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« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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REFORMES : MODE D’EMPLOI PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 14 Avril 2008 01:00
 Statu quo versus thérapie de choc

Comme bien d’autres, je ne cesse d’encourager le Président et le Gouvernement à se lancer enfin dans les réformes que réclame la nation en péril. Les prochaines échéances électorales (régionales, européennes) sont relativement lointaines, et nos dirigeants ont quelques mois devant eux pour réaliser avec audace ce qu’ils ont tenté jusqu’ici avec timidité.

Reçu dans les salles de l’Assemblée par Jean Michel FOURGOUS, dans le cadre des rencontres de Contribuables Associés avec les Parlementaires, j’ai eu l’occasion de rencontrer quelques uns des députés qui professent une foi libérale, et qui gardent l’espoir d’une accélération des réformes ; ils s’emploient à presser le gouvernement d’engager les mesures attendues de leurs électeurs. En réponse, l’annonce d’un plan d’économies et de révision des politiques publiques, doublé d’une loi de modernisation de l’activité économique, donne les apparences d’une volonté réformatrice. De quoi se plaindrait-on ?

Mon tempérament optimiste me porte à me réjouir quand j’écoute quelques discours qui sentent bon la rupture : on ne parle plus de relance de la croissance mais de réduction des dépenses publiques, on ose évoquer le transfert au privé de missions aujourd’hui confisquées par l’administration publique, et le partenariat public-privé est fréquemment évoqué.

Cependant, mon esprit chagrin et négatif ne se satisfait guère d’une simple rupture de ton, d’un vocabulaire nouveau : les actes doivent suivre la parole. Or, à ce jour, on récite chaque jour une nouvelle liste de mesures, une litanie qui ne peut passer pour un projet de société. Il y a de plus un contraste entre la politique des petits pas et l’écho médiatique qu’elle reçoit. Parler de 7 milliards d’économies en 5 ans alors que le déficit budgétaire est supérieur à 45 milliards pour la seule année 2007 est évidemment assez décevant. On m’objectera que l’intention vaut l’action, et que l’on va dans la bonne direction. Mais cela ne me paraît pas suffisant, surtout quand j’observe comment les grands réformateurs, de Reagan à Aznar, en passant par Klaus et Thatcher, ont opéré.

Nous avions la chance, au cours de cette même rencontre à l’Assemblée, de recevoir deux réformateurs qui sans doute n’ont pas eu la dimension et la célébrité des grandes vedettes que je viens d’évoquer, mais qui ont réellement changé la vie de leurs concitoyens en les libérant du poids de l’Etat : Sir Roger DOUGLAS a été Ministre de l’Economie de la Nouvelle Zélande, et Mart LAAR a été premier ministre de l’Estonie. Ils nous ont rappelé qu’il n’y avait pas cinquante manières différentes de réussir les réformes, et qu’il fallait simplement respecter trois grands principes, qui pourraient passer pour des évidences mais que les apprentis réformateurs ne respectent pas facilement : une détermination sans faille, une thérapie de choc, une vision globale.

Inutile de songer à réformer si l’on n’a pas au départ la volonté et le courage voulus. Il n’est jamais facile d’échapper à la tyrannie du statu quo. La réforme doit être claire, le réformateur doit être crédible. Il faut savoir résister aux sondages d’opinion, aux pressions corporatistes et syndicales. Un gouvernement qui recule à la première occasion, ou qui se multiplie en manœuvres et négociations, n’a aucune chance de réussir.

Voilà pourquoi la thérapie de choc est préférable au gradualisme. Par habileté, on peut être tenté par la politique des petits pas. Certains aiment bien « ouvrir des brèches » par lesquelles les vraies réformes feraient ensuite irruption. Ils y perdent beaucoup de temps, réduisant l’efficacité des mesures à prendre ; ils y perdent surtout en lisibilité, les gens ne voyant pas vraiment où on les mène. J’ai apprécié que les deux orateurs, sans se concerter, aient fait référence à l’histoire du paysan et du chien inventée par Bastiat : « Je dois te  couper  la  queue,  mais  pour  que  tu  souffres un peu moins, je t’en couperai un petit bout chaque jour »… La leçon de la transition des pays d’Europe du communisme au marché est nette : succès assuré pour les thérapies de choc, comme la République Tchèque, les pays baltes, la Hongrie, voire la Pologne, échec prolongé ailleurs.

Enfin, rien de pire que les réformes ponctuelles, prenant les problèmes les uns après les autres. D’une part, il y a quelque incohérence à vouloir « libérer » certains secteurs d’activité en laissant les autres entre les mains des administrations – c’est une source de blocage et une perte d’efficacité de la réforme. D’autre part comme la réforme aboutit toujours à faire disparaître les privilèges et les facilités offertes jusque là par l’Etat Providence, il faut que chacun ait le sentiment qu’il n’est pas le seul à faire les frais de la réforme, et qu’il tirera aussi quelque avantage nouveau de la disparition des privilèges des autres. Certains perdent leurs subventions, mais ils bénéficient désormais des moindres coûts d’activités désormais soumises à la concurrence.

La réforme n’est donc pas quelque chose qui se gère au fur et à mesure, en fonction des résistances et des aléas – que l’on ne peut éliminer de toutes façons.

Reste à savoir comment la réforme peut être voulue et acceptée par le peuple. Certains députés ont marqué leur scepticisme en rappelant « l’exception française ». Lionel LUCA, à juste titre, a dénoncé « la règle des trois i » qui gouverne la France : ignorance, idéologie, impuissance. Olivier DASSAULT s’est interrogé sur l’attractivité du changement dans un pays vieillissant, il a souligné l’importance de mobiliser les jeunes, de conjuguer enseignement, recherche et entreprise. Il est certain qu’une pédagogie de la réforme est à diffuser. Comme sont à diffuser une pédagogie du marché, et une pédagogie de la liberté.

Pour ma part, j’ajouterai que la réforme ne peut être reçue dans un pays où les idées de la liberté ne sont ni enseignées, ni reconnues dans les cercles dirigeants. La mondialisation et les contraintes externes peuvent rendre les réformes indispensables pour les Français. Mais elles ne seront souhaitées par les Français que du jour où la reconquête intellectuelle aura été amorcée. La réforme c’est aussi un problème de culture et de connaissance.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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