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UN VOTE LIBERAL ? | |||||||||||||
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Je posais
récemment la question dans un article destiné au Figaro. Ma réponse pourrait
sembler ambiguë : il n’y a pas de vote libéral, mais il y a des libéraux
qui se préparent à voter. Il n’y a
pas de vote libéral, faute d’offre sur le marché politique. Pas de candidat,
pas de parti, pas de programme. Aucun candidat ne se bat sous la bannière
libérale, car le libéralisme ne paraît pas faire recette électorale. Les
malheurs qui s’abattent sur la société française n’ont-ils pas pour origines
la mondialisation, le marché, la concurrence, le profit, les Américains
et autres fléaux internationaux ? De même, il n’y a aucun parti susceptible
de donner des consignes de vote à des militants disciplinés. Démocratie
Libérale a sombré après l’échec de Madelin en 2002. Enfin, les réformes
libérales n’apparaissent pas dans les programmes, ou y figurent à doses
homéopathiques et comme par pur hasard. Privés de
candidats, de partis et de programmes, les libéraux n’ont pas pour autant
été privés de leurs cartes d’électeurs. Peuvent-ils vraiment s’en servir ?
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Il y a quinze
jours, la Nouvelle Lettre vous donnait une liste des 36 réformes libérales sur
lesquelles débouchent les analyses et les principes du « Guide du candidat ».
Nous avons adressé cette liste aux douze candidats, sans aucune exception. Pour
l’instant, nous n’avons reçu aucune réponse. Sans doute notre confrérie est-elle
moins importante qu’un club de boulistes, ou une revue de mode ayant deux mille
abonnées. Aujourd’hui les candidats se déplacent pour moins que rien. Mais nous
sommes peut-être encore moins que moins que rien à leurs yeux. Ils n’ont
pas souvenir qu’Alain Madelin avait recueilli sur son nom plus d’un million cent
mille suffrages, et qu’il y a eu un « non » libéral au referendum sur
l’Europe : plusieurs d’entre nous ont publiquement affirmé leur hostilité
à la constitution Giscard, et nous avons été suivis sans doute par quelques milliers
de citoyens – assez pour faire pencher la balance. Les quinze associations qui
se sont engagées à l’occasion du Guide du Candidat ont ensemble plus de trois
cent mille adhérents, des sites visités par plus de 10.000 personnes par jour,
et des hebdomadaires et mensuels tirant à plus de 50.000 exemplaires. En dehors
de ces éléments chiffrés, les libéraux français font preuve d’une présence intellectuelle
dont ils peuvent être fiers. En témoignent les œuvres présentées mardi dernier
au cours de l’Assemblée Générale de l’ALEPS à l’occasion de l’attribution du Prix du Livre Libéral
2006, qui a couronné Alain LAURENT pour son dernier ouvrage intitulé « Le
Libéralisme : histoire d’un détournement ». Comme chaque année,
on a constaté que le talent était au rendez-vous, que notre production intellectuelle est abondante et de qualité,
alors que la gauche est en panne d’idées depuis trente ans, et qu’elle se régale
encore des débris du marxisme rassemblés par des trotskystes et des staliniens.
Il est vrai que les rouges se sont peints en vert, et que la littérature de bas
étage ne manque pas sur les thèmes du réchauffement de la planète et du développement
durable, exploitant les peurs d’enfants attardés et de séniles précoces. Une autre
preuve de la solidité de la pensée libérale en France est la convergence des efforts
de toutes ces associations et instituts aux vocations et sensibilités diverses,
mais qui ont en commun leur désir de libérer les Français de la « douce servitude »
dans laquelle ils sont tenus. Leurs présidents et animateurs étaient présents
à cette Assemblée Générale très œcuménique. Voilà donc,
incontestablement, des électeurs libéraux qui se préparent à voter. Que peuvent-ils
faire d’utile avec leurs bulletins de vote ? A l’ALEPS
nous nous sommes permis, faute de réponse, de passer les programmes écrits par
les candidats au crible des réformes libérales. Les résultats sont ceux que l’on
pouvait attendre : le libéralisme est exclu de la campagne, avant d’être
exclu sans doute d’un futur gouvernement. La preuve en est que le candidat dont
les mesures sont globalement les moins éloignées de celles que nous préconisons,
mais qui en sont cependant très éloignées, totalise un score de 58 points, alors
qu’il lui en faudrait 180 pour se prétendre libéral (si cela l’intéressait). Il
s’agit de Nicolas SARKOZY. Il est vrai qu’à l’autre extrême Madame ROYAL capitalise
sur son programme 4 points sur 180. Plus à gauche, on est hors concours. En dehors
de ces résultats globaux, cette Nouvelle Lettre vous présentera quelques éléments
d’information sur le libéralisme des candidats. Libre à vous d’en tirer les conclusions.
Les plus exigeants n’accepteront pas de donner leurs suffrages à quelqu’un dont
le programme est pour un tiers libéral, et pour deux tiers étatiste
voire collectiviste. D’autres s’en accommoderont. D’autres encore jugeront
suivant d’autres critères que le degré de libéralisme. D’autres enfin réserveront
leurs votes pour le deuxième tour : faute de choisir, ils pourront alors
éliminer. Soyez cependant
sûrs d’une chose : ce n’est pas principalement dans les urnes que se jouera
le sort de la société française. Ce sort est lié au passage au libéralisme, et
de ce point de vue vous ne pouvez rien attendre de cette consultation. Après le
6 mai il y aura des législatives qui préciseront le nouveau paysage politique,
avec soit la naissance d’un nouvelle majorité présidentielle et inconditionnelle
(comme à l’habitude) soit le scellement de nouvelles alliances. Ensuite, une fois
le décor planté, il appartiendra aux libéraux d’entrer en scène, de reprendre
leur croisade, de repartir à la conquête des esprits et des cœurs pour mettre
un peu de liberté dans ce pays dont elle a été chassée. A nos futurs
dirigeants de choisir s’ils veulent continuer à ignorer le besoin d’une vraie
rupture et à ruiner la nation, ou s’ils veulent enfin prendre
en compte les propositions des libéraux.
Jacques
Garello
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