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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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Les produits s’échangent contre les produits

Cette formule est aujourd’hui connue sous le nom de « loi de Say ».

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LE POPULISME PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 04 Mai 2009 01:00
 Le bon pasteur

Je voudrais prolonger la réflexion que j’ai menée dans mon récent éditorial sur la société de violence, qui m’a valu des commentaires encourageants, me conduisant à une nouvelle interrogation, plus politique celle-ci : comment rétablir la confiance et l’harmonie ?

Vous connaissez déjà ma réponse : par le retour aux sains principes de la liberté et de la responsabilité, qui se traduisent par le choix individuel, la coordination des choix par le marché, l’état de droit. La solution, c’est le libéralisme. 

Ce n’est un secret pour personne : en France le libéralisme n’a pour l’instant aucune expression politique significative. Il a connu son apogée à la veille des élections de 1986, mais desservi par Jacques Chirac et une classe politique dite « de droite » mais fondamentalement étatiste et dirigiste, il n’a cessé depuis de décliner. Naturellement, la pensée unique cherche à nous persuader que notre pays est aujourd’hui soumis à la dictature de l’ultra-libéralisme, alors qu’il est en réalité victime du socialisme extrême.

C’est ici que je vois se profiler le péril tout aussi extrême du populisme. Les manifestations du premier mai, dans un contexte de grèves, de séquestrations, de vandalisme, nous rapprochent sans doute de la société de violence, mais elles s’inscrivent aussi dans une évolution, apparemment inexorable, vers le populisme.  

Le populisme n’est ni de droite, ni de gauche, il est la radicalisation des réactions sociales. C’est le réflexe primitif de gens désespérés qui en viennent à désirer n’importe quoi, pourvu qu’on en finisse une bonne fois pour toutes – du moins le croient-ils. Sans doute y a-t-il des meneurs, des professionnels de la révolution et du jusqu’au-boutisme. Mais le populisme apparaît quand le peuple (d’où son nom) est prêt à suivre n’importe quel meneur.  

Après un demi-siècle ininterrompu de socialisme, les Français attendaient une rupture. Ils ne l’avaient pas eu en 1974, ni en 1986, ni en 1995 – autant d’espoirs déçus. Ils ont cru enfin y accéder en 2007 à l’issue d’une campagne sur « la rupture ». Mais depuis deux ans, ils ne voient que désordres, contradictions, équivoques, demi-mesures. Là-dessus, la crise et le catastrophisme médiatique font naître l’angoisse et la peur.

C’en est assez pour pousser le peuple vers des sentiments extrêmes, jusqu’à en oublier la moindre prudence, la moindre raison.

Les résultats du populisme ont toujours été l’effondrement de la nation, la misère et l’esclavage du peuple. Le populisme a porté au pouvoir Hitler et Mussolini (par opposition le totalitarisme communiste s’est instauré sans mobilisation des masses populaires – Lénine les méprisait et ne comptait que sur le parti). Le populisme a eu ses héros argentins avec Peron, puis Evita. Aujourd’hui il fait un retour en force en Amérique Latine. Dictatures populaires, militaires, collectivistes : la perte des libertés est au bout du populisme.

 Vous trouverez que je cède à mon tour à la peur, et que je flatte indirectement le populisme, et vous ne croirez pas au danger d’un populisme français. Je soumets cependant trois remarques à votre réflexion. 

1° Olivier Besancenot incarne parfaitement le meneur aventurier qui sème la violence et récolte le pouvoir. S’il réalise aux élections européennes le score que lui prêtent les sondages (entre 10 et 15% des voix), c’est que le populisme est en marche, et vous verrez l’opinion française et la classe politique  glisser irrésistible vers les discours et les politiques extrémistes. Si ce n’est pas le cas, je veux bien admettre que je vous ai alertés pour rien. 

2° Le populisme étant l’apanage des peuples désorientés, il faut redonner une boussole aux Français avant qu’ils ne la perdent. Ce peuple a besoin de doctrine, et la seule doctrine qui fasse rupture avec la société de violence est celle du libéralisme. Tant que le libéralisme ne renaîtra pas de ses cendres françaises, tant qu’il n’aura aucune expression publique et politique, le populisme nous guettera. Aujourd’hui, à quelques exceptions près, les libéraux naguère affirmés comme tels sont devenus des supplétifs de l’UMP, des alibis électoraux qui pipent les voix libérales pour les apporter à des gouvernements qui n’ont « rien à faire de Thatcher et de Hayek ».  

3° Le populisme n’existe que parce qu’il y a un peuple, c'est-à-dire une masse compacte et inorganisée, un troupeau de Panurge, capable de se jeter à l’eau de peur de se noyer. Mon souhait, et ce à quoi je m’emploie avec mes amis libéraux, c’est de redonner espoir et efficacité à la société civile. « Le peuple », c’est la négation de la société civile. La seule issue est dans le remembrement, la réorganisation, la motivation de la société civile, à travers un réseau d’associations, d’instituts, de cercles, de clubs. Idées Action fut, à l’initiative d’Alain Madelin, une réalisation exemplaire. De leur côté, les socialistes avaient multiplié les clubs, les conventions, avant de se diluer dans la politique politicienne et les querelles de personnes.  

Dans cette oeuvre de salut public, la seule de nature à barrer durablement la route au populisme, vous êtes concernés au même titre que moi. Les élans du populisme ne sont possibles que par la trahison des clercs, par l’indifférence et le scepticisme de gens qui ont perdu la foi. Si nous voulons tous barrer la route au populisme, il nous faut remettre sur le métier l’ouvrage libéral. On n’est pas obligé d’être libéral, mais être libéral oblige.

 

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Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


Editorial : 23 avril : fête de la Miséricorde

Conjoncture : Diminuer les charges sociales

Actualité  : Turquie : la dictature est en place - Trump contre Kim Jong-Un

Spécial présidentielles  : Pourquoi nous, économistes, soutenons Fillon - Fillon - Macron : comparaisons

Lu pour vous  : Sur le site libres.org : veille de campagne

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