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Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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SCANDALEUX ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 16 Mars 2009 01:00
 C'est un scandale !

Après l’« inentendable » de François CHEREQUE, voici le « scandaleux » de Laurent WAUQUIEZ. Le Secrétaire d’Etat en charge de l’Emploi estime « scandaleux » le comportement de TOTAL : cette compagnie, qui a réalisé 14 milliards de profits en 2008, se propose de supprimer cinq cent cinquante cinq emplois en France. Il exhorte les dirigeants de la firme à changer d’attitude au nom de la morale et de la solidarité.

Entre le syndicaliste et le politicien il y a convergence pour condamner les profits astronomiques et leur distribution aux actionnaires et pour nier le droit de propriété au nom d’un impérieux droit social. Mais je serai plus sévère à l’égard du politicien, et c’est son propos que je trouve scandaleux.

Le rôle d’un dirigeant n’est pas d’attiser la haine entre Français en montrant du doigt les entreprises qui licencient. Là où il faudrait un peu de discernement et de pédagogie pour maintenir la cohésion nationale, est-il bien moral d’hurler avec les loups, et d’étaler son ignorance et sa démagogie en désignant des boucs émissaires à la vindicte populaire ? Qu’un leader syndical se laisse aller à des écarts de langage et tienne des raisonnements « inentendables », passe encore : le syndicalisme français puise toujours aux sources de la lutte des classes. Mais qu’un membre du gouvernement calque son discours sur la propagande syndicale, et verse dans le populisme extrémiste, voilà qui me semble scandaleux.

La réaction de celui qui fut naguère le benjamin de l’Assemblée Nationale a de quoi surprendre à plus d’un titre.

D’abord un homme investi d’une responsabilité publique devrait se sentir obligé d’être objectif, et non sectaire. L’objectivité commande de dire que TOTAL réalise un profit qui est de nature tout à fait exceptionnelle, que la compagnie n’est pas près de retrouver. A la hausse du prix du baril a succédé une baisse tout aussi spectaculaire. Les dirigeants de TOTAL n’ont pas proposé aux actionnaires de leur distribuer les 14 milliards de l’aubaine, mais de réinvestir le plus gros de la somme pour développer la recherche de nouvelles sources énergétiques, qu’il s’agisse de gisements pétrolifères ou d’énergies de substitution. TOTAL, comme toute entreprise lucide, ne se gère pas au jour le jour et anticipe l’avenir. Or – autre point occulté par le ministre – l’avenir n’est pas dans les produits actuellement fabriqués dans les établissements concernés. En effet, comme l’a indiqué la direction de TOTAL, il y a eu disparition d’un débouché naguère important : les sacs plastiques, condamnés à disparaître des grandes surfaces par suite d’une réglementation inspirée par le « Grenelle de l’environnement ». Un autre oubli, celui-ci de taille, fait assimiler des suppressions d’emplois étalés sur deux ans et un licenciement immédiat concomitant de la hausse des profits. Il n’y a aucun licenciement, puisqu’il y a suppression d’emplois progressive par retraite normale ou anticipée des salariés et reclassement déjà acquis. Il n’y a aucune corrélation entre profit et licenciements, ni chez TOTAL ni ailleurs.

Ensuite, lorsque les entreprises soumises à la crise ont besoin de flexibilité et cherchent par tous les moyens à éviter les conséquences sociales et humaines de leur baisse d’activité, le moment est mal choisi pour entonner l’hymne à la sauvegarde de l’emploi à tout prix. C’est le plus sûr moyen d’entraîner des faillites en chaîne. A Marseille, la dernière entreprise de réparation navale vient de disparaître par la grâce de la CGT, tous les emplois vont disparaître.  

Entre les profits et la CGT, on devrait se demander qui est responsable du plus grand nombre de licenciements. Réagir à la crise en revendiquant sans mesure, en manifestant dans la rue : en multipliant les grèves, voilà qui ruine déjà ce qui reste de l’économie française. Seule survit la puissante administration, qui n’a rien à craindre pour les postes de fonctionnaires, que le gouvernement maintiendra, au lieu de les réduire dans l’intérêt des emplois privés.

Je le répète : le profit des entreprises est une bonne chose, et les régimes collectivistes qui l’ont interdit ou les gouvernements socialistes qui l’ont confisqué ont mené leur pays à la catastrophe économique, politique et humaine. Le profit est le signe que l’entreprise a correctement rempli sa mission, qui est de servir la communauté en répondant aux besoins de la clientèle. Le profit est la juste rémunération des entrepreneurs, et des actionnaires qui ont choisi le statut d’entrepreneurs associés. Le profit stimule ainsi l’innovation, l’esprit d’entreprise, il va de pair avec le droit à l’initiative dont doit jouir chaque être humain. Le profit est la marque de la responsabilité personnelle et, pour les sociétés, du bon contrôle des décideurs à travers une gouvernance de qualité. Le profit permet à l’entreprise de financer une croissance durable, et d’orienter les efforts dans la direction indiquée par les signaux du marché.Le profit permet aussi de préserver l’essentiel en période de crise.

Monsieur WAUQUIEZ aurait pu dire quelques mots de ce qu’il en coûte au contribuable français en impôts et en dettes publiques pour maintenir à flot des entreprises qui ne réalisent aucun profit et sombrent dans l’assistanat : les banques irresponsables, les industries inadaptées, et finalement tous ceux qui nous ont mis aujourd’hui sur la paille.

Scandaleux le soutien qui est apporté à la France de l’échec et scandaleuse la mise en accusation de la France du profit et de la réussite. 

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


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