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Voir la vie comme un économiste

Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker.

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MORALITE ET MARCHE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 31 Août 2009 01:00
 Rééducation

Le marché est immoral, injuste, comme il l’a toujours été. Maintenant c’est un comble : il devient inefficace !

Voilà à peu près le message dominant de ces derniers jours, de cet été stupidement gâché par le réchauffement de la planète. Les deux préoccupations majeures de nos dirigeants ont été de rudoyer les banquiers pour qu’ils cessent de verser des bonus scandaleux aux traders, et de lancer la nouvelle taxe carbone qui va permettre de sauver la planète. Contraste édifiant entre les vices de la finance et les vertus de l’Etat. Les uns profitent et exploitent, les autres protègent et partagent. La mondialisation détruit les emplois, l’Etat maîtrise le chômage, faute de le résorber. Un nouveau consensus s’établit au sein d’une France enfin réconciliée dans le socialisme, sinon dans le Parti Socialiste : Juppé et Rocard co-responsables du grand emprunt public à venir – du jamais vu !

Là-dessus, voici les ultra-libéraux impénitents réunis en colloques et universités d’été autour du même thème : marché et moralité.

Pour rappeler d’abord un certain nombre de faits et d’évidences :

1° La crise actuelle, comme celle de 1929, n’est pas celle du capitalisme ni du marché, mais bien celle de l’Etat Providence, dont la réglementation et la politique, notamment dans le domaine monétaire et financier, ont été catastrophiques : taux d’intérêt artificiellement bas créant le mal-investissement (l’argent est si abondant qu’il est gaspillé, notamment en dépenses publiques), crédits démagogiques accordés à des insolvables sur ordre de l’Etat (subprimes), falsification des procédures d’audit et de contrôle des établissements financiers, soutien d’entreprises et de banques condamnées à disparaître pour leurs erreurs, neutralisation de la gouvernance des entreprises, etc.

2° Le marché est une procédure. L’objet d’un marché peut être moral ou non, les personnes passant un marché peuvent être immorales ou non, mais le marché, simple instrument, ne saurait avoir quelque moralité que ce soit. Ce point décisif a d’ailleurs été souligné par une autorité morale reconnue, le Pape Benoît XVI, qui écrit dans sa dernière lettre encyclique « Ce n’est pas l’instrument qui doit être mis en cause, mais l’homme, sa conscience morale et sa responsabilité personnelle et sociale ». Vous ne dites pas d’une voiture qu’elle est immorale parce qu’elle est conduite par un chauffard.  

Mais le type de voiture ne porte-t-il pas les conducteurs à se conduire en chauffards ?

Il me semble évident que le marché, en sa qualité de procédure, n’est que le résultat de l’action spontanée qui pousse les hommes à échanger au lieu de spolier. Est-il plus immoral de gagner sa vie par l’échange ou par la violence ? Le propre de l’homme, à la différence des autres êtres vivants, est de pouvoir assurer sa survie autrement qu’en pillant, tuant et asservissant. La loi des hommes est précisément différente de la loi de la jungle. « On n’a jamais vu des chiens échanger un os », disait Friedman

Qu’en réalité des hommes et des femmes laissent parfois (ou toujours) exprimer leur avide bestialité et cherchent à satisfaire leurs désirs et leurs besoins en imposant la loi du plus fort, en pratiquant la coercition, n’enlève rien au fait que les hommes et les femmes ont aussi un sentiment naturel de sympathie (Adam Smith), et sont portés vers la rencontre et la coopération avec les autres. La loi spécifique des relations humaines est donc celle de l’échange et, seul être vivant doté de raison, l’homme comprend très vite que le recours à la violence a ses limites, et que la procédure d’échange lui vaut progrès personnel et harmonie sociale. Si, comme le disait Hobbes, et comme le pensent les socialistes « l’homme est un loup pour l’homme », c’est que l’homme n’est plus qu’un loup. Si on voit la société humaine comme une jungle, il faut un Etat qui oblige les hommes à bien se comporter. Mais l’Etat n’est-il pas entre les mains des hommes, et qui sont-ils ceux qui savent comment « bien » se comporter ?

Si on voit au contraire la société comme un réseau de relations nées de services mutuellement rendus, dans un cadre s’élargissant sans cesse, on comprend les bienfaits du marché.

Donc, a priori, accepter la loi du marché, c’est aussi respecter les autres, agir avec eux, accepter leur diversité et faire jouer des  complémentarités. « S’enrichir de nos différences ». Est-ce immoral réellement ? La concurrence, est-ce l’écrasement du faible par le fort, ou l’invitation pour tous à s’aligner sur le meilleur du moment, sur celui qui a trouvé le meilleur moyen de servir la communauté ?

Demeurent cependant deux difficultés.

La première est celle des règles du jeu du marché, c'est-à-dire des institutions qui permettent à l’échange de se nouer et de procurer ses effets bénéfiques aux échangistes et aux autres. L’institution cardinale est celle de la propriété privée personnelle. Je ne peux échanger que le mien, contre le sien. Peu importent les valeurs respectives du mien et du sien : elles sont purement subjectives, et c’est bien parce que je l’appréciation de ce que je vous vends n’est pas la même que la vôtre que vous êtes prêt à acheter ; et que le contrat se conclut. L’échange est par nature inégal. Si nous avions tous les mêmes besoins, et les mêmes capacités, et mesurions tous nos besoins et capacités à la même échelle, il n’y aurait pas de marché. Ainsi le droit de propriété doit-il être protégé, et ici se situe sans doute la place d’un Etat autorisé à utiliser exceptionnellement la coercition pour assurer cette protection. Encore faut-il que cet Etat soit responsable de ses interventions, et que les gouvernants dotés du monopole de la violence soient eux-mêmes soumis à la loi qui établit le principe de la propriété et de la liberté d’échanger.

La deuxième difficulté vient précisément de ce qu’à l’heure présente c’est un Etat irresponsable, qui ignore toute autre loi que celles qu’il produit lui-même (et qu’il change à son gré), qui gouverne la plupart des pays, y compris ceux qui sont réputés « libres ». Cet Etat n’a cessé de vouloir étendre son pouvoir et élargir son champ d’action, réduisant de plus en plus l’espace marchand, limitant voire spoliant la propriété au lieu de la protéger. Alors l’essentiel des vertus morales qui accompagnent habituellement le marché se sont-elles érodées, voire même évanouies : la responsabilité personnelle disparaît, la corruption remplace l’honnêteté, les intérêts corporatistes effacent la concurrence, des privilèges et des revenus « sociaux » permettent aux uns de vivre aux dépens des autres. Bastiat avait raison : une fois l’esclavage aboli, et le vol puni (plus ou moins d’ailleurs) il ne reste que l’Etat pour vivre aux dépens des autres.

Alors, où est l’immoralité ?

Les libéraux, et notamment les économistes ou les entrepreneurs, ont naturellement tendance à défendre le marché sur le terrain de l’efficacité. Ce n’est pas très attirant pour le chaland. Les gens sont depuis des années gavés de productivité, de performance, et les socialistes sont habiles à démontrer que la crise actuelle démontre l’inefficacité du marché, et l’efficacité des interventions providentielles des Etats. La véritable défense du marché est sur le plan de la morale. Non pas, je le répète, que le marché soit plus moral, mais parce que la pratique de l’échange, qui pousse à la compréhension et au service des autres, et qui se fonde sur la propriété et la responsabilité personnelles, est conforme à la dignité de l’homme et prépare, avec une lenteur désespérante il est vrai, une civilisation de l’amour.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

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