|
Je dis bien
« l’annonce », puisqu’au dernier moment Michel ROCARD a adressé une
lettre de désistement à Pascal SALIN : il ne sera pas présent. Il n’en demeure
pas moins que la démarche d’un socialiste naguère planificateur et jadis auto-gestionnaire,
était révélatrice. Il s’interrogeait sur ce que les libéraux peuvent bien dire
et proposer aujourd’hui pour en finir avec le déclin français. Faut-il y voir
l’amorce d’une conversion à la sociale-démocratie, voire à un libéralisme tempéré
(et « régulé » bien entendu) ? En tout cas, Michel ROCARD avait
le mérite d’aller puiser le libéralisme à la source, au lieu de goûter – comme
certains DSK ou ATTALI – aux eaux polluées d’un libéralisme frelaté par une droite
« ouverte » sur le néant de la pensée unique. Il serait bon que certains
dirigeants et élus de cette droite aillent, eux aussi, se ressourcer ! Je rappelle
au passage et une fois de plus que le libéralisme n’est ni de gauche (réputée
progressiste) ni de droite (en général conservatrice), parce qu’il marie innovation
et tradition, justice et responsabilité, progrès social et liberté économique,
épanouissement personnel et service de la communauté. En l’absence de Michel ROCARD,
Pascal SALIN, auteur de « Libéralisme », rappellera et illustrera ces
points fondamentaux de la philosophie libérale. Cela dit,
pourquoi une fête de la liberté, une fête de plus ? Les Français croulent
sous les fêtes : des mères, des pères, des mamies, des voisins, de la musique,
du travail, etc. Et plus ils font la fête moins ils semblent heureux. Ils ne font
pas la vraie fête, la seule, celle de la liberté, car les gens sont de plus en
plus entreprenants, apaisés et épanouis quand ils jouissent d’une plus grande
liberté, et c’est ce qui manque précisément aux Français. Sont-ils
libres ces jeunes promis à un chômage prolongé, ou ces Verts traumatisés par l’apocalypse
écologique et l’épuisement des ressources, ou ces personnes âgées inquiètes
pour l’avenir de leurs pensions, ou encore ces malades privés de médecins et de
lits d’hôpitaux ? Sont-ils libres ces contribuables qui doivent attendre
le 16 juillet pour enfin garder à leur disposition l’argent gagné depuis le 1er
janvier ? Les libéraux
appellent donc les Français à fêter cette liberté qui progressivement mais inexorablement
leur a été ôtée. Du même coup, nous pouvons leur dire que la liberté est à leur
portée, et qu’il n’y a pas de raison pour qu’ils n’en jouissent pas comme les
peuples heureux. La fête de la liberté est une manifestation d’espoir : demain
avec la liberté tout sera possible. Mais il est
important que les libéraux n’en restent pas aux seules incantations. Voici en
quoi la Fête de la Liberté est également nécessaire : elle affirme le désir
d’agir, et d’agir ensemble. Agir, ce n’est pas seulement manifester.
C’est se manifester, expliquer, convaincre. Ignorant de l’économie, le peuple
français est dans sa grande majorité ignorant du libéralisme, pour ne l’avoir
jamais connu – le grand mensonge consistant à laisser croire que la France vit
à l’heure de « l’ultra-libéralisme » alors que le socialisme de gauche
ou de droite est au pouvoir depuis pratiquement un siècle, et l’étatisme depuis
cinq siècles. Agir, c’est déchirer ce voile d’ignorance. L’action
est d’autant plus efficace que les libéraux sont maintenant décidés et organisés
pour conjuguer leurs efforts dans le cadre de la société civile, en attendant
que la société politique vole au secours de la victoire. A Charenton, les visiteurs
seront frappés par le nombre d’instituts, associations, groupes ou réseaux qui
diffusent les idées de la liberté. Ils verront aussi la quantité et la qualité
des ouvrages qui leur sont proposés ; la force de frappe intellectuelle libérale
est impressionnante, en dépit de la conspiration du silence dont elle est victime.
Rien de notre
travail n’est pure théorie, les libéraux ont une solution concrète pour tous le
problèmes de la société française contemporaine : éducation, protection sociale,
emploi, fiscalité, décentralisation, justice, etc. Le travail accompli en commun
par l’ALEPS, Liberté Chérie, Contibuables Associés, l’IFRAP, l’IREF, Turgot, Euro
92, CLE, et d’autres encore, a débouché sur le « guide du candidat »,
aujourd’hui « guide de la réforme ». Et la boussole des réformes indique
toujours le Nord de la liberté, et des valeurs et institutions qui vont de pair :
responsabilité, concurrence, propriété, communautés. La liberté
mérite bien qu’on la fête. Jacques
Garello Le
15 septembre 2007
|