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« Je suis libéral…Les socialistes doivent
accepter pleinement le libéralisme ». La profession de foi libérale
de Monsieur DELANOE, dans des propos repris par Le Figaro du mercredi
21 dernier, a de quoi surprendre. Je m’en suis entretenu avec de nombreux
libéraux qui entouraient Benoîte TAFFIN, porte parole de Contribuables
Associés, administrateur de l’ALEPS, récipiendaire le même soir du Prix
Renaissance de l’Economie. Certains considéraient le discours du maire
de Paris comme une mascarade et une ineptie : comment peut-on adhérer
au libéralisme quand on se dit socialiste ? Je suis de ceux qui, tout au contraire, considèrent
cette déclaration comme un évènement politique majeur, peut-être un
tournant décisif dans la vie politique française. |
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Car Bertrand DELANOE est parti d’un constat
sévère mais réaliste – on ne peut compter sur la droite pour implanter
le libéralisme en France – pour arriver à une conclusion logique :
si la droite ne peut être libérale, il reste à la gauche de l’être à sa
place. Mais, par-dessus tout, ce qui constitue pour moi une divine surprise,
c’est que l’on puisse se prévaloir du libéralisme pour lancer une campagne
électorale, je pensais le libéralisme mort et enterré, au moins pour un
temps – c’est ce que j’avais dit au cours de notre Assemblée Générale
de l’ALEPS, il y a un mois. Mais je reviens aux propos de Bertrand DELANOE :
« Le sarkozisme, ce bonapartisme modéré par la désinvolture, est
profondément antilibéral…Monsieur Sarkozy se veut souverain omnipotent ;
le libéralisme, c’est le contraire, c’est la tolérance devant les démarches
individuelles. Je suis libéral, la droite ne l’est pas ». Voilà qui
nous change des discours habituels de la gauche plurielle pour qui les
maux de Tout cela est hélas trop connu de mes lecteurs
libéraux. L’originalité du discours de DELANOE est plutôt d’inviter ses
amis socialistes à ouvrir les yeux sur le monde contemporain, sur le nouveau
visage de l’économie. « Si les socialistes du XXIème siècle acceptent
enfin pleinement le libéralisme, s’ils ne tiennent plus les termes de
« concurrence » ou de « compétition » pour des gros
mots, c’est tout l’humanisme libéral qui entrera de plein droit dans leur
corpus idéologique »…La gauche doit adopter « une doctrine de
la liberté et de la justice dans une société imparfaite, et non une doctrine
de la lutte des classes qui nous promet une société égalitaire et parfaite ».
Certes, le
libéralisme vu par Monsieur DELANOE n’est pas exactement le nôtre. D’une
part il a tendance à confondre libéral et libertaire, et à passer sous
silence les exigences morales de la liberté. Nous ne cessons de le répéter
ici : pour nous la liberté n’est pas une fin en soi, elle est un
chemin vers la dignité de la personne humaine. D’autre part, il pense
que le libéralisme est avant tout « managerial », et consiste
à mieux gérer l’Etat et les services publics : c’est nettement insuffisant,
même si c’est nécessaire, puisque l’essentiel n’est pas de rendre au public
sa pleine efficacité, mais de diminuer son rôle jusqu’à le ramener à un
simple recours subsidiaire. Enfin, il prend soin de mettre un bémol au
libéralisme qu’il prône, et à ses yeux le libéralisme ne saurait consister
en « un désengagement de l’Etat et au laisser-faire économique ».
On voit donc les limites du libéralisme « progressiste », tellement
délavé qu’il n’a plus aucun sens. Il est admirable que Monsieur DELANOE
adhère au libéralisme, mais il a certainement besoin de travailler ses
gammes. Le catéchumène n’est pas prêt pour le baptême. Comme le faisaient remarquer certains de mes
amis, ce discours nouveau n’est peut-être qu’un attrape-mouche, fait pour
séduire ceux qui ne sont plus à l’aise dans le corset étroit du paléo-socialisme
marxiste. « Je n’ai jamais été marxiste » précise d’ailleurs
Bertrand DELANOE. C’est précisément cette référence au « libéralisme »
comme source de crédibilité politique qui est la plus intéressante. Y
aurait-il en France assez d’électeurs attirés par le libéralisme pour
chercher à les séduire ? Certes, Bertrand DELANOE s’est exprimé dans
un ouvrage repris dans les colonnes du Figaro, dont les lecteurs ne sont
pas de gauche, mais pas nécessairement libéraux. Mais il est révélateur
qu’une personnalité comme le maire de Paris ose utiliser des « gros
mots ». En conclusion, et sans que je veuille vous
imposer mon interprétation des propos du maire de Paris, je vous invite
à reprendre espoir : le libéralisme peut être de retour, au moins
dans les discours, et ce n’est sûrement pas le moment de mettre notre
drapeau dans la poche. Trop nombreux sont ceux qui ont renoncé, après
les déceptions et les échecs accumulés depuis dix ans. Il leur faut maintenant
reprendre confiance dans le futur du libéralisme, et faire en sorte qu’il
ne soit pas un simple mot, mais bien un projet de société, celui des peuples
libres, prospères et harmonieux. Jacques
Garello
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