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| DU FOND DE L'ABIME | |||||||||||||
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C’est du
fond de l’abîme que jaillit la lumière » (Byron). Il y a donc
de nombreuses raisons de pessimisme, justifié aussi longtemps que notre
« dialogue social » méprisera le droit, la démocratie et l’économie,
et aussi longtemps que nos dirigeants ne voudront pas remettre en cause
un système de « protection sociale » et de redistribution contraire
à l’efficacité et à la justice.
Pourtant
je trouve une raison d’espérer dans ce qui me paraît l’amorce d’un réveil
de la société civile, les Français commençant à réagir aux dérèglements,
aux excès, aux scléroses et aux catastrophes qu’ils entraînent. Que les
auteurs de ce réveil en soient remerciés, encouragés et accompagnés. | ||||||||||||
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Ce
que nous appelons « dialogue social » dans ce pays, dans nos médias,
n’est en fait que la « dictature des syndicats ». Bernard ZIMMERN l’avait
naguère décrite, et dès 1983 je posais avec Bertrand LEMENNICIER et Henri LEPAGE
« Cinq questions sur les syndicats » : -
comment expliquer le mystère de leur puissance alors qu’ils n’ont plus aucune
représentativité, aucune légitimité démocratique ? -
comment justifier que les finances syndicales soient assurées non pas par l’argent
de leurs adhérents mais par celui des contribuables, puisque le plus clair de
leurs ressources vient des subventions de l’Etat et des privilèges accordés par
les lois Auroux, Aubry, etc. ? - pourquoi les syndicalistes
sont-ils assurés de l’impunité, à l’image de José BOVE, et de la garantie de leur
emploi quels que soient les fautes commises ? - pourquoi les syndicats
disposent-ils d’une arme absolue et utilisée sans ménagement, qui est le droit
de grève « qui s’exerce dans le cadre des lois »… qui n’ont jamais été
promulguées ? A l’étranger la grève est sérieusement encadrée, et souvent
interdite dans les services publics ; - comment ne pas s’apercevoir
que l’action syndicale toujours et partout détruit l’emploi et la croissance ?
Toute rigidité sur le marché du travail engendre rigidités et gaspillages qui condamnent
les entreprises soumises à la concurrence à disparaître et les administrations
publiques à multiplier les déficits qui ruinent à leur tour contribuables et entrepreneurs. Ces
questions se posent toujours aujourd’hui, mais s’y ajoutent quelques autres, comme
la corruption syndicale et la guerre des chefs, les violences et les sabotages,
la détermination affichée de renverser la République. Nous vivons sous la terreur
syndicale. FO, CGT, SUD, FSU : nos « nouveaux maîtres ». L’action syndicale s’alimente
aujourd’hui de la faillite de la Sécurité Sociale, et des réformes qu’elle devrait
appeler. Hélas, les gouvernements successifs en sont restés à des réformettes
et à des expédients, sans jamais remettre en cause un système de protection sociale
inexorablement condamné parce que fondé sur la gratuité, le monopole et la planification.
La « réforme » de l’assurance maladie de Philippe DOUSTE-BLAZY (2004),
pas davantage que celle des retraites par François FILLON (2003) n’a apporté la
moindre solution. Les Français ont raison
de s’inquiéter pour l’évolution de leur pouvoir d’achat, mais on leur a caché
les deux raisons majeures de cette stagnation : d’une part il n’y a pas de
croissance durable dans un pays où il y a 6 millions de salariés du public sur
22 millions d’actifs et où l’on travaille moins que partout ailleurs, d’autre
part l’Etat et la Sécurité Sociale leur retirent la moitié de leur salaire pour
« assurer » leur santé, leurs retraites, et leur chômage éventuel. Les
Français pourraient avoir la même couverture sociale en payant deux fois moins
cher : le savent-ils ? Qui le leur dit ? Le système étant précisément
géré par les « partenaires sociaux », syndicats en tête, et étant totalement
inspiré par la philosophie de l’Etat Providence, ceux qui connaissent la vérité
ne veulent pas la dire et continuent à nous servir des discours lénifiants alors
que l’explosion est déjà là. Nous sommes bien au fond de l’abîme… Pourtant, un rai de
lumière a jailli. Grâce à la mobilisation de Liberté Chérie, de Contribuables
Associés, de l’IFRAP et des autres partenaires habituels de l’ALEPS, la contre-manifestation
de dimanche dernier même desservie par les médias, aura été un succès. Voilà une
réaction qui ne doit rien à la société politique : l’UMP a obéi aux ordres
venus d’en haut et n’a pas bougé le petit doigt. Où sont-ils ces parlementaires
et politiciens qui vont bientôt se présenter à nos suffrages ? Passifs devant
la débâcle, seront-ils des gestionnaires avisés de nos collectivités locales ?
Ainsi s’amorce la naissance d’une autre société civile, celle des jeunes, celle
des esclaves, aux côtés de celle du patronat – qui me paraît au passage un peu
émoussée et en net retrait ces derniers mois par rapport aux premiers discours
de Laurence PARISOT. J’espère que ce retrait n’est que provisoire, car rien ne
pourra se faire sérieusement sans une entente entre hommes et femmes de bonne
volonté. A la différence des initiatives syndicales, celles des libéraux ne bénéficient
d’aucun soutien ni financier, ni médiatique, ni public (nous n’en voudrions sûrement
pas, décidés à ne pas travailler avec « l’argent volé »). Comme c’est sa tradition
depuis quarante ans l’ALEPS, qui ne vit que par votre fidèle soutien, se fera
un devoir d’accompagner cette renaissance de la société civile. Nous n’avons cessé
d’étudier le mal français et d’expliquer comment on peut le traiter, à partir
des valeurs qui donnent espoir et conduisent au succès : la liberté et la
responsabilité. Jacques Garello
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