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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

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OBAMA SE FÂCHE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 14 Septembre 2009 01:00
 Obama had a dream

Il a raison : il se fâche contre les Américains qui lui retirent leur confiance, il se fâche contre le Congrès qui ne veut pas de sa réforme de l’assurance maladie.

En fait, il se fâche contre la démocratie. « Le temps du jeu est fini, maintenant vient le temps de l’action » : par cet avertissement Obama a clairement signifié que le Président ne saurait accepter le jeu politicien des élus de la nation, et qu’il est décidé à aller jusqu’au bout de son entreprise. 

Mais s’agit-il d’un jeu politicien quand les élus prennent le pouls de leurs électeurs, quand l’opinion publique exprimée par les sondages est majoritairement hostile à la réforme ? Incapable de convaincre les gens de son propre camp, il veut maintenant passer en force au Congrès. Mais la Constitution américaine le lui interdit. Il ne sera pas le premier Président des Etats-Unis à devoir se soumettre au Sénat et à la Chambre des Représentants. 

La plupart des Français, dûment conditionnés par les médias, sont révoltés contre ce coup monté contre leur cher Obama. Ils le sont d’autant plus qu’ils ignorent tout de la réforme en question : ils ignorent le système actuel, ils ignorent le projet de la Maison Blanche. Qu’il me soit permis de relever un certain nombre d’erreurs pour ne pas dire de mensonges dont on nous rebat les oreilles. 

Les Etats-Unis, pays le plus riche du monde, laisseraient 45 millions de personnes sans couverture sociale. Erreur: parmi ces 45 millions de personnes, il y a 17,6 millions d’américains gagnant plus de 50.000 dollars par an qui refusent volontairement de s’assurer parce qu’ils ont des revenus leur permettant de faire face à un accident de santé. A l’autre bout de l’échelle sociale, 14 millions d’américains en dessous du seuil de pauvreté sont pris en charge automatiquement par Medicaid, et s’ils ont plus de 65 ans par Medicare : deux programmes financés conjointement par le budget fédéral et celui des Etats. Enfin 9,7 millions de personnes non couvertes représentent des étrangers, dont la durée et la raison du séjour sont très diverses. Pour les citoyens américains, restent 5 millions sans couverture ; c’est moins que les 6 millions de Français pour lesquels on avait inventé la CMU en 2.000.  

Les deux tiers des salariés américains bénéficient d’une assurance privée, fournie et payée par leurs employeurs. Autre erreur : ce système condamnerait ceux qui perdent leur emploi ou qui en changent. Depuis 2003 existe la possibilité pour un travailleur d’alimenter mensuellement un compte personnel de santé, les versements à ce compte étant exonérés d’impôts. Il est vrai que cette possibilité devrait être élargie pour permettre au travailleur de verser la totalité des sommes payées actuellement par son employeur à un assureur privé ou à un système d’abonnement santé (HMO, Health Maintenance Organisation). Quant aux chômeurs, qui représentent 20 % des 5 millions de non-assurés, ils restent sans assurance un laps de temps très court : 44,1 % pendant moins de 4 mois et 20 % entre 5 et 8 mois. Des retards dus à la bureaucratie des assurances ou des administrations publiques. Si on ajoute à ces données le fait qu’il existe aux Etats-Unis un réseau très dense d’associations caritatives, confessionnelles ou non, qui prennent en charge les plus dépourvus, on peut conclure que les Américains sont mieux couverts que les Français. 

Mais les Français sont persuadés qu’Obama veut créer une Sécurité Sociale identique à la nôtre – le meilleur système du monde comme on le sait. La première différence est que son projet ne serait pas une obligation faite aux Américains de quitter l’assurance privée pour s’assujettir à un régime public, mais une simple « option » : pas de monopole de la santé en vue. Une autre différence tient au désir de faire pression sur les prestataires de santé : les compagnies d’assurance et l’industrie pharmaceutique sont accusées d’augmenter indûment le coût des thérapies, et le gouvernement devrait aussi s’engager dans le développement de la médecine préventive. Pour autant, il n’est pas question de tarifer les honoraires ou le prix des médicaments ou les journées d’hospitalisation, comme nos Caisses d’assurance maladie le font avec de moins en moins de retenue. Cependant, s’agissant du coût de la santé,  il est vrai que les dépenses de santé aux Etats-Unis sont les plus élevées au monde (15,4 % du PIB contre 11,8 % en France), mais cela peut s’expliquer en large partie par les gaspillages et la bureaucratie de Medicaid, de Medicare, et des hôpitaux publics. Obama a le projet de diminuer les dépenses (au niveau de 2.500 dollars par an) en renforçant le secteur public, alors que c’est ce secteur qui pousse les dépenses à la hausse.  

Compte tenu du projet et de la situation actuelle, on comprend que les Américains n’aient pas envie de lâcher la proie pour l’ombre, de sorte que près de 60 % d’entre eux aujourd’hui ne veulent pas de la réforme, et que la cote de popularité d’Obama a plongé.  

J’en reviens à la démocratie. J’observe avec satisfaction qu’elle est encore bien vivante aux Etats-Unis, et que les Américains ne sont pas convertis au socialisme.

La démocratie est vivante quand les élus respectent le peuple et tiennent compte de ses préférences. Elle est vivante quand le pouvoir législatif et fiscal peut contenir le pouvoir exécutif.  Elle est vivante quand les élus ne sont pas prisonniers d’un parti, mais ont la liberté de voter avec les gens d’en face. Toutes ces choses nous sont apparemment interdites en France : la taxe carbone est un bon exemple de mesure dont le peuple ne veut pas, mais qu’une majorité de parlementaires va finalement voter parce qu’il faut rester discipliné à la veille d’une consultation électorale. Etre élu d’abord, s’occuper des électeurs ensuite – et de toutes façons leur mentir.

Les Américains ne sont pas convertis au socialisme. Telle était pourtant l’intention d’Obama et de la gauche « libérale » américaine, qui ne cesse d’instiller une lutte des classes là où elle n’existe pas, et d’exciter une lutte des races alors qu’elle s’est apaisée (l’élection d’Obama le démontre). Cependant le fond de la population, y compris celle des minorités ethniques, demeure attachée à la liberté et à la responsabilité. Le système de santé américain est boiteux, juxtaposant public et privé, mais les Américains veulent avant tout garder la maîtrise de leur vie, organiser leur santé, leur famille et leur retraite, en fonction de leurs propres choix, et sous leur responsabilité. Certes l’Etat Providence a fait, ici comme ailleurs, ses progrès et ses ravages. Mais, un temps éblouis par le personnage messianique et apeurés par la crise, les Américains semblent aujourd’hui renaître à la liberté. La plupart des citoyens des Etats-Unis, de vieille souche ou récemment immigrés, sont fiers de leur nation. Que n’avons-nous pas la même fierté d’être Français ! Chez nous la France a été captée, monopolisée par l’Etat socialiste, qui a condamné le peuple à l’assistance, au clientélisme et à la servitude, fût-elle consentie.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

Editorial : L'école de la République
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Connaissance du libéralisme :
Liberté et droit, la synthèse
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