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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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C’est le message essentiel de celui qui est considéré (avec Turgot) comme le père de la science économique.

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L’IDEOLOGIE ULTRA-LIBERALE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 13 Octobre 2008 01:00
 Dommages collateraux

Parmi les dégâts collatéraux des désordres financiers, le pire est sans doute le retour en force de l’idéologie socialiste et de l’idolâtrie étatiste. Combien de temps durera cette nouvelle mode, qui oblige tout le monde à avoir plein la bouche du New Deal et de Bretton Woods ? Je n’en sais rien : sans doute le temps que le marché reprenne son cours, s’il n’est pas gravement endommagé par les interventions publiques.

Dans l’immédiat, je me fais cependant un devoir de relever les énormités qui circulent ces jours-ci, et de rappeler quelques vérités à ceux qui les professent et les diffusent.

J’ai noté cette semaine l’éditorial de Favilla dans Les Echos de mardi 7 octobre. Je cite :

[…]La bulle idéologique apparaît en pleine lumière, dans toute son ampleur. Cette bulle idéologique, la religion du marché tout-puissant, a de grandes ressemblances avec ce que fut l'idéologie communiste. Elles ont régné sans partage pendant plusieurs décennies : sept pour le communisme, presque quatre pour l'ultralibéralisme]… [Depuis la mise en oeuvre, par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, de la doctrine de Milton Friedman, le rouleau compresseur idéologique libéral a tout balayé sur son passage]… [Et voici que tout à coup, la vérité apparaît. L'autorégulation du marché est un mythe idéologique, le jeu des acteurs économiques affranchis de toute règle ne converge pas mais, au contraire, diverge gravement, aidé en cela par le naufrage éthique de certaines élites financières. Bref, la doctrine friedmanienne est erronée parce que toute mécanique humaine sans contre-pouvoirs ne tend pas vers l'équilibre mais vers la spéculation, c'est-à-dire vers la déraison].

Cette pièce de littérature est assez remarquable. Communisme et Ultra-libéralisme sont mis sur le même plan. L’ultra-libéralisme a triomphé pendant quatre décennies. On n’a plus juré que par le « souverain marché ». Les intérêts des acteurs économiques divergent. Tout cela par la faute de Friedman, Reagan et Thatcher. Dans ces propos, j’identifie ce qui est pur mensonge, ce qui est ignorance, ce qui est erreur, ce qui est injure.

Pur mensonge que d’évoquer un règne de 40 ans d’ultra-libéralisme. D’une part, je ne vois pas quel aura été le Président ou le premier ministre français qui aura mérité de passer pour libéral. Notre pays s’est enfermé dans son étatisme séculaire. Les impôts et les charges n’ont cessé d’augmenter, pour alimenter des dépenses publiques galopantes, la propriété privée a été molestée, la réglementation étouffante, et les syndicats tout puissants. Beaucoup d’observateurs étrangers classent la France comme le dernier pays communiste du monde. D’autre part, les hommes de l’Etat et leur clientèle de coquins et de copains n’ont jamais cessé, dans le monde entier, de résister à la vague de concurrence née de la mondialisation et qui emportait leur souveraineté comme fétu de paille ; ils ont tenté de reconstituer des cartels de gouvernants (G7, G8, G4) sans grand succès à ce jour. Enfin, la «crise » financière a été due aux politiques monétaires et bancaires mises en place, aux Etats-Unis comme ailleurs, par les gouvernants successifs et les instances internationales. Passer tout ce qui ne va pas au débit de l’ultra-libéralisme, c’est évidemment facile, mais c’est mensonger.

Totale ignorance de ce qu’est le marché, qui d’après son nom même, est accord, contrat, échange volontaire. Passer un marché, c’est concilier des intérêts apparemment opposés mais qui mettent finalement en œuvre la diversité des talents, des moyens et des goûts. Le marché est pouvoir de choix. Le marché est transformation d’un conflit en harmonie (« catallaxie »). Le marché est un processus de découverte, révélant les préférences de personnes libres à travers les indicateurs des prix et des profits, coordonnant des millions de plans individuels.

Erreur dramatique sur ce qu’est le libéralisme. S’il y a une idéologie libérale (alors qu’il s’agit d’une philosophie de la liberté), elle est très antérieure à Friedman et elle est française aussi bien qu’anglo-saxonne : c’est notamment Jean-Baptiste Say, Benjamin Constant, Alexis de Tocqueville, Frédéric Bastiat, Jacques Maritain, qui ont écrit les plus belles pages de la pensée libérale, des pages qui ont inspiré le monde entier, mais pas souvent leurs compatriotes. Le libéralisme n’est pas une recette d’efficacité économique, c’est une pétition pour la dignité de la personne humaine. Le libéralisme repose sur une certaine manière de voir l’être humain : créatif, désireux d’épanouir sa personnalité et de progresser grâce à ses talents, serviteur, sachant qu’il ne peut exister et se développer qu’au contact des autres, enraciné dans une communauté et à l’écoute des besoins des autres pour satisfaire les siens propres, « imparfait mais perfectible » parce que capable d’erreurs mais aussi doté de raison qui permet de tirer la leçon des erreurs. Je ne vois pas un tel humanisme dans la doctrine marxiste. Le communisme repose sur la haine au lieu de l’harmonie, sur la violence au lieu du contrat, sur la puissance au lieu de la confiance.

Injure grave faite à tous ceux qui ont soutenu la cause de la liberté et cette idée de l’homme et des relations humaines, au péril de leur vie ou de leur carrière. Injure à tous ces peuples tenus en esclavage qui aujourd’hui n’aspirent pas à mettre en place une nouvelle nomenklatura, mais veulent le libre échange et la libre entreprise. Injure à tous ces peuples enfermés dans leur misère par un siècle d’économie dirigée et un demi-siècle de planification, qui voudraient maintenant rejoindre ces économies émergentes qui ont pris le train de la mondialisation et libèrent des millions d’êtres humains de l’incertitude et de la servitude.

Il y a sept ans, j’écrivais dans les colonnes des Echos un article sur Bastiat. Je pourrais suggérer à Favilla de le reproduire aujourd’hui, il n’a rien perdu de son actualité. Mais je sais bien que règne dans ce journal actuellement, comme dans la France entière, un véritable terrorisme intellectuel : tout le monde a le droit de parler de l’ultra-libéralisme, sauf les ultra-libéraux. Dont je suis, et fier de l’être.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

Editorial : L'école de la République
Actualité
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Connaissance du libéralisme :
Liberté et droit, la synthèse
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