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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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LA FIN DE L’HISTOIRE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 09 Novembre 2009 01:00
 Chute du mur

Après la chute du mur de Berlin, l’humanité pouvait espérer une période de paix et de prospérité. Le communisme avait failli, et à nouveau, comme le disait Jean Paul II, « l’Europe pouvait respirer avec ses deux poumons ». Jean Paul II y était bien pour quelque chose : il avait obligé le gouvernement polonais à le recevoir dans son pays, un million puis trois millions de personnes, à Cracovie et à Czestokova, étaient venus acclamer celui qui incarnait et leur foi et leur amour de la liberté. Le premier craquement dans le bloc allait en appeler d’autres : en Hongrie, en Tchécoslovaquie et enfin dans le plus policier des régimes communistes, celui de la RDA.

A travers tous ces soulèvements populaires, chez tous ces martyrs comme Ian Palas ou le père Popieluszko, ce qui s’exprimait n’était pas la faillite d’un système d’économie dirigée, mais un témoignage de l’inhumanité d’un régime politique.

Pour avoir rencontré à l’époque des centaines d’étudiants à Prague, Cracovie, Moscou, Budapest, Bucarest,  dans de nombreux séminaires organisés à leur intention dès 1989, j’atteste que ce qu’ils recherchaient n’était pas la société de consommation, mais la société de libertés.

Je suis étonné qu’aujourd’hui, peut-être par calcul, un grand nombre de commentateurs nous présente la chute du mur de Berlin comme l’issue d’une compétition entre systèmes économiques : capitalisme contre socialisme, marché contre plan. Car ce ne sont pas les pénuries qui traumatisaient les peuples de l’Est, mais le poids étouffant de l’Etat, du parti, de la police, et surtout le sentiment de ne plus être maître de son destin, confisqué par la société.

Les pénuries, on s’en accommodait, le marché noir rendait son office. Dans certains pays on bénéficiait même d’une certaine liberté économique ; j’avais remarqué après la vague des nationalisations françaises de 1981 que le secteur public était plus développé en France qu’en Hongrie. A Paris on nationalisait les banques, à Budapest des banques privées étrangères s’installaient. Nombreux sont ceux qui ont comparé la politique économique en URSS  dans les années 1980 au mercantilisme du siècle de Louis XIV : les « kombinats » étaient la version soviétique des manufactures royales. « Capitalisme d’Etat » aurait dit Georges Marchais.

L’erreur des communistes n’était pas sur l’économie, mais sur l’homme : une erreur « anthropologique », une ignorance de la vraie nature de l’être humain, de sa vocation, de son intrinsèque dignité. Ou, si l’on préfère, il y avait erreur économique parce qu’en amont il y avait erreur anthropologique, car l’on ne prive pas l’homme de sa liberté, de son droit à l’initiative, de son esprit de création, de sa responsabilité et de sa propriété  sans que cela n’ait des effets désastreux sur la production et les revenus.

Il serait donc historiquement et philosophiquement plus sain de voir la chute du mur de Berlin comme la victoire de l’humanisme sur le totalitarisme, des droits individuels sur le collectivisme.

En même temps, on pouvait saluer la fin de la guerre froide, et la route ouverte vers la liberté pour tous. A l’image de l’Europe, peut-être le monde entier retrouverait sa fraternité, la famille humaine se reconstruirait dans la paix. Dans ce contexte Francis Fukuyama écrivait dès 1989 « La fin de l’histoire », parce qu’un consensus universel sur la démocratie libérale pouvait désormais s’envisager.

A-t-on eu la fin de l’histoire ?

L’espoir a duré encore quelques années, années dominées par ces figures historiques que furent Jean Paul II, Ronald Reagan et Margaret Thatcher. La mondialisation perçait sous le libre échange, la Chine s’éveillait au commerce et à la finance, de jeunes nations émergeaient, le progrès humain et social semblait accompagner l’élan vers la liberté, l’Europe devenait un espace de communication et un immense marché, les Etats se trouvaient en demeure d’abaisser leurs frontières et d’affranchir leurs esclaves. Seule, la France faisait exception, et préférait un socialisme suranné et caricatural au libéralisme triomphant. 

Puis, l’histoire a repris son cours, mais à l’envers. Très vite les marxistes exclus de la vie publique ont reconstitué leurs forces. Avec la Conférence de Rio, dès 1992, ils ont trouvé le nouveau cheval de Troie : les dangers qui menacent la planète. Ces rouges peints en verts ont simplement décliné le catéchisme qu’ils avaient récité dans leur jeunesse : le Nord contre le Sud, les nations bourgeoises contre les prolétaires, le commerce exploitant les pauvres, la finance corrompue, et derrière tout cela le Grand Satan des Etats-Unis, impérialiste, raciste : en un mot capitaliste.

Quelques années plus tard le monde est à l’écoute de Samuel Huntington : ce n’est pas l’harmonie universelle qui nous attend, mais au contraire le choc des civilisations. L’Occident n’est pas un modèle, il est un système en conflit avec d’autres systèmes : la percée du fanatisme religieux et du terrorisme, le néo-communisme d’Amérique Latine, les guerres tribales africaines sont autant d’occasion de dresser les hommes les uns contre les autres, et il faut être naïf pour croire aux vertus civilisatrices de la mondialisation économique.

A l’espoir succède la peur : peur de la catastrophe écologique magnifiquement illustrée par Al Gore, peur du terrorisme que les Etats ont du mal à contrôler,  peur de la différence culturelle aussi bien que peur de la standardisation. .Et voici maintenant la grande peur : la peur de la crise, la peur du capitalisme !

Aujourd’hui, c’est l’heure des « idiots utiles », indispensables courroies de transmission de la Révolution Prolétarienne expliquait Lénine. C’est l’heure de tous ces Occidentaux gavés de richesses et de privilèges, qui applaudissent à la « grande parade » dénoncée par Jean François Revel : le défilé des nouveaux prêtres de la religion socialiste, trop heureux de reconstruire les murs de la haine, de la lutte des classes, du national-socialisme. Les idiots utiles ont adoré Obama, ils refondent le capitalisme, ils vont semer le doute et la division pour mieux garder leurs trônes aseptisés.

Pour retrouver le sens de la chute du mur de Berlin, il faut donc remonter à la source : que faisons-nous de la liberté et de la dignité de la personne humaine ? Voulons-nous fonder la société sur la puissance ou sur la confiance ? Voulons-nous sacrifier l’épanouissement de la personne sur l’autel d’un bien commun chimérique ? L’histoire est sans fin, elle est écrite chaque jour  par tous ces hommes et femmes de bonne volonté qui ont pour vocation de comprendre et de servir, et pour mission de démolir sans cesse des murs, pour que puisse passer le souffle de la liberté.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
:
La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


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