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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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L’omniscience de Karl Marx

Le succès de Karl Marx tient sans doute au fait qu’il donne une réponse complète (fût-elle fallacieuse) à tous les mystères de la vie des hommes en société. Il parcourt – superficiellement - toute la connaissance scientifique de son époque.

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 26 Janvier 2009 01:00
 Bercy

Je te donne mon argent. Tu me donnes ton bonus.

C’est le marché donnant donnant mis en mains par le gouvernement, et ceux qui ne l’accepteront pas devront « s’adresser à un autre guichet » a précisé Madame Lagarde.

Premier problème : l’Etat n’a pas d’argent, sauf celui qu’il confisque sur-le-champ au contribuable ou qu’il emprunte (il sera confisqué dès l’an prochain pour assurer « le service de la dette »).

Deuxième problème : le bonus ne peut se donner qu’en respectant un contrat de travail, et en recevant l’aval des actionnaires ; une simple décision politique peut-elle effacer le droit des sociétés et les obligations contractuelles ?

Mais, apparemment, ce sont des détails qui n’arrêtent pas nos relanceurs. On est dans l’urgence, donc on est dans l’arbitraire.

Le principe du donnant-donnant ne serait-il que le fruit de circonstances exceptionnelles et de la panique d’un gouvernement en mal d’idées mais en veine de slogans ? Je ne le crois pas malheureusement, et ce n’est pas par hasard que notre Ministre de l’Economie, juriste éminente qui sait peser ses mots, a parlé de « guichet ». L’intention affirmée par nos dirigeants est de passer de l’économie de marché à l’économie de guichet. Il n’est plus nécessaire d’être en harmonie avec les besoins des clients, il suffit d’être en accord avec les règlements des bureaucrates.

Voilà l’un des aspects de ce « retour de l’Etat » salué avec enthousiasme par des millions de personnes ignorantes de l’histoire contemporaine, et par une élite assoiffée d’un pouvoir économique que la mondialisation a arrachée aux prédateurs pour le donner aux consommateurs et aux producteurs.

Les clauses du contrat donnant-donnant sont bien simples.

Il y a d’abord : Tu me donnes tes impôts, je te donne mes fonctionnaires et mes protégés. La France est devenue le pays le plus fiscalisé d’Europe, parce qu’elle a aussi le secteur public le plus développé, la dépense publique la plus croissante.

Il y a ensuite : Tu me donnes ton travail, je te donne mes grèves. La grève générale du 29 janvier sera là pour démontrer qu’en pleine crise, la France peut se payer le luxe des manifestations, des surenchères. La fonction publique et les syndicats non-représentatifs paralysent le pays, et désorganisent le travail et la vie quotidienne, mais qu’importe ?

Il y a enfin : Je te donne ta sécurité, tu me donnes ta liberté. C’est sans doute à ce troc que se ramènent tous les autres donnant-donnant. Les Français sont apeurés : par la conjoncture économique, par le choc des civilisations, par le chômage, par le pouvoir d’achat, et enfin par le réchauffement climatique et autres catastrophes environnementales annoncées. Les dirigeants les rassurent : l’Etat veille. Il va relancer la conjoncture, œuvrer pour la paix, intégrer toutes les cultures, soutenir les entreprises, dynamiser le commerce, et - grâce au Grenelle de l’environnement – sauver la planète. Mais pour réaliser ce programme, l’Etat a besoin de subventionner (donc de prélever), de réglementer (donc de brider l’initiative), de contrôler (donc de tout prendre en mains). L’économie sera « régulée », et il est symptomatique que l’on sacralise l’économiste Eric Besson, un théoricien de la « régulation », terme élégant pour désigner le dirigisme et la planification.

Le peuple de France verse-t-il peu à peu, comme le disait La Boétie, dans « la servitude consentie » ? Le pouvoir a suffisamment de clientèle, de postes à créer ou à protéger, de manne publique à distribuer ; il ne manque pas non plus d’instructeurs (Education Nationale) ni d’informateurs (chaînes et radios publiques) pour éduquer, former, plier l’opinion publique. Chez nous, il n’y a pas de retour de l’Etat, puisque il n’y avait jamais eu de départ, mais il y a main basse de l’Etat sur tout ce qui est la vie, la création, le savoir.

Personnellement, et puisque c’est à la mode, je fais un rêve : je rêve d’un autre donnant-donnant. Je donnerais des impôts pour de véritables services publics, pour qu’on me donne enfin une police, une justice et une défense dignes de ce nom. Je donnerais des cotisations sociales pour être réellement bien soigné et pour avoir une retraite décente, à moindres coûts. Je donnerais des mandats à des parlementaires pour qu’ils tiennent leurs promesses et qu’ils me donnent ce que j’en attends : la limitation du pouvoir et la garantie de mes droits personnels. C’est ce que l’on a appelé jadis « le contrat social ».

Encore mieux : je ne donnerais rien à l’Etat, et il ne me donnerait rien.

 

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Au sommaire du n°1323 du 23 mai 2017


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