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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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LA RETRAITE A 90 ANS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 22 Juin 2009 01:00
 Retraites

Je me réjouis de voir le Président de la République inscrire la réforme des retraites parmi les grandes priorités qui domineront  la deuxième partie de son mandat. J'entends également avec plaisir le Premier Ministre dire qu'en matière de retraites il n'y a « plus de tabou ». Ces positions sont novatrices : naguère, en haut lieu, on avait décrété que la question des retraites était définitivement réglée depuis 2003, année de la réforme Fillon.

Nos deux compères auraient-ils lu notre ouvrage sur les retraites ? Ils semblent admettre maintenant que l'assurance vieillesse actuelle est en plus grand péril qu'on le croyait.

Malheureusement, ils n'ont pas eu le temps d'aller au-delà du premier chapitre du premier tome, car ils y auraient également appris : d'une part que les réformes « paramétriques » n'ont aucun effet durable, d'autre part qu'il existe une réforme sérieuse et une seule : amorcer immédiatement la transition de la répartition vers la capitalisation. Je me permets donc de leur faire un résumé rapide des chapitres oubliés, sachant qu'ils trouvent malgré tout le temps de lire chaque semaine avec ravissement La Nouvelle Lettre.

Monsieur le ministre du travail Brice Heurtefeux a déclanché les passions avec son annonce d'une retraite à 61, puis 65, puis 67 ans. Depuis une semaine on ne parle que du travail des seniors, avec un thème sous-jacent : si vous voulez avoir une retraite décente il ne faut pas compter sur les dispositions actuelles de l'assurance vieillesse, il faut que vous y mettiez du vôtre et que vous fassiez un sacrifice pour assurer vos vieux jours.

Je suis bien entendu d'accord avec ce point de départ : les lendemains ne chantent pas pour ceux qui vont partir à la retraite et peut-être même pour ceux qui y sont déjà. Je suis également d'accord avec l'évidence à la base: il n'y a pas assez de cotisants pour payer les pensions des retraités. Je conviens également qu'arithmétiquement si l'âge de la retraite est relevé les retraités seront moins longtemps à charge, et auront cotisé plus longtemps.

Mais, dans cette dernière logique, je trouve que notre ministre est trop timoré. Pourquoi pas la retraite à 70 ans (certains pays y songent d'ores et déjà, d'autres sont déjà à 67 ans et n'ont plus qu'un effort marginal pour y arriver) ? Pourquoi pas la retraite à 90 ans ?

A 90 ans, tout est réglé : nous sommes au-delà de l'espérance de vie, et nous retrouvons la situation du XIXème siècle : personne ne prend sa retraite puisqu'on meurt au travail. D'autre part les sexagénaires, septuagénaires et octogénaires ne sont plus des pensionnés, mais de purs cotisants. Voilà notre système à nouveau équilibré.

Le Ministre a savamment expliqué que le report de l'âge de la retraite était une solution préférable aux deux autres qui pourraient se concevoir : augmenter les cotisations d'assurance vieillesse ou diminuer les pensions des retraités. Mais il ne s'est pas aperçu que ces trois solutions en reviennent au même : toujours demander plus et donner moins. Dans les trois cas, il s'agit d'une complète révision des clauses du contrat moral, politique et juridique passé entre la Sécurité Sociale et les Français qui y sont assujettis. Il s'agit d'une spoliation pure et simple. Mais c'est hélas le propre des assujettis que de devoir accepter les modifications du contrat qui leur sont unilatéralement imposées.

Alors, maintenant que le sujet n'est plus tabou, et que nous pouvons enfin dire toute la vérité, pourquoi ne pas rappeler celle-ci : ce n'est pas en bricolant les « paramètres » du système par répartition que l'on peut régler le problème des retraites, c'est en rompant avec le système. Fondé sur le principe que les cotisations payées en 2009 permettent de payer les pensions des personnes en retraite en 2009, le système actuel par répartition est doublement stupide : il ne peut fonctionner s'il y a moins de cotisants et davantage de retraités, et l'argent des cotisations ne rapporte rien, il entre dans un tiroir caisse pour en sortir aussitôt.

C'est avec ces aberrations qu'il faut en finir, car tous les acteurs du système actuel vont s'épuiser en sacrifices successifs, de plus en plus lourds, de plus en plus injustes.

L'analyse théorique et l'expérience vécue depuis trente ans nous enseignent que le système alternatif, celui de la capitalisation, a des vertus remarquables : à moindres cotisations il assure des retraites plus importantes, il n'y a aucun risque de faillite à long terme.

Reste donc à savoir comment on gère la transition d'un système à l'autre. La difficulté réside évidemment dans le fait que des millions de Français (environ 16 millions) ont acquis des droits depuis qu'ils sont entrés dans le système. Ayant cotisé quarante, trente, vingt dix ou même cinq ans, ils ne veulent pas - à juste titre - perdre les droits correspondants. Alors on en vient à poser la question de la « double charge » : comment honorer les dettes de la répartition tout en alimentant des comptes d'épargne retraites personnels ?

Notre travail a consisté à évoquer les diverses solutions possibles pour gérer la transition, et les choix entre ces solutions sont largement politiques. En général les choix les plus rentables financièrement sont ceux qui exigent le plus de courage politique. Nous avons dressé un tableau de ces choix :

-               choix entre une thérapie de choc (25 ans pour éponger la répartition) et la médecine progressive (71 ans pour Martin Feldstein) ;

-               choix entre des mesures uniformes, ou modulées suivant les assurés ;

-               une modulation en fonction de l'âge, de la profession, de la situation de famille ;

-               des mesures imposées ou laissées au libre choix des assurés ;

-               des organismes de gestion de la capitalisation publics ou privés, avec monopole ou concurrence, choisis librement par les assurés ou imposés par une autorité centrale ;

-               des gestions de fonds entièrement libres, ou des placements restreints par la loi.

Il existe des choix extrêmes : on peut aller soit vers des comptes personnels de retraite totalement entre les mains des assurés (c'est le cas du Chili depuis 25 ans, pour la plus grande satisfaction de tous), soit vers des cotisations complémentaires à des fonds de pension (on additionne au système public - qui reste en vigueur - un « deuxième » ou « troisième » pilier en capitalisation. Mais le refus de la transition n'est pas un choix, c'est un piège. Sans doute certains, à titre personnel, ont la lucidité et les moyens d'échapper au piège, et constituant une épargne suffisante sous des formes diverses (contrat d'assurance-vie par exemple) Mais il y a des millions d'assujettis à qui on demande sans cesse de « sauver » le système, et qui s'exécutent. C'est en pensant à eux que nous demandons aux gouvernants, dans leurs bonnes dispositions actuelles, d'amorcer enfin une vraie transition.

 

 

Veille de campagne

Flashes du jour

Fort heureusement, la mise en examen de Pénélope Fillon, à la suite d’une instruction « à charge » et d’une « célérité inhabituelle » (Me Cornut-Gentil) a eu peu d’écho puisque les médias ont été occupés à commenter : le choix de Valls, la lettre de divorce des Anglais avec l’UE, la défaite de la France face à l’Espagne.

 

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(Bourdin, 8 :30) : ce n’est pas un ralliement (dont visiblement Macron déclare n’avoir rien à faire, il reste le « maître de l’horloge »), mais un devoir national pour barrer la route à Marine Le Pen.

 

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L’île de la Guyane

Macron a évoqué « l’île de Guyane » : ignorance ou lapsus ? A trop parler on finit par dire n’importe quoi. Voilà de quoi inspirer confiance !

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : L’illusionniste

Conjoncture : Le CAC à 5000 : reprise ou bulle ?

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