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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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L’omniscience de Karl Marx

Le succès de Karl Marx tient sans doute au fait qu’il donne une réponse complète (fût-elle fallacieuse) à tous les mystères de la vie des hommes en société. Il parcourt – superficiellement - toute la connaissance scientifique de son époque.

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LE SALE ARGENT DE LA POLITIQUE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 29 Novembre 2010 01:00
 Lessive l www.libres.org

Je vais en décevoir certains : je ne commenterai pas le discours de François Fillon, qui n’a rien dit que nous ne sachions déjà, pour le meilleur et pour le pire. D’ailleurs ces commentaires sont donnés dans le corps de cette Lettre.

Je voudrais revenir à la très grande actualité de la politique française, liée à l’attentat de Karachi. Comme vous j’ai lu et écouté avec quelque surprise que cet attentat était peut-être dû à l’arrêt du versement de rétro-commissions par le gouvernement français à des intermédiaires aussi nombreux que mystérieux ; l’un ou plusieurs d’entre eux se seraient vengés en tuant des Français appartenant à la Direction des Constructions Navales. J’ai appris que plusieurs hautes personnalités de notre monde politique étaient au courant des rétro-commissions : Edouard Balladur, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Alain Juppé et enfin Nicolas Sarkozy.

Mais, à mes yeux, l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est que notre pays est malade de la politique, et malade de l’argent, et que la conjonction des deux est explosive.

La maladie de la politique est ancienne chez les Gaulois. Tocqueville en faisait le constat dès 1835. Les conditions même dans lesquelles le Royaume de France s’est constitué après des siècles de guerres internes ont laissé des traces. Les suzerainetés, vassalités, frondes et complots ont émaillé l’histoire de Clovis à Louis XVI. La naissance de la République s’est écrite dans la terreur et la dictature. Dans nul autre pays, sinon la Russie, la lutte pour le pouvoir ou autour du pouvoir n’a été aussi ardente. Et l’Etat Providence est une hérésie dans laquelle nous nous sommes illustrés bien avant le XXème siècle. Aujourd’hui comme toujours la politique domine la vie publique, brise l’harmonie sociale, et ruine nos affaires. Voilà pourquoi tout évènement a un arrière plan politique, et son foyer à Paris.

La maladie de l’argent est tout aussi ancienne. Peuplée de paysans et d’artisans, la France était trop riche au XVIIème siècle pour s’intéresser au commerce et à la finance. Voilà pourquoi la terre, le métier, ont plus d’importance que le marché et la banque, souvent objets de mépris. Ce n’est pas à cause du catholicisme (car le capitalisme est né au XIIème siècle, même si les protestants en ont accéléré la marche ensuite), mais à cause du colbertisme. Dans un pays où tout dépend de l’Etat il est plus intelligent d’investir en politique, et d’attendre du Roi ou du Président fortune et gloire que de se lancer dans l’entreprise. L’argent a une odeur de pouvoir, et si le pouvoir donne l’argent, l’argent donne aussi le pouvoir.

Atteint de cette double maladie (il n’est pas le seul, mais il est le plus atteint) notre pays peut-il vivre une démocratie honnête et transparente ?

Qui dit démocratie dit élections, qui dit élections dit campagne, et qui dit campagne dit argent.

Dans la plupart des pays démocratiques on considère qu’il est naturel que les personnes qui soutiennent un candidat apportent ou collectent de l’argent. C’est naturel et public. Aux Etats Unis les candidats publient chaque semaine leurs comptes de campagne, et celui qui a ramassé plus d’argent a une plus grande crédibilité car cela veut dire qu’il a obtenu la confiance de plus de personnes. Qu’il a reçu des dizaines de milliers de dons relativement modestes faits par des citoyens ordinaires. De telles mœurs ne peuvent avoir cours en France. Le financement de la politique doit être secret, qu’il s’agisse d’élire des parlementaires, des municipalités ou de faire survivre des syndicats qui ont perdu depuis des lustres la possibilité de vivre sur les cotisations de leurs adhérents. Vivent les dessous de table de toutes sortes : ventes d’armes, marchés publics, permis de construire, toutes sources avérées de financement politique.

Là-dessus interviennent en 1993 et 1995 des hommes politiques particulièrement vertueux. Edouard Balladur fait voter une loi pour le financement des partis politiques, et Jacques Chirac veut mettre fin aux pratiques suspectes et immorales.

La loi de financement des partis politiques est un crime contre la démocratie. Au prétexte de mettre fin au financement occulte, elle prescrit que désormais c’est l’Etat qui fournira l’argent dont les partis ont besoin. Comment des représentants du peuple, chargés notamment de défendre les citoyens contre les abus du pouvoir et de contrôler ses dépenses, peuvent-ils être des subventionnés de l’Etat ? L’une des conséquences de la loi aura été de verrouiller la vie politique, puisque pour l’essentiel seuls les partis en place ont accès à la manne publique. Quelle est la chance de voir émerger des formations nouvelles et une nouvelle classe politique ?

Quant à la lutte contre les manœuvres frauduleuses elle a d’autant plus échoué que la loi précédente était à l’œuvre. Une campagne ne pouvant être financée par les fonds apportés par l’Etat, il faut trouver l’argent ailleurs, et souvent par tous les moyens. On va jusqu’à pratiquer l’entraide généreuse entre candidats : le désistement entre deux tours peut s’obtenir grâce au remboursement des frais engagés par le perdant du premier tour. Il y a actuellement quelque six cents élus, et non des moindres, qui sont en coquetterie avec la justice, en examen ou poursuivis. Il faut dire que la justice elle-même a du mal à faire entendre sa voix, elle aussi n’est pas toujours en mesure d’agir en toute indépendance.

Mais les Français eux-mêmes, électeurs de tous bords, sont-ils inquiets de cette corruption ? Bien qu’ils parlent toujours du « sale argent de la politique », ils ne sanctionnent que très rarement les auteurs de malversations, de délits, condamnés parfois à de la prison ferme. La tartufferie est à son comble : « Cachez ce sein que je saurais voir ».

Ainsi la démocratie est-elle en péril en France. Ce n’est pas la faute de l’argent, c’est la faute de la politique qui salit tout ce qu’elle touche. « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument » disait Lord Acton.

 

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Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


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Conjoncture : Diminuer les charges sociales

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Lu pour vous  : Sur le site libres.org : veille de campagne

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