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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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LA CHINE EN VITRINE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 03 Mai 2010 01:00
 Shangaï

C’est aujourd’hui 1er Mai que s’ouvre l’Exposition Universelle organisée à Shanghai par la Chine Populaire. Les Chinois ont tenu à donner un relief particulier à cette manifestation, qui doit confirmer le rang de leur pays parmi les grandes puissances de ce monde, capable de rivaliser sur le plan économique avec les Etats-Unis, le Japon et l’Europe.

Ils ont sans doute raison : devenue première exportatrice mondiale, un titre qu’elle a arraché à l’Allemagne, et forte d’un taux de croissance qui prouve qu’elle a effacé toute trace de crise, la Chine connaît une réussite exceptionnelle. Comme l’indique dans sa chronique Jean Yves Naudet, les pays dits « riches » devraient tirer les leçons de ce succès, et s’interroger sur leurs propres faiblesses face à la puissance des pays émergents.  

La leçon principale est qu’il existe des lois économiques universelles et intemporelles, et rencontrent le succès les pays et les gens qui les respectent.

La loi économique de base est que la richesse ne vient ni du sol, ni de la technique, ni du gouvernement, mais seulement de la production de services rendus à la communauté. Savoir ce que désirent les autres, et répondre à leurs attentes en proposant des biens matériels ou des prestations immatérielles d’une qualité et d’un prix qui conviennent : voilà ce qu’est le premier acte de la création économique, voilà le rôle de l’entrepreneur.

Cette première loi prend son sens à la lumière de la seconde : c’est l’échange de services qui donne de la valeur à la création, ce n’est ni le travail, ni le capital, ni la monnaie. Pour acheter les services des autres, chacun doit rendre service aux autres et en être rémunéré. Le pouvoir d’achat résulte des services échangés. Il est donc nécessaire d’avoir un espace d’échange le plus large possible pour augmenter les chances de trouver quelque partenaire dans la transaction.

La troisième loi est celle de la liberté d’initiative, d’entreprise, et de contrat : car le réseau d’échanges mutuels ne peut se développer que si nul obstacle, nulle coercition ne le perturbe.

La Chine, comme la plupart des pays émergents, a respecté ces lois depuis au moins deux décennies. Les Chinois ont libéralisé leur économie en substituant l’entreprise privée au collectivisme et en respectant le droit de propriété. Les Chinois ont toujours marqué leur attachement au libre échange mondial et à la concurrence. Les Chinois ont le sens de l’innovation, et ne cessent de prospecter les marchés mondiaux pour trouver des débouchés Jusque là, le succès économique de la Chine est donc bien celui du capitalisme, de la concurrence, de la mondialisation. 

Pour autant, peut-on parler d’un « modèle chinois » ? Ce n’est certainement pas le cas, pour deux raisons. La première, c’est que des pans entiers de l’économie chinoise sont à l’écart de la croissance et du développement : le collectivisme et la loi du Parti sont toujours de règle dans les campagnes, où vivent plus des deux tiers de la population, et la liberté économique est toujours affaiblie par l’absence de liberté politique.

La deuxième, et la plus importante, c’est qu’il y a la face cachée de la puissance chinoise. Shanghai est une vitrine, tout y est séduisant, mais à l’intérieur de la boutique les réalités sont moins belles. Les Chinois sont les rois du spectacle et de la mise en scène. 

La réalité chinoise, c’est évidemment le régime tyrannique, qui ignore les droits de l’homme, les libertés publiques, et le droit du peuple tibétain à disposer d’eux-mêmes. Les Occidentaux ne se risquent guère à en parler officiellement, et notre Président va renouer des relations cordiales avec Pékin en reniant les réserves que la France avait pu faire sur ce sujet, et en s’excusant pour avoir reçu le Dalaï Lama.

La réalité chinoise, c’est aussi une diplomatie pour le moins ambiguë, et qui semble dangereuse pour le monde libre. A cause de la rapidité de leur croissance, les Chinois sont doublement tributaires de l’étranger ; d’une part ils veulent conquérir les marchés eux aussi émergents, comme ceux de l’Afrique ou de l’Amérique Latine, d’autre part ils ont besoin d’être approvisionnés à bon compte en énergie, et pour l’instant en pétrole. Le résultat en est un jeu d’alliances et d’implantations plus ou moins troublant.

Les Chinois veulent supplanter les Américains en Amérique Latine pour assurer leurs importations de pétrole. Ils sont devenus les amis d’Hugo Chavez, le communiste enragé qui fait du Vénézuela la base arrière des trafiquants de drogue et le cœur de la guerre politique contre Washington. Ils entretiennent les meilleures relations avec Lula, et le Brésil les intéresse à la fois comme débouché et comme source de matières premières.

En Afrique les Chinois commencent à coloniser, et très vite, un certain nombre de pays dont le sous-sol est particulièrement riche. Leur implantation en Algérie ou au Nigéria est spectaculaire.

Enfin et non le moindre, les relations sont les meilleures avec l’Iran d’Ahmadinejab, qui lui fournit près de 20% de son pétrole. Quant au grand voisin russe, le rapprochement s’amorce progressivement pour les mêmes raisons : gaz et pétrole.

C’est dire qu’il faudrait faire taire certains enthousiasmes sur la participation de la Chine au bien-être mondial. Si les Chinois, comme les autres pays émergents, peuvent concourir à la sortie de crise, et si le centre économique et financier se déplace vers le Pacifique, les Chinois ne renoncent en rien à leur expansionnisme politique, et se retrouvent souvent du côté des tyrans et des régimes liberticides, qui constituent un danger pour la paix mondiale.

Sans doute la prospérité économique peut-elle réveiller quelques traits millénaires de la culture chinoise : l’aptitude et le goût du commerce, l’importance de la famille et de l’enseignement, le culte du travail bien fait. A terme, ce second réveil de la Chine pourrait changer la donne. Mais pour l’instant le peuple chinois reste tributaire d’un pouvoir absolu, cynique et dangereux. Il faut donc s’astreindre à ne pas voir que la vitrine.

 

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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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