DECHIFFRER L'ANTIAMERICANISME

Il n’y a pas de limite à l’antiaméricanisme. C’est ce que nous montre un livre très bien documenté.

Comme l’antiaméricanisme est un phénomène sans limite dans notre pays, tout livre qui le combat est le bienvenu. Celui de Erik Svane, journaliste à la double nationalité danoise et américaine, a le mérite d’être exhaustif en prenant une à une les obsessions des antiaméricains. Intitulé La bannière étalée (Editions Underbahn), avec une préface de Guy Millière, l’ouvrage est parfaitement argumenté et permet au lecteur de prendre conscience des dérives auxquelles on peut arriver dans un monde qui a fait de l’opposition aux Etats-Unis sa manière d’exister.

Tous les thèmes (ou presque) sont abordés : la politique internationale, la pauvreté, la « malbouffe », la mondialisation, le libéralisme, l’Irak et l’Afghanistan, etc. Prenons plusieurs exemples. On nous a souvent dit dans les médias français que l’économie américaine était en mauvaise situation et que la récession guettait le pays. Or, plus nos analystes prévoient la crise, plus l’économie américaine se porte bien. Les chiffres des créations d’emplois du mois de janvier s’élèvent à 193.000 nouveaux postes et le taux de chômage est tombé à 4,7%, le taux le plus bas depuis septembre 2001. Mais plus important encore c’est que, dans le pays de la « pauvreté, de l’exclusion et des inégalités sociales », le taux de chômage des minorités est tombé à des niveaux jamais atteints : celui des latinos est à 5,8% et celui des Black à 8,9%. Mais, comme nous le savons très bien, les baisses d’impôts de Bush n’ont profité qu’aux Américains les plus riches…

Et le fameux Protocole de Kyoto ? Rappelons les faits. Plus de 7 ans après sa conclusion dans la ville de Kyoto, le protocole du même nom est entré en vigueur le 16 février 2005. Cet accord, qui vise à réduire l’émission de gaz à effet de serre (notamment le gaz carbonique), a été ratifié par 140 pays, qui représentent au moins 55% de ces émissions. D’ici 2012, le protocole impose aux pays industrialisés de réduire de 5,2% en moyenne leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990. Mais cette obligation n’est suivie d’aucune mesure contraignante, ni aucune sanction pour les pays qui ne le respecteraient pas. Ce protocole a surtout servi de prétexte aux antiaméricains de tous bords pour condamner les Etats-Unis qui ont refusé de le signer. On a reproché aux Américains de produire 22% des émissions de gaz carbonique (en oubliant toutefois de préciser qu’ils produisent aussi plus de 25% de la richesse mondiale) et de préférer l’industrialisation à outrance sans se soucier de l’environnement.

Or, voici qu’une Etude de l’Agence Européenne de l’Environnement démontre que 13 pays sur les 15 signataires du Protocole ont considérablement augmenté leurs émissions de gaz carbonique. Seuls, la Suède et la Grande-Bretagne les ont baissées (de 5 et, respectivement, 7,8%). Et, le comble est que cette étude nous apprend qu’un autre pays a baissé les émissions de gaz : les Etats-Unis ! En effet, la baisse est de 0,8% tandis que l’Espagne a augmenté les émissions de 33%, le Danemark de 25%, la France de 9,5% et l’Allemagne de 2%. Bizarrement, aucun média n’en parle en France.

Concernant l’aide au tiers-monde, les mythes ont aussi la vie dure. On dit que les Américains ne consacre que 0,4% de leur PIB à l’aide au développement contrairement aux autres pays dont les contributions représentent 1% du PIB. Si l’on transforme cette aide en dollars, cela représente 16,2 mds de dollars, plus du double de la contribution des autres pays, y compris la France. Ceux qui bénéficient de ces aides n’ont rien à faire du pourcentage du PIB ; ce qui les intéresse ce sont les sommes effectivement reçues. Ceux qui critiquent l’aide des Américains oublient de tenir compte de l’aide privée qui représente environ 33,6 Mds de dollars, plus du double de l’aide publique (d’après l’Agence Internationale du développement). Pour ne donner qu’un seul exemple, il ne faut pas oublier qu’une fondation privée comme celle de Bill Gates dépense des milliards de dollars pour le tiers-monde. Celle-ci finance par exemple la vaccination de millions d’enfants dans plusieurs pays d’Afrique. 

Combattre l’antiaméricanisme est presque un devoir aujourd’hui pour tout journaliste attaché à la vérité et à l’objectivité. Erik Svane en fait partie.

En vitrine

Il faut absolument mentionner la parution de l’ouvrage La liberté et le droit de Bruno Leoni (les Belles Lettres). Publié en 1961 aux Etats-Unis, cet ouvrage critique le caractère arbitraire de la législation positiviste comparée à la planification économique. Ensuite, il met en cause le modèle de démocratie fondé sur la confiscation du pouvoir par de nouvelles oligarchies bureaucratiques.

Bogdan Calinescu

Le 10 Février 2006

 
 
 

 

 

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