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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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L’économie mathématique

Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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LES EOLIENNES PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 10 Mai 2010 01:00
 Eoliennes

Elles sont le symbole de la classe politique française actuelle. Elles brassent du vent pour rien. Elles tournent avec le vent, comme les girouettes. Elles coûtent cher. Elles permettent à quelques-uns de s’en mettre plein les poches. Elles détruisent les paysages, le patrimoine. Elles seraient même dangereuses. Bref, elles ont tout pour plaire.

A ces vertus reconnues, s’en ajoute une nouvelle, révélée par le débat mardi dernier à l’Assemblée Nationale : elles sont toujours là, même quand il y aurait de bonnes raisons de les jeter aux oubliettes – autre vertu des politiciens.

Nous voici entrés dans cette farce appelée Grenelle II. Mais Grenelle n’est plus ce que c’était. Certes les acteurs n’ont pas changé, le casting a fait ses preuves : Borloo, NKS, puis Jouano, Hulot, Duflo, et tout ce petit peuple du monde associatif qui se dévoue pour sauver la planète et stopper la croissance économique. Certes les décors de la pièce sont les mêmes : on parle sur fond de principe de précaution, réchauffement climatique, pollution croissante, énergies fossiles épuisées, espèces en voie de disparition (seuls les crétins sont assurés de la survie).

Il y a encore de beaux restes. Le vert et bleu, lignes de couleur inscrites sur la carte de France, délimiteront des espaces « protégés » contre les autoroutes, l’urbanisation, l’implantation d’entreprises, afin que les espèces rares puissent circuler sans crainte, comme dans les crapodromes. Ces espaces pour espèces seront naturellement définis par les associations compétentes, qui déchargeront ainsi de cette mission délicate notre administration surchargée.

Autre reste, sûrement en développement durable : les normes BBC (Bâtiment à basse consommation) qui permettent à Bercy de supprimer la niche fiscale des intérêts d’emprunts destinés à construire ou rénover des habitations, et qui créent donc une charge fiscale et une multitude de réglementations et de contrôles bureaucratiques en pleine crise du logement.

Mais, par comparaison, quels reculs et quelles déceptions par rapport à Grenelle I ! Tout ce que la France compte d’esprits encore verts s’en lamente, en rappelant que le Président de la République avait fait de Grenelle la grande affaire de son quinquennat, et présenté la taxe carbone comme aussi salutaire et humaniste que l’abolition de la peine de mort. Exit la taxe carbone, l’étiquetage environnemental, l’écotaxe sur les poids lourds, l’interdiction des camions de 44 tonnes pour le transport des produits agricoles. Quant au bonus-malus pour les automobiles économes ou dispendieuses en CO2, et aux subventions pour les véhicules électriques, les contraintes budgétaires leur ôtent tout avenir durable.

C’est que les choses ont quelque peu évolué depuis Grenelle I. Tout d’abord freiner la croissance économique en période de récession est une mesure dangereuse. Ensuite le principe de précaution est de plus en plus contesté, et les climato-sceptiques ont rendu l’espoir aux gens apeurés par le soi-disant réchauffement. Enfin l’ouverture à l’écologie n’a pas eu les résultats électoraux attendus, tout au contraire : une partie des électeurs de la majorité présidentielle, irrités par l’irruption écologique, ont fait défaut, tandis qu’aucune voix nouvelle n’est venue de ces électeurs de religion écologiste, estimant que pour faire une politique écologique il vaut mieux élire des verts.

Et les éoliennes ? Miraculeusement elles ont sauvé leurs pales.

Peut-être pas pour longtemps, mais la victoire remportée mardi est malgré tout significative de la façon dont le pouvoir est exercé dans notre pays. Tout plaidait en faveur de leur mise au placard. Patrick Ollier, président de la Commission Economique de l’Assemblée Nationale avait déposé un rapport réduisant en pratique de 80% les installations d’éoliennes. Le matin même du vote, Jean Louis Borloo acceptait cette restriction, en expliquant que désormais l’implantation des éoliennes ne se ferait plus au hasard des municipalités et des propriétaires de terrains désireux de toucher le pactole (puisque l’Etat finance grassement ceux qui plantent des éoliennes plutôt que des céréales), mais de façon ordonnée, en regroupant les belles girouettes dans ce que l’on appelle désormais des « fermes éoliennes », belle expression qui donne de ces ferrailles une image bucolique. On n’a pas encore utilisé toute la richesse du concept ; les Français devraient réaliser que traire les éoliennes en électricité est aussi sympathiquement rural que traire les vaches de leur lait (attention au prix !), et je suggère qu’on parle de « quotas d’électricité » pour chaque ferme au lieu de recourir à des mesures en kilowatt, unité qui évoque l’industrie dramatiquement polluante. Je me suis d’ailleurs laissé dire que certaines « fermes » ont été subventionnées par la politique agricole commune !

Tout cela n’a pas résisté à la pression du Syndicat des Energies Renouvelables (SER), s’unissant pour la noble cause avec les associations écologiques et les leaders syndicaux incontournables. Cela nous a valu de pleines pages de publicité dans la presse quotidienne. « Ne sacrifions pas une filière énergétique respectueuse de l’environnement et créatrice d’emplois ». Au bas de la page quantité de logos de partenaires, comme Greenpeace, la CFDT, et naturellement le SER, dont sans doute l’un des principaux adhérents est Veolia. Qui a payé la publicité ? Je me le demande. L’argument majeur est l’existence de 10.000 emplois, qui deviendront peut-être 90.000 dans un proche avenir. Jean Louis Borloo est plus catégorique : si la France investit 400 milliards d’euros, on créera 600.000 emplois. Un rapide calcul met l’emploi à 666.666 euros, ce qui fait cher, mais ce qui confirme le résultat d’une étude faite en Espagne qui conclut qu’un emploi « vert » détruit 2,5 emplois « classiques ».

Nous vivons en tout cas dans un pays vraiment démocratique, où les élus ne tiennent jamais leurs promesses électorales, et où ils s’inclinent (jusqu’à s’aplatir) devant les manifestations, les pressions prévaricatrices, les mensonges, et la terreur intellectuelle. Des députés, pourquoi faire ? Du vent, toujours du vent…

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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