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LES CHANTIERS DE 2010 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 18 Janvier 2010 01:00
 Nains

L’exercice 2009 est clos. Nos dirigeants ont bien travaillé. Qu’on en juge par la liste des chantiers qu’ils ont menés : le suivi international de Grenelle avec le plein succès de Copenhague, qui n’a d’égal que le succès de la taxe carbone, la moralisation de la finance avec les subventions aux banques compensées par la taxation des bonus, le grand emprunt qui sèmera l’intelligence dans notre pays en l’an 2030, la lutte contre les paradis fiscaux avec la liste de Woerth, la vaccination Bachelot, l’université Pécresse, l’identité nationale façon Besson, La Poste imprivatisable à la mode Estrosi. J’en passe et des meilleures. Voilà bien longtemps qu’un tel train de réformes, plus libérales les unes que les autres, n’avait été mis sur les rails.

Mais, tels les sept nains de Walt Disney, ils repartent au boulot avec enthousiasme. Nos nains sont des géants de la réforme et ne veulent pas priver le pays de leurs salutaires initiatives.

Il faudra tout d’abord mettre la dernière main à des chantiers qui ont pris quelque retard à cause des intempéries dues au réchauffement climatique. La taxe carbone est dans les urgences, au point que le Président nous en a parlé au milieu des vœux sincères qu’il nous a présentés. Il faut également en finir avec les bonus. Madame Lagarde, nous dit-on, a « tapé fort » : une saine émulation s’organise entre Paris et Washington : nous ne saurions moins faire qu’Obama, qui veut absolument la peau des traders. Peu importe que ces messieurs de Wall Street ou Lombard Street aient déjà fait leur valise pour Hong Kong, Singapour ou autres paradis bancaires, trop heureux de damer le pion aux places financières occidentales. Enfin, et non le moindre, le grand chantier de l’identité nationale va connaître des journées sombres à ciel voilé avec le débat sur la burka, qui a déjà eu pour effet de déchirer la majorité entre vraies colombes et faucons.

Mais tout cela est simple finition par rapport aux nouvelles tours de Babel qu’on met en construction. Je me cantonnerai dans les trois géantes : la territoriale, la judiciaire et la vraie tour de Dubaï : la réforme des retraites.

Suppression des départements, refonte des finances locales, révision du statut des agents territoriaux, subsidiarité dans les compétences : voilà les grandes lignes d’une réforme de l’administration française digne de ce nom. En fait, les seules innovations à ce jour sont l’annonce du cumul des fonctions de conseiller général et conseiller régional, et la suppression de la taxe professionnelle remplacée par la « cotisation économique territoriale ». Cette dernière mesure est sans aucun doute importante, mais remplacer un « impôt idiot » par un autre qui ne l’est guère moins. D’autre part, on voit, une fois de plus, que la gestion des collectivités locales est toujours confiée à l’Etat, toujours maître des ressources financières. C’est dire que les libertés locales seront tout autant bridées que par le passé. L’Etat jacobin ne veut pas entendre parler de subsidiarité, ni même de fédéralisme. Avec la Russie de Poutine, la France est et demeurera un grand pays européen ignorant la décentralisation, fût-elle modeste. La montagne va accoucher d’une souris.

La suppression des juges d’instruction pose un problème tout aussi déterminant pour la liberté politique. Il est vrai qu’en dépit de quelques timides dispositions constitutionnelles, la séparation des pouvoirs, pourtant invention française de Montesquieu, n’a jamais eu de consistance dans notre pays. Plus que les monarques de l’Ancien régime, la République a toujours été souveraine, et au sein de la République le pouvoir exécutif a toujours été souverain. Dans la Constitution de la Vème république, le Conseil Supérieur de la Magistrature est le symbole de la domination du judiciaire par l’exécutif. Ne parlons pas du Parlement qui, en dépit des commentaires actuels, n’a jamais été que l’exécuteur législatif de l’exécutif. Pièce rapportée dans la pyramide judiciaire dont le sommet est à l’Elysée, le juge d’instruction devait bien disparaître un jour ou l’autre. Magistrat n’appartenant pas au Ministère Public, son indépendance était un défi au jacobinisme judiciaire. Certes ces derniers temps de nombreux juges ont fait mauvais usage de cette indépendance, mais la faute en revient précisément à la façon dont les magistrats sont formés (dans cette Ecole Nationale de la Magistrature unique au monde) et sont gérés. Formation et gestion sont entre les mains des gouvernants. Je ne me fais guère d’illusion : cette réforme symbolique mais marginale ne provoquera pas la réaction salutaire de nos concitoyens qui les conduirait jusqu’à manifester pour l’indépendance de la justice française.

Reste, enfin mais non le moindre, la réforme des retraites. Nicolas Sarkozy avait proclamé jadis que la question était réglée depuis 2003 grâce à la « réforme Fillon », et ce jusqu’en 2020, mais le naufrage actuel des caisses ne permet pas d’attendre 2020. Pour nombre de commentateurs, cette réforme devrait sonner l’heure de vérité du gouvernement, et dans sa présentation des vœux aux partenaires sociaux avant-hier, le Président a souligné l’importance de l’affaire.

Je note avec intérêt et inquiétude la façon dont la réforme est abordée pour l’instant. D’une part, s’en remettre aux syndicats pour remettre en cause un système dont ils sont les seuls bénéficiaires alors qu’il ruine tous les Français n’est pas très adroit. On peut compter sur les syndicats pour déclarer la guerre à toute réforme significative. D’autre part, va-t-on pour l’instant vers des réformes significatives ? Je ne lis et n’entends que des discours sur l’allongement de la durée de cotisation, le recul de l’âge de la retraite et le travail des seniors. C’est dire qu’il y a toutes chances d’avoir un débat sur des réformes que nous qualifions de « paramétriques », c'est-à-dire des dispositions transitoires et désordonnées qui ne font que masquer ou repousser le déséquilibre majeur entre le nombre des cotisants et celui des retraités, vieillissement oblige. Les vraies réformes, telles que je les ai décrites et expliquées avec Georges Lane dans la trilogie consacrée à l’assurance vieillesse, sont « systémiques », c'est-à-dire consistent à abandonner, totalement ou partiellement, d’un seul coup ou progressivement, le système de répartition pour passer au système de capitalisation. Je ne cesserai, pour ma part, de m’intéresser à ce chantier. Travailleur clandestin et sans papier officiel, je me promets, je vous promets, de saboter cette tour de Babel. Après tout il y a eu un précédent historique, si l’on en croit la Bible : les constructeurs de la tour ont si mal communiqué, et si mal mené leur affaire, que la tour s’est effondrée.

Les nains sont sympathiques, ils ont le cœur à l’ouvrage, ils mènent des chantiers, mais on ne peut souhaiter qu’ils les mènent à bien.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1340 du 8 novembre 2017

Editorial : Harcèlement : plan d’urgence ou profonde conversion ?
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