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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Changement de discours ou de politique ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 20 Février 2012 01:00
Elections l www.libres.org

« Quand je vois tout ce qu’il reste à faire et que nous n’avons pas fait … ». C’est le regret confessé par Nicolas Sarkozy en conclusion de l’interview qu’il a accordée au Figaro Magazine samedi dernier. C’est aussi à peu près en ces termes qu’il a répondu à Laurence Ferrari au cours de l’émission sur TF1 mercredi soir.

De fait, la réaction de tous ceux qui entendent le niveau discours du Président, et notamment de ceux qui ont voté pour lui en 2007 est bien celle des espoirs déçus, d’un bilan en retrait par rapport aux promesses de rupture. Les 35 heures n’ont pas été supprimées, les impôts ont augmenté en nombre et en taux, l’échec scolaire et éducatif s’est aggravé, déficits, dettes et chômage se sont dramatiquement alourdis. Le Président s’abrite derrière deux arguments : d’une part, il y a eu la crise (mais elle appelait précisément une vraie rupture et non une pause), d’autre part, aux dires du Président de vraies réformes ont été réalisées dans le domaine de l’université, des retraites, et des dépenses publiques. A mes yeux ces réformes sont illusoires.

Dans ces conditions, comment rendre au candidat une confiance qui a été trahie par le Président ?

 

Les crédules s’en tiendront au changement de discours. Il est apparent mais est-il si profond ?

D’autres s’interrogeront sur la probabilité que le changement de discours se prolonge après avril prochain en changement de politique.

Le changement de discours sur certains sujets ne fait aucun doute. J’ai salué la semaine dernière comme il convenait le projet d’accords de compétitivité emplois (ACE). J’ai perçu cependant dans l’interview du FigMag une nuance bizarre : ces accords « primer[ont] sur le contrat de travail individuel ». J’ai dit tout le bien que je pensais d’une refonte du système d’indemnisation des chômeurs et de la nécessité de leur donner une formation. Mais je ne vois pas pourquoi la liste des métiers où réinsérer les chômeurs serait définie par un  « comité national » : n’existe-t-il pas un marché du travail ? Et je répète qu’aider les chômeurs c’est bien, mais lutter contre le chômage en supprimant le SMIC, en réformant la Sécurité Sociale, et en soumettant les syndicats au droit commun c’est mieux.  Le candidat désire « redonner la parole aux Français » et il souligne à juste titre la méfiance des citoyens à l’égard « des élites, des syndicats et des partis politiques » (grande tradition gaullienne). Il promet un premier referendum sur les chômeurs puis peut-être un second sur l’immigration. Mais ce dont on a besoin c’est plutôt d’une vraie démocratie directe, avec des referendums d’initiative populaire comme en Suisse et non pas des plébiscites (sans doute destinés à contourner un Sénat hostile).

Mais c’est surtout sur les questions sociétales que le discours a été le plus novateur. Le candidat refuse le mariage homosexuel et l’adoption qui irait de pair, et au passage il reconnaît dans le mariage « une institution sociale essentielle ». Il écarte une nouvelle législation sur l’euthanasie « contraire à notre conception de la dignité de l’être humain ». Enfin, et non le moindre, il n’hésite pas à confirmer son discours du Latran où il mettait en avant les racines judéo-chrétiennes de la France : « une réalité historique qu’il serait absurde de nier ». Voilà sans doute de quoi séduire l’électorat catholique, assez hésitant à ce jour.

Je dois malheureusement déplorer que sur d’autres sujets le discours n’ait pas changé. Le « modèle social français » est toujours la référence, et la question des retraites et de l’assurance maladie semble réglée une fois pour toutes. Le protectionnisme et la lutte contre les délocalisations sont toujours présentés comme des « boucliers ». Les banquiers ont abusé de la liberté de sorte qu’il faut réglementer leur activité - vieille lune socialiste. Enfin le périmètre de l’Etat n’est pas remis en cause, même si le nombre des fonctionnaires de l’administration centrale est appelé à diminuer. De la sorte la baisse des dépenses publiques n’aura pas lieu d’être.

Après le discours, la politique. Peut-elle changer ?

Il faudrait tout d’abord ne pas tout ramener à la crise. Certes la Grèce et le sort de l’euro vont-ils occuper tous les dirigeants de l’Union à la fin du printemps, une fois l’élection passée.

Mais le futur Président ne doit pas perdre ses 100 jours comme il a perdu ses cinq ans.

Pour ce faire il doit combler le vide de sa doctrine : croire aux bienfaits de la mondialisation, mettre fin au modèle social (monopoles de la Sécurité Sociale, fiscalité redistributive, logement social, statut de la fonction publique), réaliser des privatisations massives, libérer la concurrence scolaire.

Ainsi orienté vers le changement radical, vers la rupture promise et toujours attendue, le Président devra s’affranchir des forces et des hommes qui font régner la « tyrannie du statu quo », les syndicalistes, les groupes de pression, les conseillers, ministres et énarques qui lui inspirent aujourd’hui les quotidiennes mesures dirigistes et socialistes.

Mes propos vous paraîtront utopiques, et le changement politique hors de portée de tous les candidats actuels. Mais je suis sûr de deux choses : premièrement sans changement de politique nous nous acheminons vers un scénario à la Grecque, et deuxièmement à ce jour le candidat Sarkozy a au moins tenté de changer le discours, même si le changement est parfois de pure apparence et à coup sûr de pure circonstance.

 

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Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


Editorial : 23 avril : fête de la Miséricorde

Conjoncture : Diminuer les charges sociales

Actualité  : Turquie : la dictature est en place - Trump contre Kim Jong-Un

Spécial présidentielles  : Pourquoi nous, économistes, soutenons Fillon - Fillon - Macron : comparaisons

Lu pour vous  : Sur le site libres.org : veille de campagne

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