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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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Pourquoi la croissance de l’Etat ?

Au début du 20ème siècle, Adolph Wagner avait formulé une « loi économique » : les dépenses publiques occupent une proportion croissante du produit national. Une nation plus civilisée appelle un Etat plus dispendieux.

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DIVISER POUR REGNER PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 14 Juin 2010 01:00
 Guillotine l www.libres.org

Il y a deux façons pour les gouvernants d’asseoir durablement leur pouvoir : ils peuvent diviser pour régner, ils peuvent travailler à la concorde.

Le débat sur les retraites prend aujourd’hui un tour qui à mon sens ne présage rien de bon, parce que le gouvernement, mais aussi des personnes de toutes origines et de toutes fonctions, abordent le problème en termes d’affrontement, de conflit d’intérêts et même de lutte des classes. A ce jeu, la France s’engage dans une sorte de conflit général, où tout le monde est contre tout le monde, au risque d’amorcer ainsi une guerre civile larvée, avant d’être déclarée. On cherche des solutions en opposant fonctionnaires et salariés du privé, riches et pauvres, jeunes et seniors.

On s’interdit ainsi de voir les vraies solutions, qui non seulement ne dépouilleraient pas les uns pour sauver les autres, mais permettraient à tous d’entrer dans un système avantageux pour tous, moins coûteux et plus efficace. 

J’admets naturellement que la charge budgétaire des fonctionnaires est devenue à plusieurs titres insupportable. Il n’est donc pas surprenant que dans tous les pays européens dont les finances publiques sont en crise, on s’efforce par priorité de contenir les dépenses publiques et, pour ce faire, de diminuer la masse salariale des administrations. Je le répète : il ne peut y avoir de réduction de la dépense publique sans réduction du secteur public, il faut désengager l’Etat d’un grand nombre d’activités dans lesquelles il s’est immiscé sans succès mais non sans gaspillages.  

Mais cela ne signifie pas que les fonctionnaires soient les responsables de la crise, ils n’ont fait que rechercher les privilèges attachés à la fonction publique, ce ne sont pas eux qui les ont inventés. Cela ne signifie pas non plus qu’ils doivent être réduits au chômage ou au déclassement. Les privatisations se sont avérées salutaires pour des millions de gens qui auparavant menaient une vie de ronds de cuir, avec des salaires médiocres et de maigres perspectives de promotion. Grâce aux économies budgétaires, des fonds ont été libérés, qui se sont portés sur des investissements productifs ; la croissance qui en a résulté a permis la création d’emplois et de pouvoir d’achat.

Aujourd’hui imaginer que l’on puisse rééquilibrer le système par répartition simplement en alignant les cotisations du public sur le privé est une pure fiction, tellement il y a d’écart entre les cotisations supplémentaires demandées aux fonctionnaires et la masse des déficits à combler.  

Encore plus ridicule l’idée de « faire payer les riches », que ce soit sous forme de suppression du bouclier fiscal, de la fusion de l’ISF avec l’impôt sur le revenu, avec une tranche supérieure très fortement taxée, ou toute autre invention. Ces mesures n’ont pour but véritable que de démontrer aux Français que la réforme est « juste ». Voilà une curieuse façon de concevoir la justice que de confisquer aux gens le fruit de leur travail, de leur épargne et de leur entreprise : quel crime ont-ils commis ? N’ont-ils pas contribué à la prospérité générale, même s’ils en ont retiré une aisance personnelle ? Il semblerait que pour beaucoup de gens l’économie ne soit qu’un jeu à somme nulle, où les uns gagneraient ce que perdraient les autres. Ainsi les ignorants confondent-ils l’économie avec le vol et la guerre alors qu’elle est contrat et harmonie. Pourtant à l’heure actuelle, le riche (sauf s’il est footballeur, ou chanteur, ou présentateur de télévision) est désigné à la vindicte populaire, on lui voue parfois une haine que l’on pouvait croire disparue avec la chute du communisme et des régimes bâtis sur la lutte des classes.

Certes une version édulcorée chère à nos dirigeants consiste à se référer à la « solidarité » : être riche emporte un devoir de solidarité. Mais la solidarité n’a de sens que volontaire, sinon elle n’est que spoliation. En fait l’égalité devant la loi disparaît avec cette discrimination naissante, il y aurait de quoi saisir la Halde.  

Enfin, le conflit des générations, latent avec le système par répartition, est un explosif dont on ne mesure encore que les premiers dégâts. Pour ne pas pénaliser les jeunes, en leur imposant des cotisations plus lourdes, on croit reporter tout le poids sur les seniors, en retardant l’âge d’une retraite légitime (parce que promise aux assurés et payée par eux). Mais les jeunes auront tout le poids de la dette sociale à supporter, elle représente une somme égale à celle de la dette publique (soit 25.000 euros par tête d’enfant à naître). On peut ainsi renvoyer la balle d’un « camp » à l’autre, et alternativement imputer la charge à l’une ou l’autre des générations. 

Tout cela est dangereux, mais aussi ahurissant.

C’est dangereux car s’instaure une dynamique de la lutte sociale : pour atténuer les protestations des fonctionnaires, on souligne les sacrifices imposés aux riches. Les riches devraient être contents puisqu’ils peuvent se venger enfin de ces affreux fonctionnaires. En fait les mécontentements et les haines, loin de se compenser, s’additionnent et plongent le pays dans la démarche sacrificielle : il faut trouver des boucs émissaires.

C’est ahurissant quand on sait qu’il y a un moyen qui a fait ses preuves pour mettre fin aux déséquilibres et incohérences du système actuel : abandonner le système. Mais pour le moment tout le monde aborde le débat avec l’idée de « sauver la répartition ». Cet aveuglement empêche d’étudier, ne serait-ce qu’un instant, les perspectives offertes par la capitalisation. A fortiori il interdit de s’intéresser aux modalités pratiques qui permettraient de gérer la transition de la répartition à la capitalisation.

J’ai l’impression de prêcher dans le désert, mais je me dois de dire la vérité, parce qu’elle est porteuse d’espoir : nous pouvons très bien changer le système, il suffit d’en avoir la volonté politique. La transition, c’est la fin de ce psychodrame social d’une réforme qui ne se fait pas. La transition c’est la sécurité retrouvée et pour les cotisants et pour les pensionnés. La transition c’est une chance de croissance de l’économie et de l’emploi qui tranche avec les illusions de la relance par les dépenses publiques.

Ceux qui règnent aujourd’hui, au lieu de diviser, devraient s’atteler à une réforme de nature à réconcilier tous les Français, les gens du public et du privé, les riches et les pauvres, les jeunes et les vieux.

Tel est du moins mon conseil, le conseil d’un pauvre vieux fonctionnaire retraité.

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


Editorial : 23 avril : fête de la Miséricorde

Conjoncture : Diminuer les charges sociales

Actualité  : Turquie : la dictature est en place - Trump contre Kim Jong-Un

Spécial présidentielles  : Pourquoi nous, économistes, soutenons Fillon - Fillon - Macron : comparaisons

Lu pour vous  : Sur le site libres.org : veille de campagne

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