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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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L’IMPASSE EUROPÉENNE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 17 Mai 2010 01:00
 Radeau

Tournant historique, Victoire de l’union, Solidarité européenne : l’accord financier intervenu dimanche dernier entre les chefs d’Etat des Vingt Sept a été salué comme une avancée décisive dans la construction d’une nouvelle Europe.

Je ne suis pas un fanatique de cette construction, mes préférences sont toujours allées vers une Europe espace, une Europe sans frontière, plutôt que vers une Europe puissance, un Etat centralisé et dirigiste. Mais je crois que les constructivistes se font beaucoup d’illusions, car ledit accord financier va déboucher sans doute sur une double impasse : économique et politique.

Du point de vue économique, que vient-il de se passer ? Les Européens ont mis en place un système destiné à sauver l’euro, et à éviter la faillite de quelques pays de l’Euroland. Il s’agit d’une promesse de coopération monétaire, dont l’histoire nous apprend qu’elle ne peut être tenue à plus ou moins long terme.

En 1873 les pays de l’Union Latine (France, Italie, Espagne, Suisse, Belgique) avaient voulu sauver le bimétallisme (à cette époque l’usage simultané d’or et d’argent comme métaux de référence ne résistait plus aux variations de la valeur marchande respective des deux métaux). Quelques années plus tard, c’était l’échec total et l’argent sera définitivement démonétisé (sauf aux Etats-Unis). Entre les deux guerres, au lieu de retourner à l’étalon-or, un nouvel accord international (Gênes 1922) créait le système d’étalon change-or (gold exchange standard) fondé sur une fiction : la devise-or vaut l’or. Certains pays étaient autorisés à définir leur monnaie par une parité fixe à l’une des devises-or (la livre sterling, le franc français et le dollar américain). Mais les piliers du régime se sont effondrés ; la France, l’Angleterre et les Etats-Unis ont dévalué leurs monnaies qui auraient dû rester « fixes ». Le scénario se reproduit en 1945 avec les accords de Bretton Woods qui créent le Fonds Monétaire International en même temps que le système de gold exchange se fonde sur le dollar, seule monnaie rattachée à l’or par une parité fixe (35 dollars l’once). Hélas le dollar va à son tour s’effondrer et avec lui en août 1971 le système entier, tournant définitivement la page des changes fixes et de la coopération internationale pour ouvrir celle des changes variables et de la concurrence monétaire.

Les Européens, toujours réticents à l’égard des marchés des changes, ont essayé de se donner un système de coopération en créant successivement le système monétaire européen (avec le serpent), puis l’écu (European Currency Unit) qui perdra toute signification après les dévaluations du franc français dues au tandem Mauroy-Delors.

L’euro a été conçu suivant un principe nouveau : les monnaies nationales disparaissent, et une monnaie unique est confiée à une Banque Centrale Européenne indépendante des pouvoirs politiques, tant nationaux qu’européens. Aujourd’hui, l’euro est dans la tourmente, et pour en sortir les Européens prennent deux dispositions : d’un côté ils violent l’indépendance de la BCE et l’obligent à émettre de la monnaie fondée sur des créances plus que douteuses, accumulant ainsi tous les germes inflationnistes, d’un autre côté, ils créent un Fonds Monétaire Européen sur le modèle du FMI, par apport de capitaux dont on se demande d’où ils viendront puisque les principaux « sauveteurs », mise à part l’Allemagne, sont eux-mêmes menacés de noyade.

Pour conclure sur ce point, les accords de coopération monétaire ont toujours échoué parce qu’ils sont passés entre Etats qui sont unanimes quand il n’y a aucun problème, mais se séparent et reprennent leur souveraineté nationale dès que cela les arrange.

L’impasse politique est tout aussi certaine que l’impasse économique. Car il y a la façade, faite des déclarations apaisantes voire enthousiastes des dirigeants politiques, et la réalité, qui est celle de très profondes dissensions entre les Etats. Elles ont été étouffées le temps d’un dimanche, mais n’ont pas fondamentalement disparu. La plus visible est celle entre l’Allemagne et la France, dissension entre l’Europe de la rigueur budgétaire et monétaire et celle du laisser aller généralisé. L’amicale pression de Nicolas Sarkozy et Barak Obama sur la Chancelière n’a pas manqué de piquant, puisque Etats-Unis et France ont été les chantres des déficits budgétaires massifs pour financer le « stimulus » de la « relance », et qu’ils implorent maintenant la fourmi allemande d’écouter le chant des cigales. Mais Angela Merkel a déjà payé la facture, ses électeurs hostiles au sauvetage de l’euro ont fait basculer la majorité du Bundesrat, et l’alliance avec les libéraux est très menacée. Les Britanniques se sont retirés du jeu, ils ont d’ailleurs bien du mal à régler leur problème de gouvernement, Gordon Brown s’accrochant au 10 Dawning Street, et les travaillistes pouvant demeurer au pouvoir alors que les électeurs avaient choisi les conservateurs. Au sein de l’Union la fracture entre Euroland et les autres est toujours très visible. Et au sein même de l’Euroland les pays du Nord ne sont pas heureux de voir leur équilibre économique menacé par le laxisme des pays du « Club Med ». Il est vrai que la France a une place privilégiée : moins laxiste que la Grèce, mais moins vertueuse que l’Allemagne, la France peut contribuer aux 700 milliards constituant le Fonds Européen en se disant qu’elle ne manquera pas d’en bénéficier bientôt.

Je ne voudrais pas conclure sur ces pronostics négatifs et pessimistes. Il y a quelque chose de bon dans ce qui vient de se passer. La preuve est faite que la construction d’une Europe politiquement unifiée est un danger, mais aussi une illusion. Il n’y a désormais que deux issues : ou la fuite en avant et la pire des crises que les pays européens auraient connue depuis cinquante ans, ou bien le retour à la discipline budgétaire et monétaire dans chaque pays, le recul de l’Etat au niveau national et l’abandon de la chimère d’un Etat européen.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

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