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LES ALLEMANDS AU SECOURS DES FRANÇAIS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 05 Octobre 2009 01:00
 Elections en Allemagne

En donnant à la Chancelière Angela Merkel une majorité suffisante pour gouverner avec les libéraux et sans les socialistes, les Allemands ont sans doute rendu un grand service à leurs voisins français.

J’ai toujours pensé que notre pays était dans l’incapacité de se réformer de l’intérieur : les forces internes qui poussent au statu quo, au monopole et à la religion des syndicats, des services publics et de l’Etat sont trop fortes. La seule solution est la pression extérieure, née du libre échange. C’était l’opinion et la prophétie de Frédéric Bastiat : la liberté des échanges vient finalement à bout des corporatismes. La concurrence met les producteurs en demeure de s’adapter, et les gouvernements dans l’obligation de réduire le champ de leur souveraineté.

Certes l’Allemagne n’est pas un modèle de pur capitalisme ni de libre marché. Tout au contraire « le modèle rhénan » a toujours été opposé au « modèle anglo-saxon ». Il serait fait, dit-on d’un judicieux équilibre entre liberté économique et progrès social, les syndicats y joueraient un rôle plus actif, que ce soit dans l’entreprise ou dans le débat public, la redistribution des revenus y serait aussi large qu’en France. Capitalisme contre capitalisme : ce slogan (et cet ouvrage de Michel Albert) laisse entendre qu’il y a un « bon » capitalisme, respectueux des hommes, généreux pour les plus démunis, encadrant avec précision le marché, par opposition au « mauvais » capitalisme du modèle anglo-saxon, régi par la loi du « renard libre dans le poulailler libre ».

Cette vision du modèle rhénan est caricaturale, et de plus l’application du modèle par les Français lui a été très infidèle. Je rappelle simplement quelques différences majeures entre Allemagne et France du point de vue économique et social :

- ni les syndicats ni le Parti Socialiste SPD (à ce jour) n’ont jamais visé la rupture avec le capitalisme. Instruits de ce qui se passait de l’autre côté du rideau de fer, les Allemands n’ont jamais rêvé de grand soir, de collectivisation ni de planification ; en particulier les syndicats sont « participatifs » et non pas « révolutionnaires », ce sont de vrais partenaires, ils ne raisonnent pas en termes de lutte des classes ;

 

- les Allemands ont une sainte horreur des déficits publics et de l’inflation : c’est la politique de Ludwig Erhard, faite de rigueur dans les finances publiques et la gestion monétaire, qui est à la source du « miracle allemand ». Les Allemands savent que le nazisme s’est installé sur les cendres de l’hyperinflation de la fin des années 1920. En France, « l’Etat peut payer », peu importent déficits et dettes ;

- un principe constitutionnel consiste à défendre à l’Etat de prélever plus de 50 % des revenus d’un contribuable allemand ; ce « bouclier fiscal », bien plus épais que le nôtre, paraît être un cadeau fait au riche, alors qu’il s’agit simplement de respecter la propriété privée ;

- les entreprises allemandes ont toujours été à la recherche de débouchés à l’étranger, ils ont donc été plus tôt habitués aux exigences de la concurrence, leur compétitivité en a fait les premiers exportateurs du monde ; en France pendant longtemps on a surtout pensé au marché intérieur (que Laurent Fabius voulait « reconquérir »), considérant les exportations comme une évacuation des surplus non absorbés par l’Hexagone. La « préférence nationale » se traduit aujourd’hui par les campagnes pour « acheter français » (comme les communistes en 1947), par les « pôles d’excellence » subventionnés et par la politique agricole.

- la protection sociale n’est pas entre les mains d’un monopole public inefficace et ruineux comme la Sécurité Sociale, mais elle est confiée à des centaines de caisses de retraites et de maladie concurrentes.

D’autre part, le « modèle rhénan » a été sérieusement retouché par les socialistes eux-mêmes. Le chancelier Schröder a privatisé nombre d’activités qui demeurent en France des « services publics » : les chemins de fer, les télécommunications, la poste, la culture (musées, conservatoires). Surtout, les lois Hartz ont donné une totale fluidité au marché du travail, meilleur moyen de résorber le chômage : liberté d’embauche et de licenciement, refonte de l’agence fédérale pour l’emploi, dégressivité des indemnités de chômage, aide à la création d’entreprise par les chômeurs. Enfin, la fiscalité sur les entreprises a été considérablement allégée, alors que nos gouvernants ne se résolvaient pas à supprimer la taxe professionnelle.

Ainsi, l’Allemagne pourrait-elle passer pour un paradis libéral par rapport à l’enfer socialiste français.

Cependant, les exigences de la « grande coalition » ont amené Angela Merkel durant les dernières années à stopper l’élan donné par Gerhard Schröder. La crise l’a amenée aussi à se rallier à l’idée de la relance, et la gestion des finances publiques s’en est ressentie.

Une nouvelle étape s’ouvre désormais, car la Chancelière est enfin libérée de l’hypothèque socialiste. Au cours de ses derniers jours de campagne, elle a principalement promis une baisse importante des impôts. Surtout, elle a maintenant de nouveaux partenaires, les libéraux du FDP, qui ont remporté un succès électoral fracassant, et qui ont des points de doctrine bien ancrés : libre échange, libre entreprise, libre marché du travail, baisse des dépenses publiques et recul de l’Etat – dans la tradition de Ludwig Ehrard. Un tel programme est à contre-courant de ce que la France a choisi et entend imposer à l’Europe entière. Le « couple » (au demeurant souvent explosif) Merkel-Sarkozy risque donc de vivre une crise profonde, les libéraux allemands pourraient bien exiger le divorce, forts de la convergence de leurs positions avec celles de l’Europe centrale (Tchèques et Polonais) et sans doute de la Grande Bretagne à l’issue des prochaines élections.

Faute d’avoir pu mettre l’Europe (et à plus forte raison le monde entier) à l’heure de la France, et en dépit des rodomontades du G 20, la France devrait dans les mois à venir se mettre à l’heure de l’Europe, qui vient de changer. La privatisation de La Poste sera un banc d’essai de l’aptitude de nos dirigeants à changer de direction en fonction des contraintes extérieures. Le couplet de « la France seule » n’est réellement plus de mise, et Nicolas Sarkozy va devoir mettre dans sa poche ses discours « moralisateurs » du capitalisme.

Les corporatistes, sans aucun doute, n’ont pas dit leur dernier mot. En Allemagne même, la gauche va sans doute se radicaliser, la Gauche (Die Linke) faite de communistes authentiques tirera l’opposition vers la contestation permanente, les mouvements « sociaux ». En France le PS va se radicaliser pour retrouver une clientèle, et la défense des services publics est un beau cheval de bataille.

Il suffirait que la disgrâce d’Obama se confirme et s’aggrave, et que la nouvelle politique allemande produise des effets bénéfiques, pour que l’opinion publique française (ou une partie d’entre elle) appelle enfin de ses vœux le vrai changement, que certains avaient ardemment souhaité en votant pour Nicolas Sarkozy en 2007.

D’ici 2012 le libéralisme français peut renaître de ses cendres. Pour le coup, nous pourrions dire grand merci aux électeurs allemands.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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