se retrouvent dans ce qui constitue un véritable
projet de société. Chez nous comme ailleurs le libéralisme ne naîtra pas d’un
coup d’Etat, d’un homme providentiel. Rien de profond ni de durable ne peut se
faire si les Français ne prennent pas conscience de la gravité de l’heure et si,
dûment informés, ils ne comprennent pas que la solution est dans une rupture avec
la tradition étatiste, jacobine et socialiste pour construire le futur de la liberté. Jacques
Garello
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