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| LE VICE-PRESIDENT SARKOZY | |||||||||||||
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J’ai eu jusqu’à
ces derniers jours beaucoup de mal à comprendre la politique et l’inspiration
de Nicolas SARKOZY. La lecture de ses décisions et de ses discours est difficile. Fort heureusement,
la cérémonie de clôture du Grenelle a été pour moi une révélation, et
la présence d’Al Gore et de Nicolas Hulot m’a soudainement éclairé :
en France nous avons, comme aux Etats-Unis, un Vice-Président. L’originalité
de notre organisation, c’est que les fonctions de Président et de Vice-Président
sont assumées par un même homme : Nicolas SARKOZY. Le Président
SARKOZY et le Vice-Président Nicolas ne tiennent pas le même langage.
L’un est plutôt orienté à droite et son complice s’appelle François FILLON,
Premier Ministre, l’autre pencherait plutôt vers la gauche et son compère
s’appelle Jean Louis BORLOO. | ||||||||||||
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La mission
particulière du Vice-Président lui avait été dictée par Nicolas HULOT pendant
la campagne électorale : il est principalement en charge de l’écologie et
du développement durable. Le Président, lui, s’occupe de l’économie, des entreprises,
des impôts et du Code du Travail. Je ne veux
pas juger du travail du Président, il est en gestation et les syndicats ne lui
facilitent pas la tâche : la grande rentrée sociale a tenu toutes ses promesses.
Mais je dois reconnaître que visiblement le Vice-Président fait bien son travail.
Il a d’ailleurs été ovationné par le public des verts, rouges, bleus et blancs
qui l’écoutait, ravi, en ce jeudi soir. Le Vice-Président
connaît ses classiques en matière de réchauffement de la planète et d’épuisement
de l’énergie. Pour démontrer sa compétence il avait tenu à avoir à ses côtés le
maître incontesté en la matière, notre dernier Prix Nobel de la Paix. Le Vice-Président
va occuper bientôt le poste de Président de l’Union Européenne. A ce titre, il
avait également invité José Manuel BARROSO, qui aura été heureux de savoir que
la France allait enfin guider l’Europe dans la voie du développement durable.
Une preuve est d’ailleurs donnée de l’avance que nous prenons sur nos partenaires
européens en matière de réglementation écologique, puisque le Vice-Président a
annoncé que la France se préparait à transposer la directive européenne sur les
OGM, mais allait plus loin en suspendant toute culture commerciale des OGM. Il
est vrai qu’en contrepartie, le Vice-Président a dénoncé les faucheurs d’OGM au
nom de « l’état de droit » et du respect de la propriété privée :
José BOVÉ ne sera pas content. Le Vice-Président
a été applaudi d’entrée de jeu quand il a confirmé son attachement à la constitution
française, et au principe de précaution qu’elle consacre désormais. Il nous a
donné sa version de ce principe : la responsabilité des pollueurs doit être
mise en œuvre, et ils doivent réparation aux dommages qu’ils causent à la planète.
Les pollueurs seront « comptables des années après » des dégâts qu’ils
auront faits. La Commission ATTALI ira donc se rhabiller : pas question d’une
rupture – surtout avec une initiative de Jacques CHIRAC ! Le Vice-Président
a plaidé pour le nucléaire, mais aussi pour les énergies renouvelables. Il a pourtant
laissé entendre que les éoliennes ne se fondaient pas toujours bien dans le paysage,
et que les biocarburants de cette génération étaient peu performants : attendons
la deuxième génération. Investissement
dans la recherche, dans la biodiversité, dans les transports et les habitations.
Transports ? Aide aux vélos, aux bus et aux tramways en ville. Aide au transport
fluvial et maritime (liaisons de canaux). Aide aux trains rapides pour du fero-routage.
Et arrêt des programmes autoroutiers. Tout cela
ne coûtera rien au contribuable, puisque ces investissements seront financés par
de nouvelles taxes. Qui paiera ? Les routiers étrangers qui empruntent notre
réseau, et surtout, les étrangers qui nous inondent de produits non écologiques,
faisant une concurrence déloyale à nos propres productions, qui sont des productions
propres : une TVA sur ces importations sera la bienvenue. Le Vice-Président
a donc lancé la chasse au « dumping environnemental », lui qui avait
naguère inventé le « dumping fiscal » quand il était ministre de l’Economie. Quant aux
bâtiments, ils doivent avoir un bilan énergétique positif : produire plus
d’énergie qu’ils n’en consomment. Des normes doivent être définies dès 2008, elles
seront sources de contraintes nouvelles (« obligation » est un mot qui
revient souvent dans la bouche du Vice-Président), mais elles créeront 100.000
emplois dans le secteur de la construction et 50.000 dans celui de l’énergie.
La fiscalité
verte, les écotaxes, seront pourtant limitées au plus strict, car « il ne
faut pas accroître les prélèvements obligatoires ». Juste une taxe sur les
véhicules neufs gros consommateurs d’énergie, en contre partie une réduction de
taux de TVA sur les produits « propres ». Enfin, un
nouveau droit de l’homme vient d’apparaître : le droit à l’alternative pour
tous. Je traduis : si on vous interdit de prendre votre voiture pour aller
au travail, vous avez droit d’exiger de la municipalité, du département, de l’Etat
ou de votre entreprise qu’ils vous véhiculent, à pied, à cheval… mais pas en voiture. Je me pose
simplement une question : comment le Président va-t-il pouvoir gérer les
promesses et les impulsions de son bouillant Vice-Président ? Au bout de
quelques mois, Bill CLINTON avait décidé de se passer des initiatives d’Al GORE... Jacques
Garello
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