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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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L'ENSEIGNEMENT PRIVE N'EST PAS LIBRE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 06 Décembre 2010 01:00
 Enseignement privé l www.libres.org

Dans notre pays l’enseignement privé n’est pas libre. Il est étatique et planifié. Il n’est qu’un sous-traitant de l’enseignement public et de plus un sous-traitant exploité et maltraité par l’administration qui le tolère à grand’ peine.

Un incident passé presque inaperçu cette semaine me pousse à vous alerter sur ce problème de société, qui en dépit de sa gravité semble n’intéresser plus grand monde aujourd’hui.

Dans la nuit de mardi à mercredi, le Sénat a voté un amendement à la loi de finances 2011 qui révèle, une fois de plus, la détresse et l’injustice qui frappent l’enseignement privé.

De quoi s’agit-il ? Le sénateur UMP Jean Claude Carle s’est mis en tête de proposer le versement de 4 millions d’euros à l’enseignement privé sous contrat pour « sauver » 250 postes d’enseignants condamnés par le ministère à disparaître.

L’affaire est liée à la décision héroïque du gouvernement de supprimer quelques milliers de postes d’enseignants. Réduction des dépenses publiques oblige, d’ailleurs plus que tout autre le mammouth a besoin d’être dégraissé. En dépit des protestations véhémentes des syndicats, le ministère a donc prévu 16 000 suppressions de postes, dont 1.633 dans l’enseignement privé. Une répartition « équitable » dit le ministre de l’Education Nationale Luc Chatel.

Or cette belle équité se trouve menacée par les sénateurs, qui ramènent ce dernier chiffre de 1.633 à 1.383 : une nouvelle « faveur au privé », proteste la Fédération UNSA-Education Nationale. L’affaire n’en restera pas là. Certes l’amendement a été voté, au grand dam de Luc Chatel, mais le ministre se promet bien de faire annuler cette disposition par les députés de l’Assemblée Nationale au cours de la prochaine navette parlementaire.

En quoi l’équité est-elle concernée ? C’est qu’il existe un mécanisme qui lie obligatoirement les effectifs des maîtres du privé à ceux du public. Il est impossible de créer de nouvelles classes dans le privé si le public n’en crée pas au moins autant. Symétriquement si le public supprime des postes, le privé doit en supprimer en proportion.

Ainsi toute velléité du privé de se développer est-elle stoppée à la base. Aujourd’hui le privé scolarise plus de 2 millions d’enfants (17 % du total, et 40 % dans le secondaire) et la pression des parents est telle que chaque année le privé refuse quelque 80.000 inscriptions. On comprend le choix des familles : le privé offre une qualité et une sécurité qui ont fui depuis longtemps certains établissements publics. Il est donc interdit au privé de concurrencer le public. La concurrence pourrait pourtant améliorer le public aussi, l’obligeant à évoluer et à se libérer à son tour des carcans syndicaux et bureaucratiques. Mais on préfère protéger le monopole public. 

Ce monopole ne se limite pas au nombre de postes, à la création de classes ou d’établissements. Le privé « sous contrat d’association » (90 % de l’ensemble), et un contrat dont l’un des contractants ne peut discuter les termes, n’a pratiquement aucune autonomie :

1° Les enseignants, bien que choisis par les établissements privés, sont des agents publics, et tombent sous le contrôle pédagogique de l’inspection académique ; ils ne peuvent être licenciés que par les autorités administratives.

2° Le contrôle porte sur la conformité des enseignements au programme établi par le Ministère de l’Education Nationale. Le privé n’est maître ni des matières enseignées, ni de leur dotation horaire, et les diplômes sont des diplômes d’Etat. Par exemple si une école privée se propose d’apprendre aux enfants à lire, écrire et compter, ce projet pédagogique est insuffisant aux yeux de l’administration, qui prescrit des occupations aussi futiles que distractives : initiation à l’art, découverte de la vie, apprentissage citoyen et (bientôt) philosophie, etc.

3° Le financement du privé sous contrat est assuré par les forfaits d’externat versés par les conseils généraux (pour le secondaire) et les municipalités (pour le primaire). Mais le complément nécessaire (notamment pour les immobilisations) est à charge des familles, ou des propriétaires des établissements. La loi (et le conseil constitutionnel) veille à ce que les collectivités territoriales « n’avantagent pas » l’enseignement privé. Un comble, quand on sait que certaines familles payent à la fois pour le public (en tant que contribuables) et pour le privé (à titre volontaire). Malgré tout l’école privée accueille dans beaucoup de quartiers et de milieux déshérités les enfants de parents aux ressources très modestes. Les écoles chrétiennes ont scolarisé les enfants pauvres bien avant l’école publique.

Voilà donc un enseignement « libre » qui n’est maître ni de son développement, ni de ses programmes, de sa pédagogie et de ses diplômes, ni de son financement.

Cette situation, il est vrai, est le résultat de la laïcité républicaine, qui veut soustraire les enfants à tout conditionnement religieux ou sectaire. Mais c’est aussi le résultat de l’exception française : l’éducation appartient à l’Etat plutôt qu’aux parents, et tous les enfants doivent être « égaux ». Aujourd’hui c’est surtout l’égalité devant l’analphabétisme, la paresse et la violence.

Ainsi notre pays tourne-t-il le dos à ce vaste mouvement de privatisation et de concurrence qui s’est développé en Europe et en Amérique depuis quelques années. Quant aux pays émergents, leur système éducatif s’appuie sur des entrepreneurs d’écoles qui pour 50 dollars par an transmettent un savoir faire et un savoir vivre à des millions de petits Indiens qui deviendront des dizaines de milliers d’ingénieurs et d’entrepreneurs.

En France, tout programme de gouvernement devrait comporter à l’avenir un projet de libération de l’enseignement.

 

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Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : Deux foyers majeurs d'irresponsabilité

Conjoncture : La monnaie peut-elle être "souveraine" ?

Spécial présidentielles  : La non-réforme des non-retraites - François Fillon : le soft libéral - François Fillon : c'est de l'abîme que jaillit la lumière

Actualité libérale  : Trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts


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