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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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POURQUOI NEWMAN ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 27 Septembre 2010 01:00
 Université l www.libres.org

J’oublie un instant les débats contingents et consternants autour des retraites, du G20, des Roms, voire même des prises d’otages. En effet, je ne voudrais pas manquer l’occasion qui nous a été donnée de revenir à l’essentiel. Cette occasion, c’est la visite de Benoît XVI en Angleterre, une visite pensée et voulue pour prononcer la béatification de John Henry Newman (1801-1890). Mais pourquoi donc ?

Le cardinal Newman n’a pas été béatifié pour s’être converti au catholicisme, alors même qu’il était pasteur protestant et professeur à l’Université d’Oxford. Dans son autobiographie Apologia pro vita (1864) l’éminent prélat explique la continuité de sa démarche, l’aboutissement de sa recherche : vivre et enseigner dans l’univers exclusivement protestant de l’Université d’Oxford l’a naturellement porté vers le Catholicisme conçu non comme un substitut mais comme un achèvement. Il n’a pas trahi sa foi, il l’a élargie.

Et si l’on devait retirer une leçon de cette « conversion », c’est bien que le parcours vers la Vérité est un chemin qui nous est personnel, propre à chaque être humain « unique et irremplaçable ». Il est donc plus judicieux de voir en Newman un humaniste libéral.

Mais pourquoi Benoît XVI tenait-il tellement à reconnaître et faire connaître Newman ? C’est que les écrits et les paroles du cardinal ont aujourd’hui une résonance particulière. Il a prêché dans une Angleterre et dans une Université où la religion n’était plus qu’un vernis, parce que forte de ses succès économiques et politiques, l’Angleterre avait sombré dans le matérialisme à peine masqué par les rites et les traditions de l’Eglise anglicane. Voici ce qui nous ramène à l’actualité : nos pays traversent une crise de la foi.

Une des origines de la crise est certainement la formation de la jeunesse, et particulièrement  de celle qui constitue la soi-disant élite sociale. Chargé par le Pape de créer une Université Catholique en Irlande, John Henry Newman consacrera une série d’articles et de discours à ce qu’est réellement une université (The Idea of University - 1852). Professeur à Oxford pendant vingt ans, il a observé avec peine et révolte la façon dont on éduquait les étudiants : la religion se réduisait à l’assistance obligatoire aux offices, dont les étudiants s’échappaient pour boire et prendre du bon temps. Il n’y avait plus aucun enseignement de théologie, car on jugeait cette discipline incapable d’apporter la moindre connaissance, il ne saurait y avoir de connaissance que technique, et de science qu’appliquée. Les principes moraux et la quête personnelle de Dieu étaient oubliés depuis fort longtemps. Dans son projet d’installation d’une Université Catholique Newman a mis l’accent sur l’articulation nécessaire entre la connaissance et la religion. La connaissance, universelle et partagée, la religion, rayonnante et incarnée.

Dans son discours de Londres, Benoît XVI a insisté sur le caractère dramatique de la perte de la foi : « Pour qui regarde avec réalisme notre monde d’aujourd’hui, il est manifeste que les chrétiens ne peuvent plus se permettre de mener leurs affaires comme avant. Ils ne peuvent ignorer la profonde crise de la foi qui a ébranlé notre société, ni même être sûrs que le patrimoine des valeurs transmises par des siècles de chrétienté va continuer d’inspirer et de modeler l’avenir de notre société ». Une société sans repère, sans racines, est sûrement condamnée : l’avertissement de Newman est hélas d’actualité. Au lieu d’«irradier le Christ » (Newman), les chrétiens et les autres ne sont que des « cymbales », dans un monde toujours plus « bruyant et confus, où abondent les chemins erronés ne menant qu’à la déception et à l’illusion » (Benoît XVI).

Mais le chemin de la Vérité est-il si facile à trouver ? Newman se réfère ici à l’un des points forts de la théologie chrétienne : ce n’est qu’à travers les autres, avec les autres, que nous pouvons trouver le Christ, qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie ». Si Newman est un tel défenseur du véritable esprit universitaire, qui a déserté les universités protestantes de son époque, c’est parce qu’il sait que la démarche personnelle vers la vérité doit être accompagné de la lecture, de la réflexion, personnelles mais tout autant de la découverte de la diversité, de l’échange des idées. Newman dénonce ainsi l’individualisme dans lequel s’enferment trop d’étudiants. Comme l’avait fait Tocqueville quelques années auparavant, Newman voit grandir la tentation de l’orgueil individuel : à chacun sa vérité. Une tentation qui trouve un terrain favorable dans un protestantisme mal conçu et mal vécu parce qu’il croit pouvoir se passer de toute intermédiation entre l’individu et Dieu. Or, Benoît XVI n’a cessé de condamner le relativisme : si chacun croit détenir sa propre vérité il n’y a pas de vérité. Et sans Vérité, il ne saurait y avoir de foi, il n’y a que l’enfermement sur soi-même, l’auto-religion. Croire seul n’est pas croire. Entre la négation de la religion et l’étouffement de la religion, quel est le pire ?

Voilà de quoi nous donner à réfléchir, n’est-ce pas ? Vous pressentez que nous sommes ici au cœur du problème du monde occidental, ou pour mieux dire du monde civilisé : nous ne pouvons faire l’impasse sur la foi, car toute nation, toute communauté, toute famille, a besoin de converger vers l’éternel et l’intemporel pour vivre dans l’harmonie et la paix. C’en est au point que Benoît XVI prévient les gouvernants : vous ne pouvez vous désintéresser de la foi, la religion et la politique ont des liens que vous ne pouvez ignorer.

En ce qui me concerne, et en ce qui concerne bien des amis aux côtés desquels je chemine, le combat pour la liberté est avant tout un acte de foi. Le libéralisme se décompose quand il n’est qu’utilitarisme. Le libéralisme se grandit quand il appelle les hommes à la recherche de la Vérité et de l’Amour. Voilà pourquoi Newman…

 

Flashes du jour

Mise en examen de Pénélope Fillon

Fort heureusement, la mise en examen de Pénélope Fillon, à la suite d’une instruction « à charge » et d’une « célérité inhabituelle » (Me Cornut-Gentil) a eu peu d’écho puisque les médias ont été occupés à commenter : le choix de Valls, la lettre de divorce des Anglais avec l’UE, la défaite de la France face à l’Espagne.

 

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Manuel Valls votera Macron

(Bourdin, 8 :30) : ce n’est pas un ralliement (dont visiblement Macron déclare n’avoir rien à faire, il reste le « maître de l’horloge »), mais un devoir national pour barrer la route à Marine Le Pen.

 

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L’île de la Guyane

Macron a évoqué « l’île de Guyane » : ignorance ou lapsus ? A trop parler on finit par dire n’importe quoi. Voilà de quoi inspirer confiance !

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : L’illusionniste

Conjoncture : Le CAC à 5000 : reprise ou bulle ?

Actualité  :Angela Merkel ne sa laisse pas impressionner - Ecosse, Irlande : les dégâts collatéraux du Brexit - Quelles leçons des élections aux Pays-Bas ?

Spécial présidentielles  : La campagne serait-elle enfin commencée

Actualité libérale  : Davantage présents dans la campagne

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Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...