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FEU ROUGE POUR l’EUROPE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 16 Juin 2008 01:00
 Europe

Carton rouge pour l’Union européenne. Les Verts ont dit non.

L’issue du scrutin a été incertaine jusqu’au dernier moment, mais le verdict est maintenant sans appel, puisqu’il était convenu qu’un refus du « traité allégé » par l’un des pays membres remettait en cause la procédure prévue dans le projet vaillamment soutenu par la France.

La France et Nicolas Sarkozy ont été d’ailleurs au cœur de la campagne. Il fallait s’y attendre puisque c’est le Président français qui a eu l’initiative de cette relance européenne, et que les Français s’étaient illustrés en 2006 en rejetant le « projet constitutionnel » rédigé par un autre Français, Valéry Giscard d’Estaing. On a donc vu les portraits de notre Président affichés sur les panneaux électoraux, la plupart du temps ceux de l’opposition, qui a invité les électeurs à « voter non à Sarkozy », et « oui au peuple de France ».

Mais quels qu’aient été les arguments avancés pendant la campagne électorale, des raisons plus profondes ont incliné les Irlandais à s’opposer au texte qu’on leur proposait. D’une part l’Irlande est dans une conjoncture économique incroyable, que ses habitants n’avaient pas connue depuis des décennies, et elle n’entend pas voir compromettre son succès par des politiques européennes dont on ne sait guère ce qu’elles seraient. D’autre part l’Irlande a bâti sa croissance depuis quinze ans sur des réformes « thatchériennes » et n’a aucune sympathie pour le dirigisme européen. Les convictions des dirigeants et du peuple sont libérales, l’Union européenne ne l’est pas.

Les Irlandais ne voulaient donc ni devenir dépendants de l’Union, ni rompre avec leur passé récent. Ils voulaient garder leur spécificité en Europe. 

Cette spécificité se ramène à quelques points forts : la fiscalité la plus avantageuse des pays européens, qui n’a cessé d’attirer des investisseurs étrangers. L’impôt sur les sociétés est le plus faible d’Europe (12,5%) Le marché du travail est libre, la règle est celle du libre contrat, ce qui assure flexibilité et plein emploi. 400.000 étrangers ont immigré depuis dix ans. La réglementation est légère, et les entreprises peuvent se créer sans aucune formalité : plus de 1.200 (dont 120 françaises) sont venues s’installer. Les finances publiques sont saines, le budget en excédent et la dette inexistante. La protection sociale a été presque totalement privatisée, et le taux des charges sociales est de 12% des salaires. Au total, les prélèvements obligatoires sont de 29% du PIB, la moyenne européenne étant de 42% !

Dans ces conditions, pourquoi aller s’embarrasser avec des autorités européennes qui ne songent qu’à harmoniser, à réglementer. Harmoniser la fiscalité ? L’Irlande a souvent été accusée de faire du « dumping fiscal » et n’a aucune envie de se voir imposer des bases et des taux décidés par un Parlement Européen dominé par les dirigistes de tous pays. Réglementer le travail ? Les Irlandais ne veulent pas de la « Charte Sociale européenne » qui impose aux entrepreneurs des contraintes arbitraires et ruineuses.

Dans ces conditions, on comprend pourquoi les tenants du non ont été si dynamiques, au point d’emporter la consultation. 

La balle est maintenant dans le camp des « bâtisseurs » de l’Europe. Vont-ils tenir compte du coup de semonce donné par les Irlandais ? Vont-ils trouver une habileté de procédure pour continuer dans leur voie, sans rien changer à leur calendrier ?

La présidence de Nicolas Sarkozy, à la tête de l’Union jusqu’au 31 décembre, va donc avoir un relief nouveau. Il a le choix entre le passage en force et la recherche d’un compromis. Son goût pour les missions  impossibles  le  conduirait  sans  doute  à  persévérer et à oublier l’avertissement irlandais.  

Mais il n’a pas que des alliés au sein des 27. Celui qui lui succèdera le 1er janvier 2009, le président tchèque Vaclav Klaus, a une approche des problèmes européens très différente de celle de la classe politique française ; il souhaite une Europe des libertés, un espace européen de libre échange et de libre entreprise, et non pas une Europe des Etats, qui mettrait en place un pouvoir européen présent sur le terrain diplomatique et militaire. Ils sont nombreux, parmi les nouveaux membres de l’Union, mais aussi parmi quelques « anciens » comme les Anglais, les Suédois ou les Danois, à rejeter des institutions supra-nationales et des politiques économiques communes (à commencer par la fameuse et coûteuse PAC). Après le scrutin irlandais, Nicolas SARKOZY va-t-il imaginer une Europe à deux vitesses, vieux stratagème dont les Anglais ne veulent pas, ni peut-être les Allemands. Va-t-il installer dans la précipitation des institutions européennes, et s’assurer les grâces du Parlement européen en lui promettant des compétences élargies ?  

L’opinion publique européenne est certainement plus difficile à impressionner que les bons Français, qui réagissent bien au style élyséen – avec lequel ils sont maintenant familiarisés. D’autre part le crédit de Nicolas Sarkozy au niveau européen peut être altéré par les difficultés qu’il rencontre au niveau national. La grande bataille sur les retraites n’est pas encore engagée, et le bilan des réformes depuis un an n’est pas très brillant. 

Au fond, c’est bien à cela que se mesure la vacuité du projet européen actuel. Comme l’idée d’un Etat européen unitaire n’est admise nulle part, comme la solution confédérale a été éliminée, toute institution et toute règle européenne nouvelle paraîtra à juste titre comme purement artificielle, fruit de la volonté de quelques hommes politiques qui cherchent à élargir et pérenniser le pouvoir qu’ils sont en train de perdre au niveau national sous les coups de boutoir de la mondialisation, c'est-à-dire de l’ouverture des frontières et de la concurrence généralisée.

En rejetant le traité allégé, les Irlandais ont donné une leçon de réalisme économique et politique à ceux qui poursuivent la chimère d’un Etat européen souverain. Merci les Verts.

 

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