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| BESOIN D'AIR | |||||||||||||
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Quels que soient l’issue de cette campagne et le résultat de ces élections, quelque chose de neuf est apparu dans le paysage politique français : c’est l’irruption de la société civile, et notamment l’engagement patronal illustré par la présence médiatique de Laurence PARISOT, mais aussi par des prises de position nombreuses de chefs d’entreprises alertant les Français sur la situation exacte de notre économie et sur son « besoin d’air ». Cette Lettre
reprend en particulier les propos récents de Bertrand COLLOMB, Président
de Lafarge. « Besoin d’air » : le titre de l’ouvrage du MEDEF exprime d’abord ce qu’il faut changer dans notre pays. Une « nouvelle politique économique », c’est plus de politique économique du tout. Les entreprises sont étouffées par l’Etat. Et les candidats, pour l’instant (on peut toujours rêver !), sont incapables de proposer autre chose qu’une accumulation de mesures ponctuelles, sans aucune vision d’ensemble. Toutes leurs mesures passent par l’Etat. | ||||||||||||
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Pourtant, après un demi-siècle de dirigisme, personne aujourd’hui ne
peut raisonnablement attendre des gouvernants et des administrations
une impulsion économique qui créerait des emplois et du pouvoir d’achat.
Les hommes politiques, de droite comme de gauche, sont devenus les « enrayeurs »
dénoncés par Bastiat en 1848 : ceux qui s’emploient à enrayer le
travail des autres, ceux qui empêchent d’entreprendre, de travailler,
d’épargner, de réussir. « Besoin d’air » c’est le cri des
Français qui sont en train de succomber à l’étreinte mortelle de l’Etat.
Le besoin d’air c’est aussi l’espoir que font naître
une libération des initiatives privées et une renaissance de la société civile.
Les dirigeants français restent accrochés depuis des décennies aux hérésies keynésiennes,
et croient aider le pays en faisant une politique systématique et démagogique
de « pouvoir d’achat » : dépenser davantage, n’est-ce pas la recette
du dynamisme global ? On va donc augmenter les salaires (surtout ceux qui
rémunèrent les moins qualifiés, on va donc fragiliser les travailleurs les plus
mal placés dans la concurrence), on va multiplier les avantages sociaux sans considération
de leur financement, puisqu’il n’y a qu’à traire la vache fiscale, on attendra
des administrations centrales et locales qu’elles embauchent et distribuent des
revenus contre la prestation de services publics de plus en plus nombreux et illusoires,
impossibles à exporter bien sûr. Le résultat, rappelé récemment par Laurence PARISOT,
c’est en effet une augmentation de 20% de la consommation des Français, mais de
45% des importations, contre seulement 10% de la production nationale. Ce qui
signifie simplement qu’une relance de la dépense stimule l’activité des concurrents
étrangers, mais n’a aucun effet sur l’emploi national quand nos entreprises ne
peuvent s’adapter. Pourquoi
cette inadaptation ? Etouffement par les charges, étouffement par la réglementation
du marché du travail. C’est donc bien de ce côté-là qu’il faut chercher la solution
française : alléger les charges en diminuant les impôts mais aussi les cotisations
sociales, accepter la flexibilité du marché du travail. Mais à leur tour ces réformes
impliquent une révision totale non pas seulement du train de vie de l’Etat,
mais de ses frontières, une rupture avec un système de protection sociale en pleine
explosion, et une refonte du code du travail pour substituer le contrat personnalisé
et modulable à une législation universelle et rigide. Pour le reste,
une fois la libération réalisée, on verra comme par hasard les Français exprimer
à nouveau leurs talents, leur désir de promotion personnelle. Le pouvoir d’achat
réapparaîtra, non pas comme un préalable, mais comme une conséquence de la nouvelle
donne. Les nouvelles pauvretés et l’exclusion se dilueront dans un pays où la
promotion sociale sera redevenue possible par le travail et le mérite et où les
privilèges scandaleux auront disparu. L’épargne
sera reconstituée et se mettra au service de la croissance des entreprises, et
notamment de ces PME sources d’innovation et d’embauche. La logique
pour en finir avec le mal français est donc imparable : 1° Pour dépenser,
il faut commencer par produire, par rendre des services marchands à la communauté
des consommateurs. 2° La libération
des entreprises et, de façon plus générale, de l’initiative privée, est indispensable
pour produire de façon compétitive, et par conséquent créer des emplois et du
pouvoir d’achat. 3° La libération
implique une baisse des impôts et des cotisations, qui ne peut se réaliser qu’à
travers un désengagement de l’Etat et de la Sécurité
Sociale. 4° Le désengagement
de l’Etat doit se faire aussi dans le domaine réglementaire,
et le contrat doit se substituer à la législation, notamment pour instaurer la
liberté du travail. 5° Ce qui
est aujourd’hui géré de façon incohérente et injuste par la société politique
le sera désormais par la société civile, c'est-à-dire par le réseau des entreprises,
des familles, des associations, voire même de syndicats enfin dépolitisés. J’ajoute
que cette désétatisation indispensable pour l’économie l’est aussi pour tous les
aspects de la vie des Français : pour l’éducation, pour le logement, pour
l’environnement. C’est donc
un véritable choix de société qui s’impose. Mais puisque d’autres ont su le faire,
pourquoi pas les Français ? Auraient-ils un goût morbide pour la monarchie
et l’absolutisme ? Préfèreraient-ils rester les esclaves de l’Etat, en qui ils voient leur sauveur alors qu’ils en meurent ?
Encore faut-il
que ce choix de société soit offert aux électeurs. Ce n’est toujours pas le cas.
Et pour l’instant ils continuent à nous pomper l’air. Jacques
Garello
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