![]() |
|||||||||||||
|
A QUAND LE VRAI DEBAT ? |
|||||||||||||
|
Nous avons eu droit à ce spectacle très bien monté : les trois candidats
socialistes ont fait leur numéro, suivant un protocole a priori ridicule
mais finalement très bien reçu par l’opinion publique. |
||||||||||||
|
C’est maintenant la droite qui est en position d’infériorité. On va lui
reprocher d’avoir manqué de courtoisie et de clarté à l’égard de l’électorat
puisqu’elle réserve ses débats internes au cercle des élus, ne laissant
transpirer que quelques phrases assassines qui ne sont plus amusantes
pour personne. Certes, comme il fallait s’y attendre, les socialistes, n’ayant rien appris,
ne nous ont rien appris. L’élégant et richissime FABIUS se prenant
pour BESANCENOT et LAGUILLER, le technocrate STRAUSS-KAHN calé sur
une sociale démocratie poussiéreuse et la Ségolène disant rien et
le contraire de rien mais avec un look tellement naturel ! En fin de compte, nous, les électeurs, sommes soumis à un régime vraiment
sévère : ou bien il y a un débat public, étalant la nullité de
la classe politique au grand jour, ou bien on fait l’impasse sur le
débat interne, et on nous demande un chèque en blanc pour le candidat
que ces messieurs-dames de l’UMP voudront bien nous proposer. Qu’il n’y ait pas de méprise : je ne fais pas l’article pour des
candidats venus d’ailleurs, je dis qu’ils ont au moins l’avantage
de nous faire connaître leurs idées – fussent-elles aussi médiocres
que celles des socialistes. La grande habileté des socialistes aura malgré tout consisté à comprendre
que les Français veulent un débat. C’est bien normal à quelques mois
d’une élection dont tout le monde sait qu’elle sera à la fois serrée
et décisive. Mais la deuxième habileté aura été d’organiser un débat qui masque les
vrais problèmes du pays, qui nous conduit dans le monde des slogans
et de la démagogie, que nous subissons depuis un demi-siècle au moins. Ecoutons nos socialistes mais aussi toute la classe politiquement correcte : Le chômage et les 35 heures : émission brouillée, puisque personne
ne veut les supprimer. Avenir des retraites : silence radio. Prélèvements obligatoires : indécent d’en parler. Le groupe des réformateurs,
pourtant réputé libéral, a annoncé qu’il ne s’intéressait pas pour
l’instant, à la baisse des impôts. Finalement, ne parlons pas de ce qui fâche, de ce qui désespère. Billancourt,
les syndicats, les lycéens, les cheminots et les gaziers, les paysans,
… Un débat, une campagne se doit d’être lisible. Sans quoi le risque d’abstention
ou de vote rejet est grand. J’ai pris, avec un grand nombre d’amis de la société civile, l’initiative
de concevoir un guide du candidat. Pour munir électeurs et futurs
élus d’une boussole. Elle indique le Nord des réformes. Le guide est
déjà entre les mains de certains candidats, il sera offert au grand
public avant la fin du mois de novembre. Suffisamment à temps pour
que nous puissions poser les vraies questions, évoquer les vraies
réformes et entendre les réactions et les réponses de la classe politique.
Le débat ne se réduit pas à un spectacle, c’est une réflexion pour
éclairer des choix responsables. Jacques Garello Le 23 octobre 2006
|
|||||||||||||