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RENDEZ-VOUS DE LA REFORME PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 28 Avril 2008 01:00
 Les fables de Sarkozy

Je vous parle cette semaine encore de réformes, mais l'actualité m'y oblige. Je voudrais commenter d'une part le rendez-vous que Nicolas SARKOZY a donné jeudi dernier aux Français, d'autre part le contexte politique qui entoure cette intervention, enfin et surtout ce que les libéraux réunis en Assemblée Générale de l'ALEPS pensent de la réforme.

En quête de popularité, de lisibilité et de crédibilité, le Président s'est présenté aux Français dans un style qui se voulait plus conventionnel, plus maîtrisé. Il a joué sur la corde de l'humilité, reconnaissant les erreurs commises ; il en a confessées beaucoup.

Bien évidemment ces erreurs sont portées au débit de la communication, ce qui n'est pas tout à fait faux puisqu'on a assisté ces derniers mois à une belle cacophonie ministérielle, mais ce qui n'est pas tout à fait vrai puisqu'il s'agit d'erreurs de fond, comme l'obstination à considérer le Grenelle de l'environnement comme une grande chose alors que c'est une stupidité coûteuse et vraisemblablement sans lendemain (heureusement).

A mes yeux (atteints sans doute de myopie libérale), les erreurs d'orientation sont toujours lourdes et nombreuses, soit que les vraies réformes ne figurent pas dans les 55 évoquées par le Président, soit que les positions présidentielles soient à contre sens de ce qu'il faudrait dire et de ce qu'il faudrait faire. Pour la réforme de la Sécurité Sociale, on ne va pas plus loin que des artifices de financement pour l'assurance maladie (assortis d'une dose supplémentaire de médecine socialisée, remise entre les mains des Préfets à travers les Agences Régionales de Santé) et on considère le recul de l'âge de la retraite et le travail des seniors comme des solutions, alors qu'ils ne servent qu'à pérenniser le système par répartition en demandant aux Français de se payer eux-mêmes leurs retraites tout en continuant à cotiser à l'URSSAF. Je ne vois pas non plus d'évolution visible dans le domaine de l'Education Nationale, en l'absence de toute mesure tendant à instaurer autonomie et concurrence des établissements primaires, secondaires et universitaires.  

Pour le reste, le Président est toujours décalé par rapport aux réalités de l'entreprise et de la mondialisation. Il persiste à opposer entrepreneurs et spéculateurs, à vouloir "moraliser" le capitalisme alors que c'est l'étatisme qu'il faut moraliser, et à inventer un "modèle social européen" dont aucun de nos partenaires ne veut, et pour cause : les peuples ont besoin de liberté, pas de modèle. 

Dans tout cela, je ne vois pas les instruments d' une thérapie de choc, et la tortue des réformes risque de se hâter lentement, comme depuis un an. Faut-il s'en étonner ? Il n'y a pas de souffle ni d'expression libérale dans la classe dirigeante actuelle. Il y a sans doute quelques parlementaires libéraux,  je m'en réjouis et je les rencontre avec plaisir – eux aussi ne croient guère au lièvre des réformes. Mais un seul ministre, Hervé NOVELLI, se réclame ouvertement du libéralisme. Avec le groupe des réformateurs, en quête de reconnaissance au sein de l'UMP, il avait organisé pour le 6 mai prochain un "rendez-vous de la réforme", mais on lui a demandé de mettre fin à cette velléité d'autonomie – qui aurait pu passer pour une sécession – et la manifestation prévue se fera sous un chapeau différent : celui de l'UMP. Les libéraux ont donc juste le droit de se taire. Cette absence totale d'un courant libéral dans la vie politique française est dramatique, elle constitue une exception française et laisse la voie libre aux aventures étatistes et socialistes. Les peuples ont besoin de réformes libérales, pas de mesures étatistes.  

Il existe fort heureusement des libéraux qui ne sont pas condamnés à se taire ou à se cacher : ce sont ceux qui se retrouvaient à l'occasion de l'Assemblée Générale de l'ALEPS, jeudi soir dernier également. En dépit des vacances parisiennes, et de la rude concurrence de l'émission de TF1, nous nous sommes trouvés quatre vingt. En tenant compte de la qualité, voilà une force de frappe intellectuelle remarquable, que pourrait nous envier n'importe quelle formation politique si d'aventure elle avait besoin d'intellectuels, et se mettait enfin à penser. Autour de Pascal SALIN, Président du jury du Prix du Livre Libéral, une dizaine d'auteurs ont pris la parole pour résumer le contenu et le message de leurs œuvres respectives et toute la palette de la réflexion libérale a été couverte, depuis la philosophie (Yvan Blot, lauréat, Jean Philippe Delsol), jusqu'à l'analyse politique (Victoria Curzon-Price, Jean Michel Fourgous, Mathieu Laine), en passant par l'histoire économique (Gérard Minard, Fred Aftalion), la Sécurité Sociale (Georges Lane) ou l'écologie (Christian Gérondeau). Ces écrits devraient être les véritables guides des réformes. Voilà un rendez-vous avec les réformes qui avait un sens, qui permettait de juger notre pays par comparaison avec ses partenaires, qui soulignait le caractère éminemment social de la politique libérale, porteuse de promotion et d'harmonie, et qui préfigure les réformes du futur.

 

Nous le savons : il n'y aura pas de réforme vraie et durable autre que libérale. "Faisons la liberté, la liberté fera le reste", disait l'ami Jean Marc Varaut. Rendez-vous avec la liberté.

 

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Editorial : Deux foyers majeurs d'irresponsabilité

Conjoncture : La monnaie peut-elle être "souveraine" ?

Spécial présidentielles  : La non-réforme des non-retraites - François Fillon : le soft libéral - François Fillon : c'est de l'abîme que jaillit la lumière

Actualité libérale  : Trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts


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