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Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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IRAN : ALERTE A LA BARBARIE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 15 Février 2010 01:00
 Iran

Les soucis du quotidien français et la conjoncture économique nous amènent à négliger parfois des problèmes plus fondamentaux et plus inquiétants à terme. Pourtant certains évènements nous invitent à revenir à l’essentiel.

C’est le cas, me semble-t-il, du nouveau défi qu’Ahmadinejad a lancé au monde occidental en annonçant, au début de la semaine, le démarrage de la production d’uranium enrichi. Mes compétences en la matière ne sont pas celles d’un stratège, ni d’un diplomate, mais plus modestement celles d’un économiste et d’un historien libéral.

Je n’ai pas la moindre compétence de stratège, en conséquence je ne m’interrogerai pas, comme le font certains, sur l’importance du danger représenté par la perspective d’une arme nucléaire iranienne. Après tout, d’autres pays sont en possession d’armes de destruction massive et cela n’a pas ameuté l’opinion publique. Pendant quelques années, après la fin de la guerre froide, on a pu espérer que des accords internationaux permettraient le désarmement nucléaire progressif. Mais aujourd’hui, le nombre d’Etats susceptibles d’user de ces armes augmente sans cesse. Les Occidentaux et leurs amis seraient-ils les seuls à pouvoir détenir à bon droit des armes nucléaires ? Je ne connais pas la réponse.

Je ne suis pas diplomate, donc je ne m’interrogerai pas non plus sur l’attitude qui s’impose à l’égard de l’Iran ou des autres « Etats voyous », qui recourent au terrorisme mais, pire encore, nous promettent l’apocalypse nucléaire. Je constate simplement que la diplomatie de la main tendue n’a jamais donné de résultats autres que catastrophiques dans le passé. L’esprit de Munich soufflerait-il sur la diplomatie occidentale ? La première victoire de Hitler a été diplomatique, quand il a compris que les Alliés étaient divisés et apeurés, quand il a scellé le pacte germano-soviétique unissant nazis et communistes jusqu’en 1941. Par contraste c’est bien la « guerre des étoiles » qui a permis à Ronald Reagan d’imposer la paix à l’Union Soviétique. La lisibilité, la cohérence me semblent indispensables à toute diplomatie. Sont-elles suffisantes aujourd’hui ? Y a-t-il seulement une diplomatie et qui la définit? Je ne connais pas la réponse.

Ces interrogations sur la stratégie et la diplomatie m’inspirent donc quelques doutes, et bien entendu je ne peux m’en remettre à l’ONU et autres machins internationaux pour régler quoi que ce soit. Nous voici désemparés au moment où nous entendons hurler les sirènes d’alerte à la barbarie.  

Nous n’assistons pas, comme le disait Huntington, à un « choc des civilisations », entre la civilisation occidentale et quelque civilisation venue d’ailleurs. La civilisation s’entend d’un système de valeurs qui permet aux hommes de vivre harmonieusement au sein de la cité, parce que leurs relations sont réglées par les droits individuels, le respect de la vie, de la liberté et de la propriété. La civilisation est ordonnée à la dignité de la personne humaine. Elle a eu du mal à se frayer un chemin dans l’histoire de l’humanité, et l’Occident lui-même l’a reniée plusieurs fois, et naguère au XXème siècle, avec les génocides, holocaustes, fruits des totalitarismes communistes et nazis.

C’est dire que la défense de la civilisation exige une vigilance permanente, car la barbarie renaît sans cesse de ses cendres. Périodiquement des sociétés tombent aux mains d’une minorité qui impose la violence, la terreur, le collectivisme et le totalitarisme. Périodiquement les droits individuels sont violés, et comme en Iran les tribunaux révolutionnaires emprisonnent et exécutent, les libertés publiques sont supprimées, les exactions et les humiliations, contre les femmes en particulier, sont multipliées. Ahmadinejad a inventé le crime suprême de « moharebeh », qui signifie rébellion armée contre Dieu, qui appelle évidemment le châtiment suprême. Aujourd’hui nous sommes donc réellement les témoins mais aussi les victimes d’un nouvel embrasement barbare. Et le vrai choc auquel nous assistons n’est pas entre civilisations, mais entre civilisation et barbarie, entre des valeurs universelles et éternelles d’une part et d’autre part des entreprises de destruction de l’humanité, guidées par la haine et le fanatisme. 

Comment contenir, sinon convertir, les barbares ?

L’économie et l’histoire se conjoignent pour affirmer que ce sont les périodes de libre échange, de communication, d’ouverture, qui ont permis à la civilisation de mûrir et de se diffuser. Il me semble donc que le premier acte contre les barbares est de reconstruire la famille humaine à travers la mondialisation. Les anti-mondialistes, les alter-mondialistes, font donc le jeu des barbares en répandant un message de lutte des classes au niveau mondial, en opposant le Nord et le Sud, les riches et les pauvres, les dominants et les dominés. Les barbares ne sont pas seulement à Téhéran ou dans les montagnes de l’Afghanistan, ils sont aussi dans les rues de Paris.  

La deuxième parade contre la barbarie est d’affirmer avec fierté les valeurs de la civilisation. Le barbare n’a que mépris pour ceux qui ne croient en rien. Au prétexte de tolérance ou de relativisme trop de guides de l’opinion en Occident ont nié la vérité humaine. S’il n’y a pas de vérité, si tout se vaut, rien ne vaut. Croyons-nous, oui ou non, à la nécessaire reconnaissance de la liberté et de la dignité de l’être humain ? Croyons-nous, oui ou non, à l’état de droit ? Croyons-nous, oui on non, à la solidarité créée par l’échange, le contrat ? Croyons-nous au libre partage du progrès ?

Encore ne suffit-il pas de croire, il faut aussi pratiquer. Et ici la pratique de certains, notamment dans les milieux dirigeants et influents, est celle du mépris des règles, du reniement des engagements, de l’appétit de pouvoir. Il est de la responsabilité personnelle de chacun des citoyens de se comporter en civilisé, d’honorer et de cultiver les valeurs de la civilisation. On l’a dit, on l’a vu : la crise que nous traversons aujourd’hui n’est pas tant financière ou économique que morale. Quand l’éthique, quand le sens du bien et du mal, se perd dans des esprits mal éduqués, mal informés, la civilisation fait place à la barbarie, et la place est nette pour les barbares.

Comme beaucoup d’entre vous, je ne sais pas ce qu’il faudrait faire pour en finir avec Ahmadinejad, avec le terrorisme, avec les armes de destruction massive. Mais je sais ce qu’il ne faut pas faire : nous comporter nous-mêmes en barbares, ou montrer de l’indifférence ou de la complicité à l’égard de la barbarie. J’ai bon espoir que nous nous épargnerons l’apocalypse que nous promettent les barbares en retrouvant les valeurs de la liberté. Partagerez-vous mon espoir ?

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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Liberté et droit, la synthèse
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