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POURQUOI TANT D'IMPOTS LOCAUX ? |
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Vous faites partie de ces millions de Français qui
ont eu à payer ces jours-ci ou qui se préparent à payer leurs impôts locaux.
Qu’il s’agisse de la taxe d’habitation, du foncier bâti ou non bâti, tout
le monde aura pu observer l’explosion de la facture. Les régions, les
départements et les communes en sont responsables, dans une proportion
variable avec les lieux d’imposition. |
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Dans un ouvrage paru la semaine dernière Gérard BRAMOULLE,
qui a mené une étude à la demande de l’IREF (Institut de Recherches
Economiques et Fiscales), soutient une thèse mûrement réfléchie et
fortement étayée : les dérèglements des finances locales ont
pour seule origine l’écrasement des libertés locales par le pouvoir
des administrations centrales. L’économiste, ancien doyen de la faculté d’Economie
Appliquée de l’Université Paul Cézanne, sait bien de quoi il parle :
il est pour la deuxième fois adjoint aux finances de la ville d’Aix
en Provence, vice président de la Communauté d’Agglomération du Pays
d’Aix, et lors de son premier mandat il avait réduit les impôts locaux
de 12 % ! Cette expérience personnelle a été menée avec succès,
elle consacre une victoire sur le mal fiscal qui atteint nos collectivités
territoriales. Ce mal a un nom : jacobinisme. Quel est le degré de liberté d’un élu local quand
il vote son budget ? Quelle responsabilité a-t-il dans le contrôle
des dépenses locales ? Nulle liberté, nulle responsabilité. Ainsi
le veut le système. Les impôts locaux ont leur assiette, leur taux,
leur mode de recouvrement déterminés par la loi nationale, avec une
infime marge de manoeuvre. La gestion de la dette et de la trésorerie
lui échappe. Quant aux dépenses, elles sont fonction des « compétences »
que les lois dites de « décentralisation », depuis la célèbre
loi Defferre, ont réparties entre Etat, régions, départements et communes.
Des compétences mal définies, avec des incohérences et des doubles
emplois, et que l’on ne peut assumer qu’à des coûts prohibitifs. Mais
paradoxalement, en dépit de cette difficulté, le système pousse aussi
à la dépense : les dotations de l’Etat à « ses » communes
sont d’autant plus substantielles que les dépenses d’investissements
sont plus élevées. En avant pour les piscines, les salles des fêtes,
les stades et les crèches ! Puis aussi en avant pour les associations
« lucratives sans but » qui permettent d’embaucher les copains
et les coquins. Par quelle aberration de l’esprit peut-on imaginer
que des impôts soient payés à l’Etat puis reversés aux collectivités
locales, tandis que l’Etat transfère une partie de ses compétences
auxdites collectivités ? Dans quelques semaines à Paris, un colloque organisé
par l’IREF, l’ALEPS et Contribuables Associés autour du livre de Gérard
BRAMOULLE permettra de savoir où en sont nos principaux partenaires
européens en matière d’impôts locaux. Une fois de plus la Suisse sera
donnée en exemple (par le professeur Victoria CURZON PRICE) pour une
simple raison : il y a une concurrence fiscale entre les cantons
et, à l’intérieur des cantons, entre communes. Le citoyen helvétique
ne manque jamais une occasion de rappeler aux gouvernants, et surtout
aux autorités fédérales, que c’est lui le maître du jeu en matière
de dépenses et de recettes publiques. La pratique du referendum local d’initiative
populaire est pour beaucoup dans cette hiérarchie des pouvoirs
fiscaux, dans ce « fédéralisme fiscal » : on va de
la base vers le sommet. En France, naturellement, on va du sommet
à la base. Le mal français est bien la distance qui sépare ceux
qui payent et ceux qui dépensent, ceux qui réglementent et ceux qui
travaillent au bien-être de leur communauté. On nous annonçait que la réforme de l’Etat et la
décentralisation seraient au cœur du débat électoral en 2007. On va
bien voir, mais pour l’instant on n’entend que quelques murmures,
et peu de candidats réalisent que c’est en libérant les citoyens du
poids de l’Etat central que l’Espagne, et l’Italie de Berlusconi,
ont rejoint le peloton de tête européen, tandis que le retour à Berlin
ruine progressivement la République Allemande, de moins en moins Fédérale.
En attendant, à vos chèques, à vos TIP : payez
les impôts locaux si ce n’est déjà fait… Jacques Garello Le 6 novembre 2006
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