![]() | |||||||||||||
| SARKOZY EN LIBERTE SURVEILLEE | |||||||||||||
|
Je ne veux
pas évoquer le scandaleux tintamarre autour du « yacht », qui
a pourtant montré à quel point notre nouveau Président était surveillé
par les médias et les braves gens de gauche, et n’avait aucun droit à
une vie privée. Dans cette affaire on a vu se déchaîner l’envie, la haine
des patrons, le mépris de la richesse. Les plus
acharnés ont été ceux qui n’ont rien à envier à quiconque puisqu’ils ont
fait le plein de prébendes, à cela près que l’argent était celui de la
République et non des patrons, et que leur richesse a toujours été celle
de la corruption. Ironie du sort : l’ancien président du Conseil
Constitutionnel, ami et ministre de François MITTERRAND, vient de voir
sa condamnation à une peine de prison, ainsi qu’une amende de 150.000
euros, confirmée par la justice. | ||||||||||||
|
Quand je
dis que notre nouveau Président est en liberté surveillée, je veux suggérer que
sa liberté de manœuvre n’est pas aussi grande qu’il le voudrait ou qu’il n’y paraît. C’est un dommage, dans la mesure où il se propose de
réformer profondément et rapidement quelques aspects de la société française.
C’est aussi un garde-fou dans la mesure où certaines des mesures qu’il envisage
ne me semblent ni souhaitables ni réalistes. Commençons
par regarder du côté des « enrayeurs », comme
disait BASTIAT. Ils sont nombreux à infliger au pays depuis des années la « tyrannie
du statu quo », et à rendre impossible toute évolution, même légère, de notre
pays. Au premier rang des enrayeurs viennent les syndicats,
et parmi eux en priorité la CGT, FO, Sud, la FSU, etc. La gauche a promis comme à son habitude un « troisième
tour social », voire un quatrième après les élections législatives. SARKOZY
aura-t-il le même courage que Silvio BERLUSCONI face à la manifestation d’un million
de syndiqués après son élection ? « Vous êtes un million, j’ai été élu
par 20 millions de citoyens ». L’affaire du CPE est un précédent fâcheux :
la loi est-elle celle de la rue ou celle des élus du peuple ? Il faut donc
aller à la racine du mal et mettre fin à la puissance syndicale factice, qui n’existe
que par les textes qui confient à une infime minorité le droit de parler au nom
de tous les salariés, et qui ont laissé la grève sans aucun encadrement juridique.
Supprimer l’oligopole syndical, le monopole de représentation, les accords de
branche, encadrer la grève, l’interdire dans les services publics : voilà
autant de préalables à toute réforme sérieuse. On va mesurer très vite la détermination
et l’efficacité du Président, de son gouvernement et de sa majorité à l’occasion
du « service minimum ». En bonne
place parmi les enrayeurs figurent les médias, et notamment
la télévision et la radio « officielles ». L’orientation politique de
ces messieurs a récemment été testée, leur sympathie ne va pas au Président. C’est
leur liberté, et je la respecte. Mais pour autant ils ont un devoir d’information
sincère qu’ils n’assument pas. Ils montent en épingle les moindres incidents de
la vie publique : 80 étudiants de Tolbiac (venus d’ailleurs pour certains)
décident une grève pour protester contre une réforme dont on ne connaît aucun
détail, et voilà qu’on se demande si ce n’est pas mai 68 qui se répète. Quelques
casseurs sont condamnés à de la prison ferme, et on crie à la dictature et à la
brutalité du pouvoir. On se rappelle que dans l’affaire du CPE la médiatisation
a compté pour beaucoup, et il est certain que la classe politique d’alors était
tétanisée par les journalistes et obsédée par ses conseillers en communication :
les choses vont changer avec la nouvelle vague, n’est-ce pas ? Je me tourne
maintenant vers ces garde-fous, qui devraient dissuader Nicolas SARKOZY d’aller
plus loin dans certains de ses projets. Il y a d’abord le garde-fou de l’Europe.
Il est vrai que la France ne peut plus être totalement maîtresse de sa politique,
surtout quand elle concerne nos relations avec les autres pays de l’Union.
Nicolas SARKOZY a donné des gages aux souverainistes, mais il ne peut négliger
les 26 partenaires européens, et même pas le cercle restreint des douze, surtout
avec un Gordon BROWN en Angleterre et un José Manuel BARROSO à la tête de la commission,
deux « ultra-libéraux impénitents » qui veulent instaurer la libre concurrence
et la libre circulation : sur les services, sur les livrets d’épargne, mais
aussi sur l’attitude face à la Turquie, la France ne peut pas se croire autorisée
à faire n’importe quoi, et surtout à « protéger » ses paysans, ses corporations,
voire ses grands groupes industriels ou financiers contre les lois du commerce. De façon
plus générale, le plus important des garde-fous est la réalité économique, et
le nécessaire respect des droits individuels. A l’époque de l’espace mondialement
ouvert, les gouvernements, et même celui de la France, ne peuvent se permettre
d’ignorer les défis de la compétitivité, la nécessité de la capitalisation, l’impératif
de la formation des hommes, de leur bonne éducation. Si SARKOZY prêche pour le
travail, il doit admettre aussi l’exigence de qualité dans le travail, et l’honnête
complémentarité entre travailleurs du monde entier. Il est inutile de brandir
le spectre du « dumping », social ou fiscal : chacun doit faire
de son mieux et s’aligner sur ce que les autres font de mieux. Et il est néfaste
de porter atteinte à ce qui fait le dynamisme d’une nation : le respect des
droits individuels, et notamment du droit de propriété, bien mis à mal par les
« droits opposables » qu’on nous invente. Ainsi Nicolas
SARKOZY sera-t-il bien vite soumis à une double contrainte : la contrainte
interne de ceux qui s’opposent à tout changement, la contrainte externe qui dicte
le sens du changement à réaliser. Il devra s’efforcer de se libérer de celle-là,
et de s’accommoder de celle-ci. Sans cela il se condamne à l’immobilisme, mais
il nous condamne aussi à un nouveau déclin. Jacques Garello Le 14 mai 2007
| |||||||||||||