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« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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L’économie mathématique

Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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CATASTROPHES NATURELLES PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 08 Mars 2010 01:00
 Giboulées

Elles s’enchaînent depuis quelques années, les drames s’accélèrent ces dernières semaines : après le tsunami, l’ouragan Katrina, le tremblement de terre de Sechouan, voici Haïti, le Chili, et notre Aiguillon sur Mer. Ces catastrophes ont multiplié victimes, dégâts, déchirements et désolations. Elles ont aussi été l’occasion du meilleur, la solidarité, et du pire, les pillages. Pour avoir rencontré quelques amis très proches qui s’étaient immédiatement rendus à Haïti, j’ai senti dans quel état de misère physique et morale se sont trouvés tous ces gens que le malheur a brisés, mais j’ai appris aussi de quels gestes extraordinaires de dévouement et de compassion étaient capables ces populations qui souvent n’avaient plus ni famille ni maison, mais qui pensaient encore aux autres.

Ces temps dramatiques des catastrophes naturelles sont aussi des temps forts de l’humanité. On vit hélas le même paradoxe dans les périodes de guerre. Notre humain ne veut pas s’arrêter à la peur ni à la douleur.

Ces temps dramatiques nous incitent peut-être à approfondir les relations entre l’homme et la nature, et il en est bien besoin, me semble-t-il, dans cette période curieuse où l’on bascule si facilement du point de vue des volontaristes à celui des fatalistes. Les volontaristes pensent qu’il suffit de prendre les précautions voulues pour éviter les catastrophes naturelles. Les fatalistes pensent que l’homme est impuissant devant la nature. Or, ces deux positions me semblent à la fois incohérentes et extrêmes.  

La position des volontaristes est incohérente. D’une part, ils estiment qu’une bonne politique peut éviter les catastrophes dont nous menace la nature. Mais d’autre part, ils soutiennent que les catastrophes sont le résultat de l’action des hommes.

Ainsi les écologistes, tenants du réchauffement climatique, veulent-ils imposer une coordination mondiale pour limiter les émissions de CO2, - certains d’entre eux vont même jusqu’à passer certaines récentes catastrophes au débit du réchauffement ! Ils ont donc convaincu les dirigeants de certains pays, dont le nôtre, de la nécessité du « principe de précaution ». Dans ce dialogue entre l’homme et la nature, l’homme est agresseur, la nature agressée. Mais comment l’homme, doté de puissance destructrice, serait-il capable de concevoir et d’appliquer une politique salvatrice ? L’homme finit par devenir, aux yeux de certains, le subordonné de la déesse Gaïa.

Pour ne pas être écologistes, d’autres sont persuadés que la précaution peut nous mettre à l’abri de la plupart des catastrophes. Ainsi entendent-ils réglementer l’activité humaine : contrôler plus sévèrement l’urbanisme et l’occupation des sols, définir de nouvelles normes pour les équipements collectifs, ainsi de suite. Mais, comme on l’a vu à propos de la pandémie, les excès de précaution coûtent cher, et le danger vient souvent du côté où on ne l’attendait pas. Il est toujours facile, et c’est un des sports favoris dans notre pays, de refaire l’histoire, et de rechercher des responsables, sinon des coupables. 

Alors il est tentant d’en venir à la position des fatalistes. Des catastrophes, il y en a toujours eu, et d’ailleurs ne sont-elles pas inscrites dans la nature, comme leur nom l’indique ? On a toujours connu des hivers plus froids que jamais, des étés plus torrides, des marées plus hautes. Il y a toujours eu de bonnes et de mauvaises récoltes, des années fastes et néfastes. Cela n’a pas empêché les hommes de progresser. A mon sens, il y a quelque sagesse dans ce fatalisme, mais aller jusqu’à suggérer que l’action humaine est impuissante face aux catastrophes naturelles, et jusqu’à admettre la totale soumission de l’homme à la nature, me semble exagéré.  

Dans les deux positions, la fataliste et la volontariste, c’est la mesure et la nature de l’être humain qui me paraissent mal jugées. Je crois que l’homme est assez intelligent pour s’adapter aux catastrophes, mais pas assez pour les éviter. Les uns lui attribuent trop de pouvoir, les autres pas assez.

Dans son tout dernier ouvrage, Hayek a dénoncé « la présomption fatale ». Il s’est élevé contre cette prétention de l’esprit humain à vouloir maîtriser et planifier le futur. Cela participe d’un orgueil fondamental, sans doute miroir du péché originel. C’est aussi une atteinte à la logique de l’action humaine : l’interaction humaine modifie sans cesse les données de ce futur. Hayek n’a cessé de lutter contre le scientisme, cette prétention des hommes de science de construire un avenir parfait, incluant une société et une nature parfaites. Chez Fourier, la construction de la société parfaite avait des conséquences naturelles assez impressionnantes : les hommes vivraient jusqu’à 144 ans, il y aurait des anti-lions et des anti-requins et, divine prophétie, « les pôles se réchaufferont ». Je pense que vous aurez fait le rapprochement avec les pseudo-savants du GIEC, qui comme Fourier, sont surtout des ennemis de la liberté. Aujourd’hui, il nous faut donc retrouver quelque humilité et quelque réalisme.

Devrait-on pour autant verser dans l’impuissance ?

L’homme est « notre dernière ressource » disait Julian Simon. La foi dans l’homme n’est pas de nature à renverser les montagnes, mais elle autorise à garder l’espoir – qui a abandonné les fatalistes. La prescription de la Genèse était bien claire : « Dominez la terre ». Entre l’homme et la nature, la hiérarchie a été ainsi établie, n’en déplaise aux grands prêtres de la déesse Gaïa et à ceux qui se sont rebellés depuis quelque temps contre l’instinct de destruction, l’esprit de domination qui aurait conduit l’humanité à mépriser la nature. Dominer n’est pas mépriser. Dominer c’est aussi prend soin de son bien, comme le maître, le propriétaire.

Sans doute la marge de manœuvre des hommes face aux catastrophes naturelles est-elle faible. Dans l’état actuel de nos connaissances et de nos techniques, nous avons sans doute plus de chance de nous protéger contre des inondations, des feux de forêt que contre des tremblements de terre et des ouragans. Mais les catastrophes non évitables existeront toujours. On pourra peut-être un jour en prévoir la venue. Mais dès aujourd’hui, nous pouvons faire beaucoup. Les hommes ont les moyens de réagir sur le champ, en améliorant les secours immédiats et en apportant toute leur aide et leur sollicitude. Ils peuvent aussi, à plus long terme, s’instruire de l’expérience, et découvrir techniques et procédés. Le progrès fait ainsi son chemin : d’un drame à l’autre, mais aussi d’un bonheur à l’autre.

Puissions nous tirer de ces catastrophes naturelles une leçon de sagesse, un supplément d’âme, et laisser de côté les marchands de peur, les bienfaiteurs de l’humanité, et les malthusiens. N’oublions pas non plus que les pires catastrophes du siècle dernier ont été des catastrophes humaines.

 

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


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