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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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La propriété c’est le vol

« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

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L’HOMME LE PLUS DECEVANT DU MONDE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 25 Janvier 2010 01:00
 Serment

C’est sans doute le sentiment d’un grand nombre de ceux qui ont naguère cédé à l’Obamania. La déception est grande pour ceux qui voyaient dans Barack Obama le messie qui allait changer la face du monde. Un an après son arrivée à la Maison Blanche il faut se rendre à l’évidence : « No, we cannot ». Non, nous ne pouvons pas faire n’importe quoi.  

Pour ma part, je ne saurais être déçu. Ne me faisant aucune illusion, je n’en ai perdu aucune.

Le 18 janvier 2009 je consacrais mon éditorial à « L’homme le plus puissant du monde ». Je me permets d’en extraire deux phrases: « Quelle qu’ait été l’ampleur de son succès électoral, le Président américain trouvera sur sa route des difficultés et des limites dont il devra bien tenir compte… Il n’est pas d’homme politique assez puissant pour ignorer durablement les lois de l’économie et l’impératif de la liberté humaine ».

Je ne suis pas prophète, mais modestement simple économiste libéral. L’économiste pouvait facilement prévoir qu’un keynésien prenant Roosevelt pour modèle allait sûrement aggraver la crise financière qui avait déjà inspiré à George Bush des mesures stupides de « sauvetage » et de « relance ». L’économiste pouvait aussi savoir que la mondialisation n’allait pas s’arrêter avec Obama, et qu’elle interdisait à quiconque de réinventer le capitalisme, moraliser la finance, et autres utopies annoncées qui avaient fait lever l’espoir d’un nouveau système économique mondial. Le libéral connaissait les limites que la constitution américaine imposait à l’absolutisme, notamment à travers la puissance du Congrès. Le libéral ne pouvait ignorer les menaces que dictateurs et terroristes faisaient peser sur le monde entier, et ne pouvait penser qu’une vision irénique des relations internationales avait quelque chance de réussir.  

Par contraste, les doux rêveurs et les vrais idéologues qui avaient imaginé que l’élection d’Obama allait ouvrir une ère nouvelle de l’histoire sont aujourd’hui totalement décontenancés, sinon désespérés. Les Keynésiens sont renvoyés à leurs chères études, et mesurent la ruine des finances publiques, la montée du chômage et l’incertitude monétaire. Des générations de contribuables ont été condamnées à une pression fiscale de moins en moins soutenable, des centaines de milliers de salariés à un chômage durable et des millions de consommateurs à la baisse de leur pouvoir d’achat. Les écologistes ne se relèvent pas de l’échec de Copenhague. Les mêmes raisons qui avaient conduit les Etats-Unis à ne pas accepter la facture de Kyoto ont à nouveau prévalu. Al Gore a été trahi. Les pacifistes qui voyaient en Obama, un futur prix Nobel de la Paix, ont pu se réjouir un instant : ils ont eu le prix Nobel. Mais ils n’ont pas eu la paix et se désespèrent de l’engagement nouveau des Américains en Afghanistan et au Pakistan. Les islamistes radicaux et leurs amis ont apprécié le discours du Caire, mais il est resté sans lendemain. Pour autant, les Israéliens qui attendaient un ferme soutien contre les extrémistes palestiniens vivent encore dans l’incertitude.  

J’arrête là mes cruelles railleries et cesse d’accabler les obamaniaques pour souligner ce qu’il y a de positif dans ce bilan négatif.

Positive d’abord, la vigueur démocratique du peuple américain, que l’on pouvait supposer entièrement acquis à l’utopie. Obama a joué sur la peur qu’inspirait à des millions de travailleurs et de retraités américains la crise naissante. Mais une fois la fièvre électorale tombée, les Américains ont pris peur des mesures que leur proposait la nouvelle administration. Une peur chassant l’autre, ils se sont rebellés. Le vote du Massachusetts, après plusieurs autres depuis quatre mois, marque une réaction de rejet définitif de la politique économique et sociale de la Maison Blanche. La rapidité et la violence de cette réaction peuvent surprendre chez nous, où il faut attendre l’alternance élyséenne pour espérer un changement – qui ne se produit presque jamais. C’est que la démocratie américaine bénéficie de ce qui nous manque, comme Tocqueville le soulignait il y a deux siècles : une société civile vivante, des citoyens qui se mobilisent et s’organisent en cas de difficultés, des électeurs qui savent faire pression sur leurs élus, et qui n’admettent pas d’être trompés. Grâce à la société civile, la société politique américaine est sous contrôle, et responsable devant le peuple.

Positive ensuite, la force du capitalisme américain. Ce n’est pas la puissance de Wall Street, ou la maffia des grands banquiers qui ont saboté la politique d’Obama. Ces milieux d’affaires ont au contraire cherché leur salut du côté des subventions et des réglementations du gouvernement fédéral. Depuis la fin de l’ère Reagan le dirigisme avait scellé l’alliance du pouvoir et de la finance. Cela n’a rien à voir avec le capitalisme, avec cette profonde adhésion des Américains, et surtout les plus récents, les plus modestes, aux principes du travail, du mérite, au goût de la performance et du succès. Un message condamnant le profit, le marché, la mondialisation, l’entreprise, n’avait pas de vraie chance de trouver écho sinon pour un temps très court et pour une population marginale, celle de la gauche richissime de la côte Ouest, ou celle des banlieues de la Nouvelle Orléans en manque de drogue. Pour l’essentiel, les gens qui vivent aux Etats-Unis croient encore et toujours au rêve américain. Pour l’essentiel, les institutions américaines sont toujours marquées du sceau de la liberté économique : la propriété, la concurrence, la fiscalité, le droit du travail reconnaissent et accompagnent l’initiative personnelle, l’esprit d’entreprise. Ce n’est pas un hasard si le projet de « Sécurité Sociale » est rejeté par trois quarts des Américains : il y ont vu une ingérence coûteuse et dangereuse de l’Etat dans les choix et la vie des familles.

Positive enfin la prise de conscience morale d’une grande partie de la population américaine. Certes Hollywood n’a jamais été l’Amérique profonde, mêlant le bon, la brute et le truand, couronnant Chaplin comme John Wayne. Mais les valeurs morales et spirituelles qui ont fondé les Etats-Unis, et qui avaient été remises à l’honneur par Ronald Reagan, ont été progressivement oubliées sinon contestées dans les milieux politiques, financiers et intellectuels – la gauche « libérale » s’y est employée. On a à juste titre souligné que la crise traversée par l’Amérique, mais aussi par le monde occidental, était autant morale et politique qu’économique.

L’esprit de résistance et d’engagement qui a inspiré le front anti-Obama ne marque-t-il pas un succès pour ceux qui, aux Etats-Unis, militent pour un respect de la vie, de la liberté et de la propriété ?  

Je n’irai pas jusqu’à dire que « l’Amérique est de retour », célèbre slogan qui a porté Reagan au pouvoir, mais il faut se réjouir de ce que l’Amérique n’ait pas sombré.

Si Obama lui-même ne veut pas sombrer il faut qu’il aille encore plus loin dans l’abandon de l’utopie qu’il a prêchée.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
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