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Jacques Garello l www.libres.org

Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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DÉTOUR SURPRISE PAR BAGDAD PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 16 Février 2009 01:00
 Il n'y aura pas de Français en Irak...

Le Président SARKOZY devait se rendre directement de Paris aux Émirats du Golfe, il nous a fait la surprise d’un détour par Bagdad. Je dirai même double, triple surprise.

La première surprise, c’est la nouvelle image que les Français auront eue de la situation actuelle dans la capitale de l’Irak. Depuis des mois, nos medias ont présenté la ville comme le théâtre quotidien d’attentats, de violences, de désordres. C’était bien la preuve irréfutable de l’échec de l’expédition américaine, de l’erreur militaire et diplomatique de la politique Bush – le président honni. Voici qu’on reconnaît maintenant que Bagdad a retrouvé la vie, que les gens peuvent à nouveau y circuler, y travailler, et peut-être même s’y amuser. Y aurait-il eu par hasard quelque exagération dans la description apocalyptique des malheurs de Bagdad ? La politique américaine aurait-elle connu quelque succès ? Certes, je n’ignore pas les tensions persistantes entre Chiites et Sunnites, ni la gravité du problème kurde (qui se pose aussi bien à Ankara et Moscou qu’à Bagdad). Mais que la paix soit revenue après des années d’épouvante n’en demeure pas moins une réalité, découverte avec surprise par la plupart de nos compatriotes, grâce à notre Président.

Autre surprise : il y a eu des élections librement organisées et vécues à Bagdad et dans l’Irak entier. Remplacer la dictature par la démocratie : l’objectif américain aurait-il été atteint ? C’est un chef de gouvernement démocratique que Nicolas SARKOZY a serré sur son cœur avec émotion en arrivant à Bagdad. Ce sont des élus qui prendront en charge le gouvernement des régions irakiennes, et souvent les ennemis d’hier se sont coalisés pour partager demain le pouvoir. Voilà qui dément la fable qui veut que certains peuples soient condamnés à la dictature, un mal nécessaire qui justifierait le pouvoir absolu de BOUTEFLIKA comme de KHADAFI. On tient le même raisonnement pour les pays africains, et la politique française, voire occidentale, a toujours consisté à rechercher le « bon » dictateur. Des slogans comme « on n’impose pas la démocratie par la force » ont fait recette ces derniers temps. C’est oublier que les Européens ont retrouvé la démocratie en 1945 grâce à « l’invasion » américaine, c’est ignorer que la démocratie, expression de la liberté politique, est une aspiration des peuples, et qu’elle éclot naturellement dans le cœur des hommes et des femmes tenus en esclavage depuis des siècles, parce que la liberté est dans la nature des êtres humains. Les Allemands, les Russes ou les Italiens étaient-ils des peuples « faits » pour la dictature ? Les Irakiens, Iraniens, Éthiopiens, Cubains, Coréens et autres seraient-ils des hommes si différents, peut-être même des spécimens de sous-humanité ? 

Autre surprise : voici que la France s’empresse auprès de la jeune démocratie irakienne pour y retrouver la place éminente qu’elle y avait du temps de SADAM HUSSEIN. L’empressement est d’un assez mauvais goût. La diplomatie française a activement lutté contre la guerre en Irak, puis elle a laissé Américains et Anglais en charge de l’Irak, puis elle a attendu que les choses se passent, que l’ordre soit revenu et la démocratie installée. Coucou : voici à nouveau la France, cette France jadis amie du dictateur, qui assurait la sécurité de nos approvisionnements en pétrole, qui arrosait aussi nos partis politiques de tous les bords, qui nous achetait armes et techniques. Voici la France prête à faire à nouveau du business, mais évidemment sans esprit de lucre, puisque la loi du profit a été abrogée dans notre pays solidariste et collectiviste. Il fallait, nous a-t-on dit, que Nicolas SARKOZY devance la visite d’OBAMA en Irak et dans la région du Golfe : histoire d’affirmer notre préséance diplomatique et économique sur toute autre nation au monde. Oubliant qu’il a quitté la présidence de l’Union depuis le 1er janvier, Nicolas SARKOZY parle même au nom de l’Europe. Je trouve donc quelque impudeur et quelque mégalomanie à se présenter aux Irakiens en « interlocuteur valable », car je ne vois pas à quel titre les Irakiens nous réserveraient un traitement de faveur, ni même auraient la moindre considération pour des dirigeants français qui ont joué pendant un demi-siècle les Ponce Pilate. La seule visite du président français, et ce geste «d’amitié spontanée » pouvaient-ils effacer un passé si lourd ? 

Sans doute le rôle d’un Président est-il d’exprimer le désir de paix et d’amitié de la France avec les peuples du monde entier. Sans doute devait-on tôt ou tard renouer avec l’Irak des liens que nous avions rompus ou dévoyés. Sans doute les entreprises françaises ont-elles besoin de débouchés dans les pays émergents, sans doute la France a-t-elle besoin de diversifier ses approvisionnements. Mais toutes ces bonnes raisons n’autorisent pas des surprises de taille, dont nul ne sait si elles avaient été préparées de longue date par le quai d’Orsay (dont le locataire, le bon docteur K, avait naguère offensé le premier ministre iranien) ou si elles ont été le fruit d’une impulsion mortelle ou providentielle. 

Si la France était une vraie démocratie, nul doute que de telles surprises nous seraient inconnues. D’une part, le sort de nos entreprises, de nos relations économiques internationales et de nos emplois  ne dépendrait pas des initiatives d’un président de la république commis voyageur à la recherche de contrats mirobolants (une tradition bien française). D’autre part, la diplomatie serait définie au niveau du Parlement, et ne constituerait pas un « domaine réservé » comme l’a institué la V° République. Une rupture avec ces mœurs politiques aurait été, à coup sûr, une vraie surprise.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

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