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Je ne sais ce que le Président et le Gouvernement,
en charge de l’exécutif, ont l’intention de faire au cours de ces cent prochains
jours. J’espère qu’ils feront vite et bien, appliquant au pays la thérapie de
choc dont il a besoin pour guérir de l’étatisme, du dirigisme, de la syndicratie. Pour l’instant, les orientations ne sont pas très
lisibles, comme le prouve le lancement du projet de TVA sociale entre les deux
tours, alors même qu’on en prévoit la réalisation en 2009. En revanche, je sais ce que les députés élus à l’instant
devraient faire, s’ils voulaient jouer quelque rôle à la hauteur de leur mission
de législateurs et de la confiance que leur ont témoignée les électeurs. Elus
pour rendre plus facile le changement, ils se feront un devoir d’en être les artisans,
et non les simples spectateurs. La « feuille de route » est une expression
à la mode. Elle implique que l’on sait où l’on va, et par quel chemin et par quelles
étapes on atteint le but recherché. Je me fais un plaisir d’offrir à Messieurs les députés
une feuille de route libérale. Le but recherché : la libération des Français.
Le chemin : le travail, la responsabilité, la vraie solidarité, le libre
échange. Les étapes : les réformes de la Sécurité Sociale, de l’Education
Nationale, et de l’Etat lui-même. La libération : les Français ont un « besoin
d’air », par conséquent la réduction du rôle, du budget et de la réglementation
des administrations publiques s’impose. Cette libération est source de renaissance
économique et de cohésion sociale, alors qu’aujourd’hui le déclin est source de
chômage, de pauvreté et de violence. Chemin : remettre la France au travail est une
formule qui a valu à Nicolas SARKOZY la sympathie d’une grande partie des libéraux.
Son éloge du mérite, de la compétition, du succès et de sa rémunération est en
effet bienvenu dans un pays où règnent (depuis fort longtemps) l’égalitarisme,
l’envie et l’irresponsabilité. Rendre aux Français leur dignité d’hommes et de
femmes responsables est la vraie rupture que nous attendons. Le succès des uns ne signifie pas la misère pour
les autres. Moins d’Etat ne signifie pas plus de misère. D’abord parce que les pauvres
et les faibles ont plus de chance de monter dans l’ascenseur social quand
l’ascenseur fonctionne – et il est en panne depuis des décennies. En ruinant l’économie,
les politiques dirigistes ont ruiné le pouvoir d’achat des plus démunis. Ensuite
parce que la société civile est capable de prendre des initiatives en matière
de solidarité, et de prendre un relais bienvenu de la solidarité publique, forcée
et coûteuse pour lui substituer l’entraide personnelle, volontaire, et généreuse.
L’Etat Providence n’a pas évité l’exclusion, il a créé les nouveaux pauvres, les
ghettos et les discriminations arbitraires.
Le chemin de la libération passe aussi par le libre
échange, par une large ouverture de la France sur l’Europe et le reste du monde,
car c’est dans l’esprit de concurrence et de compétition que l’on découvre les
recettes du progrès et les exigences du changement, alors que le protectionnisme
est un bouillon de culture pour les microbes corporatistes. L’illusion de l’exception
française doit cesser. Le chemin n’est pas facile, car il y aura des étapes de haute montagne. Comme le
suggère le « guide du candidat », devenu maintenant « Guide du
député », les étapes décisives se situent là où résident les foyers de l’irresponsabilité,
des privilèges et de l’ignorance. Etape 1 : La France est d’abord malade de sa
Sécu. Il y a enfin une prise de conscience de l’accumulation des déficits et de
la dette sociale ; faute d’actifs suffisamment nombreux, faute de concurrence,
les assurances maladie et les retraites ne sont plus couvertes par les cotisations. Malheureusement cette prise de conscience n’a
pas conduit nos dirigeants à aller au fond du problème, et rien ne sert d’augmenter
les cotisations, ou de les fiscaliser à travers la TVA sociale, puisque les dépenses
de santé et les pensions ne cesseront de croître. Il faut chercher ailleurs, admettre
privatisation et concurrence de la protection sociale, amorcer immédiatement la
transition de la répartition à la capitalisation – qui sera d’autant plus difficile
qu’elle sera tardive. Etape 2 : L’autre foyer d’irresponsabilité et
d’ignorance est l’Education Nationale. La jeunesse est gaspillée, elle aborde
la vie active avec un déficit en connaissances techniques certes, mais surtout
en culture, et en éducation : éducation au travail, à l’effort, esprit d’équipe,
compréhension, entraide et service de la communauté. Là encore la recette est
simple : mise en concurrence véritable du public et du privé, libre gestion
des établissements, libre choix des parents (avec des systèmes de chèques sociaux
qui permettent de n’exclure aucun enfant ou aucun étudiant pour cause d’impécuniosité).
Etape 3 : Il faut donc remettre en cause l’Etat:
moins lourd, mieux contrôlé. Le mammouth doit être dégraissé, et les libertés
locales doivent être restaurées au détriment des administrations centrales. Le
Parlement doit retrouver sa raison d’être et ne plus enregistrer servilement des
textes pléthoriques émis par l’exécutif et son administration. L’état de droit
doit mettre tous les titulaires du pouvoir en égalité de traitement avec les citoyens,
et les privilèges accordés aux corporations doivent disparaître. Etapes difficiles, chemin escarpé, mais c’est à ce
prix que l’objectif sera atteint. Messieurs les députés, dites-vous que vous allez
pouvoir tester votre courage, votre lucidité et votre honnêteté vis-à-vis des
Français : si vous ne parvenez pas à orienter la loi et le gouvernement dans
le sens de la libération, c’est que vous aurez failli à votre vocation. Mais je
suis sûr que vous serez assez nombreux dans cette Assemblée à vous persuader de
la grandeur et de la servitude de la mission qui vous échoit : rendre la
liberté aux Français. Nous, de la société civile, nous vous aiderons et vous stimulerons.
Jacques
Garello Le 18 juin 2007
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