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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Pourquoi la croissance de l’Etat ?

Au début du 20ème siècle, Adolph Wagner avait formulé une « loi économique » : les dépenses publiques occupent une proportion croissante du produit national. Une nation plus civilisée appelle un Etat plus dispendieux.

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UNE ENERGIE DEBORDANTE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 15 Juin 2009 01:00
 Energie

Notre bon Président fait preuve depuis deux ans d’une énergie débordante. Il est sur tous les terrains, il ouvre tous les dossiers, il organise et suit tous les évènements. Il a un don d’ubiquité, il tient tous les propos devant tous les publics, adaptant les propos aux publics comme il se doit. Il a été l’artisan du G 20, un Président de l’Union Européenne qui a bousculé Bruxelles endormie, un hôte d’Obama. Il n’y a rien d’étonnant à ce que sa cote d’amour dans les sondages soit toujours élevée : c’est un Président que l’on voit, que l’on entend, qui s’agite, s’insurge, qui promet, qui propose. Bref, un véritable entrepreneur politique.  

Mais je suis encore davantage admiratif devant sa nouvelle passion : l’énergie renouvelable. Certes, il avait toujours affirmé son soutien à Jean Louis Borloo, et il avait revendiqué la gloire du Grenelle de l’environnement. Sans doute avait-il apposé sa signature au bas du document rédigé par Nicolas Hulot au moment de la campagne électorale. Mais tout cela pouvait passer pour simple manœuvre politique.

Maintenant Nicolas Sarkozy semble être passé de la manœuvre à la passion. Il s’est réellement converti à la religion verte, et il a la foi des néophytes. Du coup, toute la France se trouve au vert.

 Vert de vert chez les amoureux des petits oiseaux, des fleurs, des produits bios, ennemis de l’automobile, des pesticides et de la chimie. Descendants tantôt de François d’Assise tantôt de Malthus, ils jugent la nature tantôt merveilleuse, tantôt ingrate. Ils s’érigent en protecteurs de la planète. Ils sont volontiers pessimistes sur la nature de l’homme, mais plutôt optimistes sur les initiatives des Etats.

Vert de rouge chez les marxistes qui ont pris le masque du développement durable au lendemain de la chute du mur de Berlin, à la conférence de Rio en 1992. Ils tiennent aujourd’hui leur revanche. Les Cohn Bendit, Mamère, Bové et Eva Joly ont persuadé l’opinion publique que la planète était menacée par le capitalisme pollueur, injuste, exploiteur. La nouvelle lutte des classes se serait déplacée entre le Nord et le Sud. Au Nord les nations bourgeoises ivres de croissance et de profit, au Sud les nations prolétaires obligées de piller la nature et tenues dans la misère par la mondialisation.

Nicolas Sarkozy, lui, est à la tête des verts de gris, de ces écologistes qui font dans le terne, le triste, le politiquement correct. Leur texte de référence c’est le Grenelle, on y écrira d’ailleurs très bientôt des  pages nouvelles, pour expliquer qu’il y a plus de mer que de terre à la surface de la planète.

Tout cela ne serait que spectacle si le Président n’en faisait un vrai programme de gouvernement. Tout d’abord, il ne cesse de prôner, en écho de son Ministre de l’Environnement, que l’on doit passer à la croissance verte, remède à la crise financière et économique, tandis que les emplois verts vont résorber le chômage. Financement annoncé avec fierté : 460 milliards d’euros, mais qui vont certainement nous rapporter beaucoup plus.

Depuis son discours d’Annecy, le Président a engagé la France dans un nouveau défi : être pionnière en matière d’énergie renouvelable, comme elle l’a été jadis en matière d’énergie nucléaire avec De Gaulle. De Gaulle, c’était l’atome, Sarkozy c’est les éoliennes. Ce défi devient vite réalité fiscale. On va d’abord soumettre très vite au Parlement le principe d’une taxe sur les énergies fossiles : les entreprises paieront pour l’usage intensif du charbon, du gaz, du pétrole. L’électricité pose problème, à cause de ses origines diverses. Voilà au passage de quoi compenser les pertes de recettes dues à la suppression (promise) de la taxe professionnelle. Quant à l’effet sur le pouvoir d’achat des gens qui ont le malheur de se déplacer et de se chauffer, il sera restauré par des allocations distribuées aux familles les plus pauvres. On leur rend l’argent qu’on leur a pris.

Vient ensuite la taxe sur les importations en provenance de pays qui font du « dumping environnemental », tous ces pays européens qui ne font pas l’effort de la France pour résorber les émissions de CO2 (nous aurions baissé ces émissions de 25%, dit-on). Ceux qui verraient ici une nouvelle mesure protectionniste sont certainement de mauvaise foi. On verra d’ailleurs avec quel empressement les nouveaux parlementaires européens suivront l’idée française.

Il va de soi que ce choix des énergies renouvelables est insensé à tous points de vue : injustifié, impraticable et liberticide.

Injustifié parce qu’il s’appuie sur trois arguments fallacieux : le réchauffement du climat (qui n’est ni uniforme, ni nouveau, ni dangereux), l’origine humaine de ce réchauffement (ce que démentent l’histoire et l’astrophysique), la responsabilité du système économique marchand (ce qui n’est évidemment que pure idéologie, mais c’est bien là qu’on veut en venir).

Impraticable, parce qu’il est impossible d’attendre des éoliennes ou des bio carburants qu’ils remplacent les énergies fossiles, et que le coût de l’énergie renouvelable, quand elle peut être utilisée, est dix fois supérieur à celui de l’énergie fossile.

Liberticide, puisque les particuliers et les entreprises seront contraints par la réglementation et la fiscalité d’en venir là où les gouvernants et les « experts » veulent les mener. Comme le dit Vaclav Klaus, c’est la police verte qui est en perspective. Ce qui est en danger ce n’est pas le climat, c’est la liberté. 

Je l’ai déjà dit : les abstentions massives ont concerné par priorité l’électorat dit « de droite » qui a porté Nicolas Sarkozy au pouvoir, tandis qu’au sein de la gauche il n’y a eu qu’un simple déplacement de voix, au détriment du PS et du Modem. On pouvait supposer que Nicolas Sarkozy avait été un fin stratège en flattant les verts pour mieux casser les socialistes. La manœuvre aurait dû cesser dès le soir du 7 juin. Il n’en a rien été : on est reparti tête baissée dans la voie verte, et on presse le pas.  

A ce compte, je ne sais pas si l’énergie débordante du Président sera durablement renouvelable. Nicolas Sarkozy court le risque d’une énergie de substitution, même avant 2012.   

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


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