![]() |
|||||||||||||
|
|
|||||||||||||
![]() |
Le Président,
le gouvernement et l’UMP sont en sursis. Il y a urgence d’un sursaut. « Ce n’est pas une révolution, sire, c’est une émeute ». Je paraphrase la fameuse formule pour souligner qu’en dépit des commentaires extrêmes, ces élections locales n’ont pas apporté la révolution que certains attendaient. De grandes villes sont entre les mains de la gauche, mais le pire a été évité : Marseille, Aix, deux villes qui me sont chères, ont reconduit leur maire, ainsi que Le Havre, Avignon. Certes Toulouse, Saint Etienne, Périgueux, Amiens, Metz et Strasbourg représentent de lourdes pertes, et le nombre de départements passant à la gauche n’est pas négligeable, mais la déroute redoutée ne s’est pas produite. Il faut d’ailleurs souligner, comme cela a été dit à juste titre fort souvent, que le « jeu » du Modem a été à la fois ridicule et déterminant, et j’espère que les Français un moment tentés par François Bayrou et son parti vont maintenant les condamner à l’inexistence. Certains alliances avaient de quoi susciter l’étonnement et la réprobation, comme la coalition anti-Gaudin à Marseille unissant les communistes, les trotskistes, les verts, le Modem et les socialistes. |
||||||||||||
|
Ainsi un
sursis a-t-il été donné à ceux qui nous dirigent. De mon point
de vue trois facteurs ont pesé lourd dans le recul de l’UMP, en parallèle
avec la chute de popularité de Nicolas SARKOZY et sans doute pour les
mêmes raisons : - Le style présidentiel, qui a fini par fatiguer,
sinon irriter la population ; en particulier l’étalage de la vie
privée et l’hyper-activisme du Président. - Le débat autour du pouvoir d’achat. Autour des
tables rondes organisées dans les médias après chacun des deux tours,
on s’est battu sans cesse sur le bilan social du gouvernement. Cette querelle
est stupide, pour deux raisons. D’une part, comme je l’ai dit et répété,
si l’on veut accroître le pouvoir d’achat des Français, il y a une mesure
imparable : réduire les charges sociales en mettant fin au système
actuel de la Sécurité Sociale, qui nous fait surpayer notre assurance
maladie et nos retraites. D’autre part, en dehors de la réforme de la
Sécurité sociale, le gouvernement n’a pas vocation à augmenter ou diminuer
le pouvoir d’achat, c’est l’affaire des entreprises, des travailleurs
et des épargnants, et pas celle du gouvernement. Nicolas SARKOZY s’est
tendu un piège en déclarant qu’il serait « le Président du pouvoir
d’achat », précisément en une période où les prix augmentent, pour
des raisons que le gouvernement peut difficilement contrôler. - L’ambiguïté de la ligne politique et l’échec des
réformes, par omission ou par malfaçon. C’est ce
denier point qui exige de la majorité actuelle un sursaut immédiat. Le sursaut
consiste à s’engager tout de suite dans une double rupture : d’une
part avec les manœuvres politiques ambiguës et les communications hasardeuses,
d’autre part, avec l’étatisme et la démagogie d’avant 2007 – cette fameuse
rupture qu’annonçait Nicolas SARKOZY à ses électeurs. Y viendra-t-on enfin ? Pour être
récentes, les erreurs commises depuis 2007 ne sont pas mineures. Je relève
pour ma part le Grenelle de l’environnement, la politique de la ville,
le copinage avec Chavez, Bouteflika et Poutine, les milliards promis pour
les pêcheurs, les sidérurgistes, les paysans, les chercheurs, et tous
ceux qui ont su toucher le grand cœur de Nicolas, le lyrisme du patriotisme
économique, le contrôle de la grande distribution, le show de Jacques
Attali. C’est beaucoup en si peu de temps. Assez de brillantes improvisations,
mais une ligne d’action ! Où est passée
la ligne pendant ces dix derniers mois ? La loi sur le service
minimum est une mascarade, la loi sur les universités n’a rien changé
et a même aggravé les conditions de fonctionnement, les régimes spéciaux
de retraites ont été apparemment mis en cause, mais en réalité sur-compensés,
la loi sur les 35 heures n’a pas été abolie, mais bricolée, l’ISF n’a
pas été supprimé, ni les droits de succession. En réduisant les réformes
à quelques annonces fracassantes, les gouvernants et le parlement fournissent
des arguments à l’opposition qui fait croire aux Français qu’ils vivent
un bouleversement « ultra-libéral » alors que rien n’a changé,
et ils découragent leurs électeurs qui s’aperçoivent bien que le pouvoir
ne cesse de reculer devant les syndicats, les corporations, les technocrates
et les sondages… Dans son
discours à l’issue du deuxième tour, François FILLON a rappelé les engagements
majeurs pris en 2007. Il a été clair et convaincant, mais peut-on lui
faire crédit quand on voit en 2008 qu’aucun de ces engagements majeurs
n’a été tenu ? François FILLON dit que les Français sont impatients.
Non : ils sont lucides et voient les égarements. La ligne directrice
du sursaut est pourtant simple : c’est réduire les dépenses et
les déficits publics et pour cela diminuer les missions et le personnel
de l’Etat, c’est en finir avec les services publics « à la française »,
et privatiser tout ce qui peut l’être, c’est diminuer les impôts qui
taxent la réussite, comme les impôts progressifs, les impôts sur le
patrimoine, c’est expliquer et amorcer la totale réforme de l’assurance
maladie et des retraites. Si le sursaut
n’intervient pas, le sursis se transformera en peine ferme. Pour organiser
le sursaut et le présenter à l’opinion publique, le gouvernement doit
s’inspirer des principes libéraux et des succès qu’ils ont remportés
partout où on les a appliqués. François FILLON a évoqué les prochaines
responsabilités européennes de la France. Mais la France ne peut être
écoutée en Europe si elle continue à tourner le dos aux réformes libérales
introduites dans la plupart des 27 pays de l’Union. Il ne saurait y
avoir de sursaut autre que libéral. Jacques
Garello
|
|||||||||||||