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Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

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LE TEMPS DU CARNAVAL PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 22 Février 2010 01:00
 Carnaval

Mardi Gras est passé, la chrétienté entre en Carême, le temps du carnaval se termine. 

Le carnaval a quelque chose de fascinant. C’est une fête, marquée par l’insouciance et la folie : tout semble permis. C’est une fête masquée, qui autorise l’anonymat, l’irresponsabilité : l’impunité est garantie. Par contraste c’est une fête brillante, où il est fait étalage de la beauté, avec masques sophistiqués, costumes dorés et plumes colorées : l’important est de paraître. Mais c’est aussi une fête éphémère : elle est le chant du cygne, la dernière récréation que les carnavaliers s’autorisent avant de plonger dans un carême qui a pour objectifs de retrouver le chemin du salut, de changer les comportements et les cœurs afin de parvenir à la plénitude de sa foi, de son espérance et de sa charité.

Le carnaval est donc plus qu’un symbole : il fait partie de la réalité humaine. Il correspond au processus d’essais et d’erreurs à travers lequel progressent la connaissance et le progrès qu’elle induit.  

Il est aisé de voir dans le carnaval le reflet de la société politique française.

En France, c’est la fête. L’Etat vit au dessus de ses moyens. Qu’importent les déficits, qu’importe la dette. Les lycéens jouent du couteau. Les enseignants font valoir leur « droit de retrait » : c’est n’importe quoi. Les usines sont occupées, les dirigeants séquestrés : banalité. Les syndicats sont autorisés à bloquer la vie du pays. Dans la rue et à la télé, les drapeaux sont rouges et frappés du sigle de la CGT, à qui tout est réellement permis. On se régale des impôts sur les riches, des bonus confisqués. On dévore de l’ultralibéralisme, du mondialisme, du capitalisme : un vrai festin pour les gastronomes marxistes. On taxe le carbone, on sauve la planète, les petits oiseaux, les fleurs : fête champêtre. 

La fête française est masquée. L’administration est un haut lieu d’irresponsabilité. Le budget est un document incompréhensible, les déficits votés ne sont jamais ceux qui apparaissent en fin d’année ; il est plus facile d’annoncer 50 milliards et de faire 145. Les comptes de la Sécurité Sociale sont d’une totale opacité, les déficits y sont connus à 20 milliards près, les transferts d’un régime à l’autre sont permanents, on bouche un trou en creusant un autre. La feuille de paie cache la vraie valeur du travail du salarié. Les salariés ne savent pas ce que leur coûte la protection sociale « à la française », qui a le masque de la générosité mais la consistance de l’insolvabilité et de l’injustice. La Cour des Comptes n’arrive pas à se procurer les chiffres nécessaires au contrôle de la Sécurité Sociale, ni des ministères, établissements publics et entreprises d’Etat. Les compétences des collectivités locales sont imbriquées, et on ne sait qui fait quoi, qui doit faire quoi. Machine bureaucratique, centralisée et incontrôlée : telle apparaît l’organisation politique et administrative de la France. 

Pourtant la fête est brillante. Les dirigeants de la majorité et de l’opposition excellent dans l’art de paraître. L’activité débordante du Président donne le tournis, et persuade le peuple qu’il n’y a jamais eu autant de réformes dans l’histoire de la France. Pourtant rien ne change ni dans les relations sociales, ni dans l’Education nationale, ni dans les dépenses de l’Etat, ni dans les retraites ni dans l’assurance maladie. Des mesurettes passent pour des révolutions. Les effets d’annonce se multiplient. Les promesses sont incohérentes ou utopiques, mais l’essentiel est d’impressionner le chaland. Hommes politiques, syndicalistes sont contents d’eux. Ce ne sont pas des gens de convictions, mais des rois de la communication. Ainsi persuade-t-on le bon peuple de la grandeur de la France, du rôle déterminant qu’elle joue : c’est elle qui provoque et dirige le G 20, c’est elle qui dirige l’Europe avec un modeste second à Berlin. C’est elle qui a le mieux maîtrisé la crise, qui a la meilleure croissance et le moindre chômage. C’est elle qui mène la campagne contre les paradis fiscaux, contre les financiers et les banquiers. C’est elle qui met de la morale là où il n’y a que de la corruption et de l’âpreté au gain.  

Combien de temps va-t-on ainsi continuer à faire la fête ?

Les flons flons s’éloignent, les allées naguère pleines de drapeaux, de militants, commencent à se vider, le char de l’Etat fait de carton pâte s’affaisse aux premières pluies.

« L’Etat français est en faillite » avait diagnostiqué avec lucidité et courage François Fillon au tout début de son arrivée à Matignon. La situation de nos finances publiques, de notre fonction publique, de notre ordre public, de notre éducation publique, n’a fait qu’empirer depuis lors. Aujourd’hui l’Etat français, naguère roi du Carnaval, a perdu tout crédit, toute maîtrise mais il veut toujours faire illusion.  

Dans la plupart des pays, peut-être même aux Etats-Unis, où le carnaval Obama n’a rien eu à envier à celui de Rio, on a compris que la fête est finie, que le temps du carnaval est révolu, et qu’il faut se mettre en Carême. C’est d’ailleurs ce que les Européens ont exigé des Grecs pour leur tendre une main secourable. Mais la plupart des pays de l’Union, bien ou mal portants, se décident enfin eux-mêmes à revoir de fond en comble leurs propres politiques. Pendant combien de temps serons-nous bernés par « l’exception française », et allons-nous continuer à nous amuser comme des fous, tandis que les autres exorcisent leurs vieux démons dirigistes ?

 L’Etat doit se mettre au régime : réduire ses dépenses et pour cela réduire ses interventions – c’est la seule recette pour des « économies durables ». Les prélèvements obligatoires doivent en conséquence diminuer drastiquement. Les gouvernants et les élus doivent cesser de réglementer, de multiplier les entraves à la libre entreprise et au libre échange. Les contestataires professionnels doivent être désormais responsables de leurs chantages, de leurs violences, et leurs privilèges doivent disparaître. La fonction publique doit être remise au service du public. Le monopole de la Sécurité Sociale doit laisser place à la libre concurrence pour les assurances maladie et les retraites.

Ce carême sera utopie si les esprits et les comportements ne changent pas. Certains dans le pays continuent à se croire au carnaval alors que la fête est finie depuis longtemps ; ils obligent ainsi le reste de la population à sacrifier son présent mais aussi son avenir et celui des enfants. Il faut les faire descendre de leurs chars, et les amener à remettre les pieds sur terre. Après des périodes d’égarement, il y a quelque joie à renouer avec la réalité et la vérité, à retrouver une « force tranquille ». Offrons cette joie à nos derniers fêtards.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

Editorial : L'école de la République
Actualité
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Connaissance du libéralisme :
Liberté et droit, la synthèse
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