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RENDEZ-VOUS DE |
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Je vous parle cette semaine encore de réformes,
mais l'actualité m'y oblige. Je voudrais commenter d'une part le rendez-vous
que Nicolas SARKOZY a donné jeudi dernier aux Français, d'autre part le
contexte politique qui entoure cette intervention, enfin et surtout ce
que les libéraux réunis en Assemblée Générale de l'ALEPS pensent de la
réforme. En quête de popularité, de lisibilité et de crédibilité, le Président s'est présenté aux Français dans un style qui se voulait plus conventionnel, plus maîtrisé. Il a joué sur la corde de l'humilité, reconnaissant les erreurs commises ; il en a confessées beaucoup. Bien évidemment ces erreurs sont portées au
débit de la communication, ce qui n'est pas tout à fait faux puisqu'on
a assisté ces derniers mois à une belle cacophonie ministérielle, mais
ce qui n'est pas tout à fait vrai puisqu'il s'agit d'erreurs de fond,
comme l'obstination à considérer le Grenelle de l'environnement comme
une grande chose alors que c'est une stupidité coûteuse et vraisemblablement
sans lendemain (heureusement). |
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A mes yeux (atteints sans doute de myopie libérale),
les erreurs d'orientation sont toujours lourdes et nombreuses, soit que
les vraies réformes ne figurent pas dans les 55 évoquées par le Président,
soit que les positions présidentielles soient à contre sens de ce qu'il
faudrait dire et de ce qu'il faudrait faire. Pour la réforme de Pour le reste, le Président est toujours décalé
par rapport aux réalités de l'entreprise et de la mondialisation. Il persiste
à opposer entrepreneurs et spéculateurs, à vouloir "moraliser"
le capitalisme alors que c'est l'étatisme qu'il faut moraliser, et à inventer
un "modèle social européen" dont aucun de nos partenaires ne
veut, et pour cause : les peuples ont besoin de liberté, pas de modèle. Dans tout cela, je ne vois pas les instruments
d' une thérapie de choc, et la tortue des réformes risque de se hâter
lentement, comme depuis un an. Faut-il s'en étonner ? Il n'y a pas de
souffle ni d'expression libérale dans la classe dirigeante actuelle. Il
y a sans doute quelques parlementaires libéraux, je
m'en réjouis et je les rencontre avec plaisir – eux aussi ne croient guère
au lièvre des réformes. Mais un seul ministre, Hervé NOVELLI, se réclame
ouvertement du libéralisme. Avec le groupe des réformateurs, en quête
de reconnaissance au sein de l'UMP, il avait organisé pour le 6 mai prochain
un "rendez-vous de la réforme", mais on lui a demandé de mettre
fin à cette velléité d'autonomie – qui aurait pu passer pour une sécession
– et la manifestation prévue se fera sous un chapeau différent : celui
de l'UMP. Les libéraux ont donc juste le droit de se taire. Cette absence
totale d'un courant libéral dans la vie politique française est dramatique,
elle constitue une exception française et laisse la voie libre aux aventures
étatistes et socialistes. Les peuples ont besoin de réformes libérales,
pas de mesures étatistes. Il existe fort heureusement des libéraux qui
ne sont pas condamnés à se taire ou à se cacher : ce sont ceux qui se
retrouvaient à l'occasion de l'Assemblée Générale de l'ALEPS, jeudi
soir dernier également. En dépit des vacances parisiennes, et de la
rude concurrence de l'émission de TF1, nous nous sommes trouvés quatre
vingt. En tenant compte de la qualité, voilà une force de frappe intellectuelle
remarquable, que pourrait nous envier n'importe quelle formation politique
si d'aventure elle avait besoin d'intellectuels, et se mettait enfin
à penser. Autour de Pascal SALIN, Président du jury du Prix du Livre
Libéral, une dizaine d'auteurs ont pris la parole pour résumer le contenu
et le message de leurs œuvres respectives et toute la palette de la
réflexion libérale a été couverte, depuis la philosophie (Yvan Blot,
lauréat, Jean Philippe Delsol), jusqu'à l'analyse politique (Victoria
Curzon-Price, Jean Michel Fourgous, Mathieu Laine), en passant par l'histoire
économique (Gérard Minard, Fred Aftalion), Nous le savons : il n'y aura pas de réforme
vraie et durable autre que libérale. "Faisons la liberté, la liberté
fera le reste", disait l'ami Jean Marc Varaut. Rendez-vous avec
la liberté.
Jacques
Garello
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