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En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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DES HOMMES ET DES DIEUX PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 31 Mai 2010 01:00
 Debouze l www.libres.org

Le film de Xavier Beauvois « Des Hommes et des Dieux » n’a pas reçu la Palme d’Or du festival de Cannes, mais seulement un prix spécial du jury. Ce jury a sans doute voulu éviter de décerner la plus haute récompense à une œuvre tellement belle et profonde qu’elle révèle toute la médiocrité de la production cinématographique courante. On n’a pas le droit de séduire les esprits ni d’élever les âmes. Aujourd’hui les places d’honneur sont réservées à la violence, aux déviances et à l’idéologie.

Les médias ne s’y sont pas trompés, qui à quelques exceptions près, ont ourdi la conspiration du silence, et ont préféré fixer leur attention sur le chef d’œuvre présenté par la sélection algérienne « L’affaire Hors-la-loi » de Rachid Bouchareb. Nous y voici : la vertu dérange, le vice fait recette.

Le vice en l’occurrence n’est pas seulement cinématique. Il est politique. Et ce qui a été vu, et ce qui s’est dit à propos du massacre de Sétif s’inscrit dans une entreprise plus large de dénigrement de la France, de la colonisation, et d’apologie des barbares et des dictateurs. Certaines repentances sont déplacées et injustes. Mais aujourd’hui ne pas se repentir c’est se reconnaître coupable. Ainsi les députés algériens ont-ils demandé que la France soit condamnée pour les exactions, tortures et massacres commis par l’armée française pendant la guerre d’Algérie et a fortiori en 1945 quand l’insurrection « nationaliste » a déclenché une répression démesurée. Tel est précisément le thème du film dont tout le monde parle. Il n’est jamais question des atrocités commises par le FLN, ni du massacre d’Oran relaté avec précision et douleur par le Père Michel de Laparre « Journal d’un prêtre en Algérie », ni encore moins des 10.000 Pieds Noirs et 150.000 harkis arrêtés après « l’indépendance », internés dans des camps où régnaient tortures et sévices, puis finalement exécutés. En 2003 la République française (proposition Kerr) n’a pas osé raconter aux écoliers l’histoire de l’Algérie Française, en 2010 c’est la République algérienne qui se charge d’instruire notre belle jeunesse. Avec le charisme de Jamel Debbouze nul doute que la sérénité reviendra dans l’esprit des jeunes qui s’interrogent sur le passé.

Cette propagande sans borne, sans nuance, donne un prolongement dramatique à la grande campagne relancée aujourd’hui contre la colonisation. Comment interpréter les fastes et fêtes qui vont accompagner le cinquantième anniversaire de l’accession à l’indépendance des pays africains constituant jadis l’AOF et l’AEF ? Les armées de ces « jeunes nations » seraient, dit-on, invitées à défiler sur les Champs Elysées au 14 juillet prochain. Doit-on réellement se féliciter d’avoir livré des peuples entiers à la tyrannie et à la misère ? Doit-on y voir une forme nouvelle de repentance, pour tout le mal que les colonisateurs auraient fait dans ces anciens territoires et départements français ? Ou le signe de la pérennité de la France Afrique, ce parrainage douteux des dictatures, ce néocolonialisme d’Elf et de Thalès ?

Sans doute faut-il faire la part des choses. La colonisation s’est accompagnée d’erreurs, mais que sont-elles en comparaison des apports ? Les erreurs sont venues du mode de gouvernement de l’empire français. Trop de gouvernement, trop d’administrateurs, une élite africaine formée à l’Ecole de la France d’Outre Mer où les bienfaits de l’entreprise et du libre échange étaient sûrement inconnus. Trop d’empire, trop de protectionnisme tenant les colonies et la métropole elle-même à l’écart de la concurrence et de l’innovation, trop de politique avec le jeu savant d’alliances et d’équilibres entre communautés, et pas assez d’économie de marché, cette merveilleuse école d’intégration et d’ouverture où l’on apprend la complémentarité, la compréhension et la confiance.

Mais, d’un autre côté, que d’apports techniques, intellectuels, religieux ! Que de colons ayant fertilisé des terres arides, réalisé des équipements modernes, que d’écoles ouvertes ! Que de sacrifices de ces millions de gens chassés de chez eux par la guerre (comme les Alsaciens Lorrains), par la politique (les exilés de la commune, les saint-simoniens, les républicains espagnols), par la misère (les Ardéchois, les vignerons ruinés par le phylloxera). Comme des dizaines de milliers de jeunes métropolitains, j’ai découvert l’Algérie heureuse, j’ai fréquenté l’université d’Alger, avec une école de médecine mondialement réputée, avec une faculté de droit accueillant les majors de chaque concours d’agrégation. En Kabylie, parmi les élèves reçus au brevet élémentaires, pour un candidat issu de famille européenne, il y avait quarante candidats kabyles ; on nous fait croire que la France avait favorisé l’analphabétisme.

Mais je dois arrêter mes révoltes et mes jérémiades. Je dois revenir à « la grâce de Tibhirine », à cette lumière mystérieuse qui a éclairé le tournage de ce film consacré au martyre des moines cisterciens de Tibhirine, et dont le Père Quinson, qui avait appartenu à la communauté, a été le guide intellectuel et spirituel. Cette même lumière saisit le spectateur, vous pourrez vous en persuader vous-mêmes en allant voir Lambert Wilson et Michael Longsdale, et en conclure, comme dans ce commentaire d’Emmanuel Barbier (Sedcontra.fr) : « [Les moines] ont voulu rester. Témoigner d’une présence. Maintenir le flambeau de la charité chrétienne dans le déchaînement des haines et des violences fratricides. Continuer simplement d’être eux-mêmes, sans provocation, à travers le service des pauvres et le chant des offices du jour et de la nuit, le chant de l’amour chrétien. Pour l’amour de Dieu, des vertus supérieures de leur Ordre, et de leurs frères musulmans d’Algérie… Si Cannes a retenu son souffle, en les voyant revivre à l’écran, c’est qu’aucune âme n’est jamais morte au seul message du Christ, et que sa grâce encore peut pénétrer partout ».

 

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