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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 02 Mars 2009 01:00
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Monsieur le Président de la République,

 

Je ne comprends pas les attaques permanentes dont je suis l’objet de la part de la gauche et de François BAYROU. Ces gens s’imaginent qu’il y a eu un montage abracadabrantesque pour me propulser à la tête de la nouvelle entité créée par la fusion des Caisses d’Espagne et des Banques Populaires. La réalité est bien autre, et je vous en fais témoin : je ne voulais absolument pas assumer cette mission, et je ne m’y suis résolu car nul autre n’en voulait et parce que le service public l’exigeait.

Je m’étais fortement impliqué, il est vrai, dans la préparation de cette fusion. C’est dans mon bureau à l’Elysée que j’avais convoqué les deux PDG Bernard Comolet (Caisses d’Epargne) et Philippe Dupont (Banques Populaires), en présence de représentants du ministère de l’économie, du Trésor, de la Banque de France. Vous-même et Madame Lagarde aviez exercé d’amicales pressions sur ces interlocuteurs pour accepter les modalités d’une opération qu’ils n’appréciaient pas nécessairement. Ils sont en effet animés des sentiments mutualistes propres à ce genre de banque, à la différence des financiers privés – notamment anglo-saxons – qui ne cherchent que les profits et la satisfaction des capitalistes actionnaires.

Tout paraissait devoir s’arranger, et j’avais même avec votre accord choisi la date du vendredi 27 février pour annoncer la fusion : date à laquelle les deux établissements devaient annoncer leurs résultats et ceux de leur filiale commune, Natixis (au total, 5 milliards d’euros). Demeurait simplement une interrogation : qui siègerait à la tête de ce nouveau groupe financier ?

Nous avions misé sur François Villeroy de Galhau, la presse l’avait même annoncé. Il avait toutes les compétences voulues : il a été directeur de cabinet de Dominique Strauss-Khan à Bercy – ce qui  n’aurait pas manqué de renforcer les liens déjà très amicaux que nous entretenons avec le FMI, d’où la France a progressivement évincé les Etats-Unis.

Cela ne s’est pas fait, et nous avons cherché alors d’autres personnalités pour assumer cette mission. Nous n’avons pas eu les candidatures attendues, et les gens pressentis ont décliné l’offre sous des prétextes plus ou moins fallacieux. Certains, d’un esprit mesquin et comptable, ont refusé de prendre la tête de deux établissements et de leur filiale commune ayant eu des résultats si mauvais en 2008, et qui auraient même pu disparaître sans le secours des fonds publics. D’autres, pénétrés de l’idéologie ultra-libérale qui règne en France (parmi les énarques en particulier) ont été choqués par le fait que l’Etat se mêle de ce qui ne le regarde pas, et prenne de lourdes participations dans  le capital de ces banques, réalisant ainsi une nationalisation de fait, comme le réclament d’ailleurs depuis longtemps les socialistes. Quelques-uns, enfin, ont confessé envisager plutôt de se délocaliser, et d’aller exercer leurs compétences dans l’un de ces paradis fiscaux qui sont la honte du capitalisme mondialisé.

J’ai été surpris et déçu par ces rejets successifs, et ces arguments inadmissibles. C’est alors, Monsieur le Président, que vous m’avez demandé le lourd sacrifice de combler ce vide dommageable pour les épargnants et les entreprises françaises.

Je n’en avais aucune envie. En effet, je préférais de beaucoup la position que j’occupais, puisque avec mes deux comparses, Stéphane Richard à Bercy et Antoine Gosset-Gainvielle à Matignon , nous étions les vrais décideurs de la politique économique française (sauf votre respect, mais rassurez-vous : l’Elysée gardait toujours la prééminence). Or  c’est  une  aventure  exaltante  que  de  faire et défaire les budgets, de jouer avec les impôts, les prestations sociales, de gérer des fonds souverains, de recevoir les doléances de ceux qui cherchent la manne publique, d’accompagner Jean Louis Borloo dans la voie de la fiscalité et de la réglementation de nature à sauver la planète. Vouliez-vous que j’abandonne ma baguette magique alors que la féérique relance n’en était qu’à ses premiers instants ?

Ce n’est donc qu’avec les plus grandes réticences que j’ai cédé à votre amicale pression. Je m’y suis résolu parce que nul autre n’avait voulu occuper un fauteuil que j’avais pourtant soigneusement capitonné pour son futur occupant. J’ai accepté pour ne pas compromettre un changement décisif pour notre économie : remettre entre les mains de l’Etat le pouvoir financier imprudemment rendu aux spéculateurs privés avec les privatisations. Vous avez déjà nommé l’un de mes éminents collègues énarques Augustin de Romanet à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignations. Comme les fonds recueillis par les Caisses d’Epargne (qui disposaient naguère du monopole de l’épargne populaire défiscalisée) vont à la Caisse des Dépôts la création d’un pôle financier étatique est un effort qu’il faut couronner. A une finance scandaleusement soumise au marché mondial, nous allons substituer une finance animée par des banquiers qui, à l’image des préfets, devront obéir au pouvoir central. 

Pour me convaincre définitivement, vous m’avez assuré qu’il n’y aurait aucun problème avec le Comité de Déontologie au sujet de la compatibilité de ma position actuelle avec cette fonction future. Il faut en effet compter avec tous les gens mal intentionnés dans ce pays : l’opposition de gauche et du centre, les syndicats, le MEDEF. Je vous serais reconnaissant de me mettre à l’abri de ces attaques qui nuisent à la transparence de cette nomination.

Je préfère garder l’anonymat, et ne pas signer cette lettre – François Bayrou ou quelque autre ultra-libéral de sa sorte pourrait s’en servir.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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