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Pourquoi la croissance de l’Etat ?

Au début du 20ème siècle, Adolph Wagner avait formulé une « loi économique » : les dépenses publiques occupent une proportion croissante du produit national. Une nation plus civilisée appelle un Etat plus dispendieux.

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LE MINISTRE ET L’ARCHEVÊQUE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 06 Septembre 2010 01:00
 BRICE HORTEFEUX l www.libres.org

Pour faire de l’humour à bon marché, j’écrivais la semaine dernière : « Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, nous permet de sortir de la crise sécuritaire en sortant les Roms ». Je m’en veux d’avoir cédé à la facilité, car l’affaire des Roms prend un tour qui mérite attention et réflexion depuis que les médias l’ont transformée en crise des relations entre l’Eglise catholique et la République Française.

Je ne veux pas m’attarder sur le comique des déclarations et des positions. Voir la gauche la plus gauchisante et la plus laïcarde se réclamer du Pape Benoît XVI naguère traîné dans la boue, c’est déjà assez piquant. Subir l’interview d’un prêtre ignoré de tous mais qui accède en quelques minutes à la célébrité pour avoir demandé au bon Dieu de terrasser le Président d’une crise cardiaque, cela relève de la farce. De tout cela, mieux vaut en rire qu’en pleurer.

Il y a ensuite, et c’est hélas moins drôle, la désinformation organisée par les médias pour démontrer que l’Eglise, Vatican et Episcopat français en tête, condamnait avec la dernière vigueur l’expulsion des Roms, et assimilait le sort de ces exilés à celui des juifs sous Hitler. Ici, les limites du tolérable et de la mauvaise foi ont été dépassées.

Laissons donc de côté hypocrisies et démences, et revenons aux choses sérieuses. Il n’est pas douteux que l’Eglise catholique a réagi aux mesures dites sécuritaires. Elles ont été notamment évoquées par le Pape Benoît XVI et Monseigneur VingtTrois, président de l’Episcopat français. Cette évocation a été assortie d’une mise en garde, d’un appel à la modération, et certainement pas d’une condamnation formelle et sans appel.

Je crois que cette mise en garde s’imposait, et s’impose toujours, pour plusieurs raisons.

La première raison, c’est que les Roms passent à juste titre pour des boucs émissaires. Ramener la politique sécuritaire à la traque de cette minorité, c’est oublier que ce qui se passe dans les banlieues n’est pas le fait des Roms, ni peut-être même des immigrés de fraîche date, mais bien souvent de jeunes déséduqués ou de criminels trafiquants, et de toutes origines.

La deuxième raison, c’est que les autorités publiques françaises semblent aborder le problème en termes de communautés. Or, la responsabilité collective est odieuse. Même si ceux qui troublent la paix et la vie des Français font étalage de leur appartenance à une communauté, s’en vantent et se croient tout permis, il n’est ni autorisé ni souhaitable de répondre à une agression communautaire par une répression communautaire. Les crimes sont toujours le fait d’individus, seuls ou en groupes, les châtiments doivent être de même. C’est sans doute le message le plus important que Benoît XVI a voulu faire passer dans son discours de Castelgandolfo.

La troisième raison tient au respect que l’on doit à tout être humain, fût-il coupable. Ce devoir d’humanité a été lui aussi rappelé par le Pape et les prélats. La tradition chrétienne veut qu’il y ait une juste proportion entre crime et châtiment. Cette proportion a-t-elle été oubliée ou négligée ? Ici, les condamnations des autorités de Bruxelles paraissent démesurées : il n’y a eu certainement ni violence, ni torture dans l’expulsion des Roms – les médias s’en seraient saisis avec délices. Faire passer la République Française pour un Etat tortionnaire est tout à fait exagéré. Cependant, et c’est sans doute un conseil prudentiel lancé par l’Eglise, la pente qui conduit de la politique sécuritaire à la dérive totalitaire est assez rapide. Quand on voit avec quelle vitesse et quelle ampleur notre Etat a multiplié les atteintes aux libertés individuelles et publiques au prétexte de veiller à toutes sortes de sécurités (sanitaire, alimentaire, routière) il y a de quoi s’inquiéter, et toute alarme sur le sort des droits individuels est bienvenue.

La quatrième raison est une antienne des libéraux : si à juste titre nous déplorons l’insécurité, si nous nous scandalisons des violences impunies, voire même couvertes par des juges qui incriminent et emprisonnent la victime et innocentent les agresseurs (comme cela est le cas dans l’affaire de Montpellier), nous devons aussi attaquer le mal à la racine, et le mal n’est autre que l’Etat Providence.

L’immigration ne peut être seule mise en cause. Comme des millions d’autres Français, je suis un descendant d’immigrés. Mais mes grands parents ne sont pas venus en France pour vivre aux crochets des Français, ils sont venus pour travailler à leur côté : il n’y avait ni redistribution ni Sécurité Sociale. Respecter la loi française ? Mais cette loi décrète le non-travail, le parasitisme, l’assistanat : les immigrés la respectent, ils connaissent bien « leurs droits », et avec eux d’autres millions de Français « de souche ». Ce sont tous ces privilèges, tous ces « droits acquis », toutes ces atteintes à la propriété et au mérite qui égarent les esprits, qu’ils soient ceux des uns ou des autres.

L’échec d’une certaine immigration n’est que l’échec de l’Etat Providence, qui a rendu impossible l’intégration dans la nation française de tous ces gens venus d’ailleurs. Deux espaces, deux occasions permettent de s’intégrer : l’école et le travail. Or, l’Education Nationale a lamentablement échoué ; elle a été incapable d’enseigner et de faire respecter les règles morales les plus élémentaires, qui sont pourtant de tous les pays civilisés : politesse, propreté, exactitude, respect, honnêteté. Quant au travail, il est déconsidéré, car on peut bien vivre du travail des autres. Le marché, l’entreprise, sont des machines à brasser les individus (et non pas à broyer les personnes, comme le disent marxistes et progressistes). Mais le marché et l’entreprise ne sont pas en honneur en France.

Faute d’intégration personnelle va naître progressivement l’agression communautaire : le refus de toute autorité publique au nom de l’appartenance à la minorité. Le communautarisme véhicule l’intolérance civique et le fanatisme religieux.

Violence et délinquance sont donc bien la rançon de l’Etat Providence, que l’Eglise a d’ailleurs condamné dans sa doctrine sociale, en particulier quand Jean Paul II fait le procès de « l’Etat de l’assistance » en indiquant que les êtres humains y perdent et leur liberté et leur dignité.

C’est en cela que l’Eglise et d’autres autorités morales, religieuses ou laïques, se devaient d’intervenir dans le débat : pour rappeler qu’il n’y a aucune sécurité quand règne la barbarie, et que par contraste la paix civile exige la civilisation, c'est-à-dire l’éducation et l’épanouissement des êtres humains. L’affaire des Roms aura été peut-être l’occasion d’y revenir.

 

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Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : Deux foyers majeurs d'irresponsabilité

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