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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

36 pages, 5€

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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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AMENDER LA LOI DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 09 Juin 2008 01:00
 Offre et demande

On amende, on amende, on amende. On amende la constitution. On amende le code pénal. On amende le droit du travail. Exécutif et législatif se livrent à un travail épuisant, qui doit apporter à notre pays prospérité et fraternité. 

Dans leur ardeur réformiste, ils vont jusqu’à amender la loi de l’offre et de la demande. Cela me rappelle une anecdote vécue : s’entendant expliquer par le patron que l’entreprise devait s’adapter aux fluctuations du marché et accepter « la loi de l’offre et de la demande », ce délégué syndical de s’exclamer : « il n’y a qu’à changer la loi ! ». 

Beaucoup de personnes, à commencer par nos hommes politiques, sont maintenant poussées à croire que la loi de l’offre et de la demande qui régit l’économie est une loi comme une autre, qui aurait parfois besoin d’un sérieux amendement. Il suffirait que les dirigeants fassent une nouvelle loi. Bientôt c’est la loi de la pesanteur que l’on se promettra d’amender.

Notre pays a une telle tradition d’économie dirigée que les dérèglements ou déséquilibres sont imputés à l’Etat, et que l’on se tourne naturellement vers lui pour régler le problème en concevant et faisant voter des lois. Le pouvoir d’achat est-il en baisse ? Le Parlement doit faire une loi. L’énergie est-elle plus chère ? Le Parlement fera une loi. La planète se réchaufferait-elle ? Il faudrait que les Etats fassent une loi.  

Voici deux exemples illustrant ce glissement de la pensée dominante vers le vide intellectuel.

Pêcheurs, transporteurs routiers, taxis, paysans : le prix du carburant a fait un bond et compromet leur rentabilité. Cette hausse est le fait de la loi de l’offre et de la demande : les producteurs de pétrole ne livrent pas sur le marché toutes les quantités possibles, mais surtout les consommateurs sont de plus en plus nombreux, avec ces centaines de millions de Chinois et d’Indiens qui se mêlent d’avoir des voitures, des usines, des maisons. La loi de l’offre et de la demande veut que le prix augmente, il est révélateur d’une pénurie. 

A partir de là, deux réactions sont possibles. Celle qui a fait ses preuves depuis des siècles, est de tenir compte du signal des prix, et d’ajuster l’offre et la demande au déséquilibre révélé. D’une part on apprend à économiser le pétrole, de l’autre l’innovation est stimulée, faisant apparaître de nouvelles techniques ou de nouveaux produits inconnus ou délaissés jusqu’à présent.  

L’autre méthode est de faire passer une loi par le Parlement, ou d’obtenir du gouvernement un décret, une promesse, une compensation, une subvention. Providentiellement le prix sera maintenu à un niveau jugé « raisonnable » par les producteurs (qui se font beaucoup entendre) et par les consommateurs (moins bien placés). En réalité on n’aura fait que transférer le surcoût d’une catégorie sur une autre, la catégorie la plus facile à plumer étant celle des contribuables. Le prix n’est plus qu’un barème administratif et politique : bravo, on s’est enfin affranchi de la loi de l’offre et de la demande ! 

Télévisions publiques et privées : ici aussi on n’arrête pas le progrès. La concurrence (même inégale) fait que les recettes publicitaires vont pour l’essentiel aux chaînes privées, et délaissent les chaînes publiques. Là-dessus un esprit de génie, Alain MINC, souffle à l’oreille du Président (qui sait s’entourer des conseillers les plus avertis du monde), qu’un service public déchoît lorsqu’il vit d’une recette commerciale. Pouah ! La télévision, la culture ne peuvent appartenir au monde marchand et se soumettre à la loi de l’offre et de la demande ! Quand la transmission des émissions se faisait par ondes herziennes, on ne pouvait couper l’émission à un télespectateur particulier : la « redevance » a été inventée, c’est un impôt sur les téléviseurs et elle n’a rien d’un prix.  

Les techniques actuelles permettent de dénombrer et identifier les téléspectateurs, le produit est donc potentiellement marchand, mais la redevance est demeurée, alors que les recettes de publicité seraient suffisantes à financer les émissions, pour peu que ces émissions soient bonnes à l’audimat. Mais depuis plusieurs années les recettes de publicité ont fui les chaînes publiques pour leur préférer les chaînes privées. Qu’à cela ne tienne : une loi sur l’audio-visuel permettra de transférer le pactole publicitaire du privé vers le public, et la redevance sur les téléviseurs ne suffisant pas on va essayer de faire payer les pirates qui regardent la télé sur leur ordinateur ou sur leur mobile.  

Ces deux exemples sont tirés d’une centaine de situations dans lesquelles les autorités politiques, poussées par les corporations et l’idéologie, rejettent la logique marchande pour lui substituer la logique politique, qui se nourrit de promesses, de redistributions, mais aussi de prélèvements obligatoires. Cette substitution est dramatique. 

En effet, la loi de l’offre et de la demande qui régit les échanges n’est que la traduction normale et la mise en évidence d’une situation de pénurie ou d’abondance. Le principe de l’échange veut que les termes en soient fixés librement par les parties contractantes. La loi de l’offre et de la demande suppose des choix libres et responsables. Elle nous soumet à l’opinion des autres, mais renseigne aussi les autres sur notre propre opinion. 

Le processus marchand est extraverti. Le processus politique relève d’une autre logique, et la loi qui en découle ne peut régir l’économie qu’en supprimant le contrat et la liberté de choix aux différentes personnes, pour imposer la loi des dirigeants, des planificateurs technocrates, et de tous les nostalgiques de l’économie soviétique et dirigée. Ils prétendent nous libérer de la loi de l’offre et de la demande et imposent leur propre loi. L’argument est la supériorité de l’intérêt général sur l’intérêt particulier. Mais les législateurs en viennent très vite à nous dispenser de tout embarras du choix, et à nous libérer de notre liberté.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


Editorial : Pourquoi les Français n’aiment pas les réformes

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