Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

 

Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

36 pages, 5€

Bulletin de commande

Portait

L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

Lire la suite...
POURQUOI NEWMAN ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 27 Septembre 2010 01:00
 Université l www.libres.org

J’oublie un instant les débats contingents et consternants autour des retraites, du G20, des Roms, voire même des prises d’otages. En effet, je ne voudrais pas manquer l’occasion qui nous a été donnée de revenir à l’essentiel. Cette occasion, c’est la visite de Benoît XVI en Angleterre, une visite pensée et voulue pour prononcer la béatification de John Henry Newman (1801-1890). Mais pourquoi donc ?

Le cardinal Newman n’a pas été béatifié pour s’être converti au catholicisme, alors même qu’il était pasteur protestant et professeur à l’Université d’Oxford. Dans son autobiographie Apologia pro vita (1864) l’éminent prélat explique la continuité de sa démarche, l’aboutissement de sa recherche : vivre et enseigner dans l’univers exclusivement protestant de l’Université d’Oxford l’a naturellement porté vers le Catholicisme conçu non comme un substitut mais comme un achèvement. Il n’a pas trahi sa foi, il l’a élargie.

Et si l’on devait retirer une leçon de cette « conversion », c’est bien que le parcours vers la Vérité est un chemin qui nous est personnel, propre à chaque être humain « unique et irremplaçable ». Il est donc plus judicieux de voir en Newman un humaniste libéral.

Mais pourquoi Benoît XVI tenait-il tellement à reconnaître et faire connaître Newman ? C’est que les écrits et les paroles du cardinal ont aujourd’hui une résonance particulière. Il a prêché dans une Angleterre et dans une Université où la religion n’était plus qu’un vernis, parce que forte de ses succès économiques et politiques, l’Angleterre avait sombré dans le matérialisme à peine masqué par les rites et les traditions de l’Eglise anglicane. Voici ce qui nous ramène à l’actualité : nos pays traversent une crise de la foi.

Une des origines de la crise est certainement la formation de la jeunesse, et particulièrement  de celle qui constitue la soi-disant élite sociale. Chargé par le Pape de créer une Université Catholique en Irlande, John Henry Newman consacrera une série d’articles et de discours à ce qu’est réellement une université (The Idea of University - 1852). Professeur à Oxford pendant vingt ans, il a observé avec peine et révolte la façon dont on éduquait les étudiants : la religion se réduisait à l’assistance obligatoire aux offices, dont les étudiants s’échappaient pour boire et prendre du bon temps. Il n’y avait plus aucun enseignement de théologie, car on jugeait cette discipline incapable d’apporter la moindre connaissance, il ne saurait y avoir de connaissance que technique, et de science qu’appliquée. Les principes moraux et la quête personnelle de Dieu étaient oubliés depuis fort longtemps. Dans son projet d’installation d’une Université Catholique Newman a mis l’accent sur l’articulation nécessaire entre la connaissance et la religion. La connaissance, universelle et partagée, la religion, rayonnante et incarnée.

Dans son discours de Londres, Benoît XVI a insisté sur le caractère dramatique de la perte de la foi : « Pour qui regarde avec réalisme notre monde d’aujourd’hui, il est manifeste que les chrétiens ne peuvent plus se permettre de mener leurs affaires comme avant. Ils ne peuvent ignorer la profonde crise de la foi qui a ébranlé notre société, ni même être sûrs que le patrimoine des valeurs transmises par des siècles de chrétienté va continuer d’inspirer et de modeler l’avenir de notre société ». Une société sans repère, sans racines, est sûrement condamnée : l’avertissement de Newman est hélas d’actualité. Au lieu d’«irradier le Christ » (Newman), les chrétiens et les autres ne sont que des « cymbales », dans un monde toujours plus « bruyant et confus, où abondent les chemins erronés ne menant qu’à la déception et à l’illusion » (Benoît XVI).

Mais le chemin de la Vérité est-il si facile à trouver ? Newman se réfère ici à l’un des points forts de la théologie chrétienne : ce n’est qu’à travers les autres, avec les autres, que nous pouvons trouver le Christ, qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie ». Si Newman est un tel défenseur du véritable esprit universitaire, qui a déserté les universités protestantes de son époque, c’est parce qu’il sait que la démarche personnelle vers la vérité doit être accompagné de la lecture, de la réflexion, personnelles mais tout autant de la découverte de la diversité, de l’échange des idées. Newman dénonce ainsi l’individualisme dans lequel s’enferment trop d’étudiants. Comme l’avait fait Tocqueville quelques années auparavant, Newman voit grandir la tentation de l’orgueil individuel : à chacun sa vérité. Une tentation qui trouve un terrain favorable dans un protestantisme mal conçu et mal vécu parce qu’il croit pouvoir se passer de toute intermédiation entre l’individu et Dieu. Or, Benoît XVI n’a cessé de condamner le relativisme : si chacun croit détenir sa propre vérité il n’y a pas de vérité. Et sans Vérité, il ne saurait y avoir de foi, il n’y a que l’enfermement sur soi-même, l’auto-religion. Croire seul n’est pas croire. Entre la négation de la religion et l’étouffement de la religion, quel est le pire ?

Voilà de quoi nous donner à réfléchir, n’est-ce pas ? Vous pressentez que nous sommes ici au cœur du problème du monde occidental, ou pour mieux dire du monde civilisé : nous ne pouvons faire l’impasse sur la foi, car toute nation, toute communauté, toute famille, a besoin de converger vers l’éternel et l’intemporel pour vivre dans l’harmonie et la paix. C’en est au point que Benoît XVI prévient les gouvernants : vous ne pouvez vous désintéresser de la foi, la religion et la politique ont des liens que vous ne pouvez ignorer.

En ce qui me concerne, et en ce qui concerne bien des amis aux côtés desquels je chemine, le combat pour la liberté est avant tout un acte de foi. Le libéralisme se décompose quand il n’est qu’utilitarisme. Le libéralisme se grandit quand il appelle les hommes à la recherche de la Vérité et de l’Amour. Voilà pourquoi Newman…

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

Editorial : L'école de la République
Actualité
:
Une grève tout à fait logique - L’avenir est-il à la confédération ?  - La discussion du budget 2018 est en marche
Connaissance du libéralisme :
Liberté et droit, la synthèse
Lu pour Vous


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...