Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

63 pages, gratuit

Bulletin de commande

Portait


Un Marx libéral ?

Les principaux éléments de l’économie marxiste se trouvent chez John Stuart Mill, qui a ajouté aux erreurs de Ricardo et Malthus dont il prend la suite.

Lire la suite...
L’UNIVERSITÉ D’AIX A FÊTÉ SES 600 ANS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 30 Novembre 2009 01:00
 Pécresse

En l’an de grâce mil quatre cent neuf, et le 9 décembre, une bulle du Pape Alexandre V établissait dans ses droits et privilèges l’Université d’Aix, à la demande de Louis II d’Anjou, comte de Provence, roi de Naples et de Jérusalem – il s’agit du père du « Bon Roi René ».

Dans la Cathédrale Saint Sauveur une messe anniversaire a été présidée dimanche dernier par Son Eminence le Cardinal Zenon Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l’enseignement catholique, l’équivalent dans l’Eglise d’un ministre de l’Education Nationale englobant tout le système d’enseignement, depuis le primaire jusqu’aux universités, en passant d’ailleurs par les séminaires. Le Président de l’Université d’Aix Marc Pena a donné lecture de la bulle instituant l’établissement. Il y avait dans cette cérémonie quelque chose d’intemporel, de spectaculaire et de spirituel à la fois, et elle apportait en même temps émotion et nostalgie.

Je vous dirai d’abord mon émotion. Pour ceux qui y ont participé, cette célébration fastueuse et recueillie était le vestige de la grandeur de l’alma mater, institution cardinale de la civilisation.  

La naissance et le développement des universités européennes avait accompagné l’ouverture du monde occidental, cette explosion du Moyen Age qui en quelques décennies allait voir éclore l’humanisme, ce nouveau regard de l’homme sur sa nature et son destin : au cœur de la création, créateur lui-même, investi de la mission de « dominer la terre », comme dit la Genèse. Les hommes avaient pris conscience de la grande œuvre à réaliser. Ils cherchaient la Vérité à travers le Savoir, suivant l’alchimie de Saint Thomas « Croire pour savoir, savoir pour croire ».

Oui l’Université est avant tout recherche de la Vérité, comme l’a souligné le cardinal Grocholewski, dans son homélie, rappelant d’ailleurs le thème de la dernière encyclique de Benoit XVI « Caritas in Veritate » : l’Amour est dans la Vérité.

Recherche de la Vérité, l’Université est aussi lieu de diversité. L’homme en recherche se fraie un chemin vers la vérité à travers les autres, divers par leurs cultures, leurs expériences, leurs connaissances. L’université est universalité : englobant toutes les traditions, elle est intelligence sans frontières. L’Université médiévale était organisée en nations, regroupant les étudiants parlant le même dialecte (la langue du savoir et de l’enseignement était le latin). Les étudiants visitaient les maîtres dans les divers pays, ils faisaient leur tour d’Europe des universités.

Enfin et non le moindre, l’Université est communauté de travail et de vie entre professeurs et étudiants, liés par la recherche et la transmission du savoir. Recherche et enseignement vont de pair, et créent une émulation en même temps que se forgent des amitiés fondées sur le respect et l’entraide.

C’est là où commence la nostalgie, voire la tristesse. Car, à la différence des autres grands pays, la France a rompu avec l’esprit universitaire. La Révolution a supprimé les universités, Napoléon les a reconstruites, mais à sa manière : elles sont devenues service public. Au lieu de la diversité des diplômes, nous avons institué « le monopole de la collation des grades », droit exclusif de l’Etat de délivrer des titres nationaux, obéissant à des critères et programmes définis par une administration centrale, et sous la responsabilité de maîtres recrutés par ladite administration. Est-ce au profit de la qualité ? On peut en douter, quand on voit le classement mondial dit « de Shangaï » dans lequel trois universités (ou assimilées) françaises figurent dans les 200 premières.

On peut en douter encore quand on voit nos meilleurs bacheliers se destiner aux grandes écoles, et choisir les classes préparatoires. Quelles que soient leurs vertus elles sont des « écoles » et non des universités. Cela veut dire que la diversité d’opinions et de savoirs n’y a guère sa place, que l’esprit critique n’y est guère apprécié ni sollicité, que la formation donnée est d’avance très appliquée. Comme mon condisciple Pascal Salin je pense que la rançon payée par la France au mépris dans lequel elle tient l’Université est ce que l’on appelle maintenant « la pensée unique », le moule intellectuel dans lequel on a fondu les jeunes esprits qui fournissent les cadres de la nation. Il n’est pas surprenant que le pays soit entièrement dirigé par des énarques. Pendant ce temps, privée de toute autonomie, interdite de sélection et de concurrence, l’Université est devenue un parking géant pour futurs chômeurs.

Par malheur, l’Etat s’est mis en tête de la réformer. La communauté universitaire a explosé en 1968, sous la pression de l’idéologie de la lutte des classes – l’étudiant prolétaire contre le professeur bourgeois. Dans l’indifférence générale, la loi Edgar Faure a créé un système artificiel, à base d’auto-gestion sous contrôle du ministère et des syndicats, d’arabesques de conseils et assemblées. Ensuite chaque ministre a réformé, ajoutant de nouvelles couches de politisation, de nullité et de bureaucratie ; comme en URSS on a séparé recherche et enseignement. En 1973, l’Université d’Aix faisait parler d’elle : pour échapper à l’étreinte marxiste, des universitaires rebelles (avec la complicité de Georges Pompidou) choisissaient la liberté. La fronde des économistes avait fait scandale : des libéraux créaient une Faculté d’où l’idéologie et le désordre étaient exclus. « Une Université musclée au service du grand capital », disait la CGT qui ira jusqu’à occuper les locaux universitaires : « musclée » signifiait qu’il n’y avait ni grève ni graffiti, « au service du grand capital » exprimait le choix de l’enseignement des principes de l’économie de libertés. C’est au cœur de cette Faculté que s’est abritée dès 1977 la Nouvelle Economie, la nouveauté étant simplement le retour à la tradition universitaire de rigueur scientifique en honneur dans le monde entier.

Depuis trente cinq ans, nous nous sommes demandés si nous étions une expérience pilote ou une réserve d’Indiens. Pendant une décennie, nous avons eu espoir, parce que les étudiants, enfin libres de choisir, affluaient vers nous, et notre réputation mondiale ne cessait de grandir. Puis le travail de sape et les moyens donnés par les gouvernements successifs aux adversaires de la liberté ont fait leur œuvre. Aujourd’hui cette expérience prend fin et, au prétexte stupide de pôle d’excellence, un projet ministériel prescrit à notre Université de se fondre en 2012 dans une masse informe. Cette masse aura pour elle le nombre : 75.000 étudiants de toutes sortes permettraient de la faire monter dans le classement de Shanghaï. Elle aura aussi l’argent, sa part des 16 milliards du grand emprunt destinés à l’enseignement supérieur et à la recherche. Mais elle n’aura plus son âme.

Messe de Requiem pour l’Université ? Je ne veux pas y croire : les jeunes, même en France, ont besoin de Vérité. Il y aura renaissance de l’Université, l’Etat passera et la vérité vaincra.

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

Lire la suite...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1326 du 13 juin 2017


Editorial : Les abstentionnistes avaient leurs raisons

Conjoncture : La bourse ou la banque : un choix remis en cause

Actualité  : Theresa May à Paris

Spécial présidentielles  : Bayrou citoyen - Déjà un député en infraction - Pour comprendre la pensée d’Emmanuel Macron

Actualité libérale


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...