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Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 01 Décembre 2008 01:00
 Hayek versus Keynes

« Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ». La peste keynésienne envahit les esprits, et je me trouve chaque jour confronté à des gens qui présentent tous les symptômes de la maladie. Je suis heureusement vacciné et n’ai pas besoin de piqûre de rappel.

Les symptômes sont nets. Prenez un bon libéral, voire même un ultra, qui a toujours professé sa préférence pour la libre entreprise et le libre échange. Parlez avec lui de la « crise ». Il conviendra parfaitement que la crise est due aux maladresses, voire aux malversations, des responsables de la politique monétaire et financière. Il vous suivra quand vous rappellerez que les subprimes ont eu comme foyers deux organismes publics distribuant sur ordre du gouvernement américain des crédits hypothécaires immobiliers à des gens incapables de les rembourser. Il admettra que le laxisme monétaire de la Réserve Fédérale a dilué la responsabilité des financiers. S’il a quelque connaissance technique, il conviendra que la finance est sur-réglementée, avec des réglementations stupides comme Bâle II. Il marquera peut-être même son scepticisme à l’égard des « fonds souverains » et autres meccanos dirigistes imaginés par les hommes politiques. Mais, en conclusion, il vous surprendra en affirmant avec des sanglots dans la voix que lorsque la crise est là il faut bien recourir à la relance par les finances publiques. Il faut sauver les banques de la faillite, il faut injecter à cet effet les liquidités monétaires voulues, et les banques centrales doivent donc continuer à abaisser les taux d’intérêt et gonfler la masse monétaire.

Voilà donc l’AVC, voilà les boulons pétés. Des personnes jusque là saines d’esprit, qui ont toujours adhéré aux principes de « l’économie de l’offre », viennent grossir le camp des keynésiens qui professent les principes adverses de « l’économie de la demande ». Partisans de la liberté économique et ennemis de l’Etat en temps ordinaire, ils deviennent partisans de l’intervention de l’Etat et de la mise en liberté surveillée en période de crise.

Le monde occidental a été atteint d’une telle épidémie dans les années 1930. La thèse de Keynes venait au bon moment, pour expliquer d’une part que la crise était celle du capitalisme créateur de chômage (alors qu’elle était déjà une crise du dirigisme) et d’autre part que l’on pouvait préserver quelques principes du capitalisme (comme la propriété privée du capital) à condition de mener une politique de plein emploi, de relance de la demande globale. Le keynésianisme apparaissait aux esprits faibles comme le moyen de sauver le capitalisme en réduisant la liberté économique et en misant sur l’intervention de l’Etat.

Nous y voici à nouveau. Pour éviter une « crise systémique » (c'est-à-dire pour éviter que le système capitaliste ne soit détruit par les Besancenot et Chavez) les malades contaminés applaudissent aux plans de relance dont l’imagination est sans borne, puisqu’il s’agit d’annoncer des milliards de soutien, alors que les Etats sont eux-mêmes en faillite.

La maladie atteint toutes les couches de la population. J’ai apprécié ce titre dans les journaux « Les libéraux de l’UMP se félicitent de l’intervention croissante de l’Etat ». Même parmi quelques personnes passant naguère pour des intellectuels libéraux, on se résout, la mort dans l’âme, à souhaiter l’inondation monétaire pour éviter la faillite des banques. Comme la crise menace aussi des milliers d’entreprises, on se résout encore à des crédits injustifiés pour sauver les emplois. Pour l’instant la seule recommandation keynésienne qui n’ait pas encore été reprise est le protectionnisme pur et dur : jusqu’ici la mondialisation a trouvé grâce, bien que les fonds souverains fassent recette.

Je crois que le succès du keynésianisme n’est dû qu’à l’ignorance des vertus du marché. Car, il y a dans le marché le vrai et le seul moyen de sortir de la crise sans recourir à l’Etat. 

Veut-on sauver les emplois ? Les emplois n’existent et ne durent qu’au service de la communauté, adaptés quantitativement et qualitativement à ce que veulent les clients. Supprimer des emplois n’est pas un drame quand d’autres emplois nouveaux apparaissent. « L’économie de l’offre » nous rappelle que le niveau d’emploi dépend de la liberté reconnue aux entrepreneurs, aux travailleurs et aux épargnants. Relancer l’économie c’est mettre fin aux entraves réglementaires, fiscales et sociales qui paralysent les entreprenants. C’est mettre fin aux privilèges dont bénéficient les parasites.

Un grand plan de relance consiste donc à libérer la créativité, et à rendre aux Français l’argent qui leur est injustement confisqué par un Etat rapace et une Sécurité Sociale en déroute. Mais qui en a le courage ?

Il est plus facile d’invoquer l’alibi des faillites des banques et des entreprises cotées. Ici encore, le marché est la solution : quand le prix des actifs devient très faible, voire négatif. Il y a des occasions de rachat par d’autres, ou d’appel à des augmentations de capital, les investisseurs faisant la différence entre ce qui leur promet des plus ou des moins values. Voilà sûrement des bouleversements, mais moindres que ceux d’un financement par l’Etat.

Car il faut en revenir à Bastiat : ce que l’on voit c’est le « sauvetage » des banques, ce que l’on ne voit pas c’est le coût de financement. Le coût c’est l’inflation, qui à son tour entraîne le chômage ; le coût c’est la dette publique, qui à son tour entraîne davantage de prélèvements obligatoires (et dès aujourd’hui à cause du service de la dette).

Ce que les malades du keynésianisme ont oublié, ou ignorent, c’est que l’économie est détruite par les interventions qui privent le marché de sa vertu essentielle : répartir les ressources rares en fonction des besoins réels de la communauté, grâce à un système de prix significatifs nés de la concurrence. Le dirigisme balaye tout cela. Après avoir balayé le marché, on appelle Keynes au secours !

Il est temps de comprendre en profondeur le fonctionnement des marchés. C’est la meilleure prévention contre cette terrible épidémie.

 

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Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


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