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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Cette formule est aujourd’hui connue sous le nom de « loi de Say ».

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L’AGE DE LA RETRAITE A DEJA SONNE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 07 Avril 2008 01:00
 Vivement...leur retraite !

Il a déjà sonné pour 12 millions de Français, et il sonnera plus ou moins tôt pour 17 millions de personnes qui cotisent aujourd’hui à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse.

Ces retraités actuels ou futurs ne représentent pourtant que deux tiers de l’ensemble de ceux qui sont concernés par l’âge de la retraite. Le dernier tiers comprend les fonctionnaires, les salariés agricoles, les non salariés, commerçants, artisans, membres de professions libérales, et tous ceux qui sont soumis à un régime spécial (cheminots, électriciens gaziers, agents de la Banque de France, clercs de notaire, etc.).

Il a déjà sonné pour 12 millions de Français, et il sonnera plus ou moins tôt pour 17 millions de personnes qui cotisent aujourd’hui à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse.

Ces retraités actuels ou futurs ne représentent pourtant que deux tiers de l’ensemble de ceux qui sont concernés par l’âge de la retraite. Le dernier tiers comprend les fonctionnaires, les salariés agricoles, les non salariés, commerçants, artisans, membres de professions libérales, et tous ceux qui sont soumis à un régime spécial (cheminots, électriciens gaziers, agents de la Banque de France, clercs de notaire, etc.).

Le sort de ces régimes spéciaux a été déjà débattu à l’automne dernier, et a donné lieu à d’ardentes manifestations par les intéressés ; on ne sait si le sort de ces personnels très différents (pour ne pas dire favorisés) par rapport aux autres est ou non définitivement scellé.

Maintenant le gouvernement s’engage dans une réforme bien plus importante par le nombre de Français qu’elle concerne : pour le régime général de base, il s’agit de porter la durée de cotisation de 40 à 41 années pour avoir droit à une retraite « à taux plein ».

Ce faisant, le gouvernement français se rend à une double évidence :

1° compte tenu des perspectives démographiques et économiques, il faut compenser l’écart grandissant entre nombre de cotisants et nombre de retraités. Quelqu’un qui prend sa retraite un an plus tard, c’est quelqu’un à qui on n’a pas à verser de pension, et quelqu’un qui au contraire continue à payer une cotisation. L’idéal, ce serait la retraite à 77 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes, compte tenu de l’espérance de vie à la naissance : en vivant en moyenne comme les autres, un Français (ou une Française) ne serait jamais pensionné et toujours cotisant. La Caisse serait enfin pleine.

2° la plupart des pays européens se sont engagés dans une politique de relèvement de l’âge de la retraite. Alors que les « largesses » de Pierre Mauroy ont institué la retraite à 60 ans, nos partenaires sont en général à 65 ans, et révisent l’âge à la hausse.

Naturellement, les syndicats sont opposés à la réforme, ils sont simplement divisés entre ceux qui, comme la CGT, n’attendent même pas les modalités proposées par le gouvernement, parce qu’ils sont contre toute réforme – et veulent même abaisser l’âge de la retraite - et ceux qui demandent à voir : quels bénéfices et quels coûts en attendre pour les salariés ?

Quelles qu’en soient les modalités, je suis pour ma part très réservé à l’égard de cette réforme, non pas seulement à cause de sa modicité (le MEDEF estime que 42 ans seraient déjà mieux que 41) mais surtout parce qu’elle est fondamentalement injuste et inefficace.

Elle est injuste dans la mesure où l’on demande à des gens qui ont cotisé ou vont cotiser toute leur vie de faire un effort supplémentaire. Cela revient à leur dire : si vous voulez avoir une retraite décente, il faut y renoncer en partie (reculez l’âge de votre retraite) ou remettre de l’argent au pot (travaillez et cotisez davantage). Or pourquoi en est-il ainsi ? Parce que depuis des dizaines d’année on cache la vérité aux Français et on leur fait miroiter un troisième âge doré qu’ils ne connaîtront jamais. La situation des assurés, retraités et cotisants d’aujourd’hui est comparable à celle d’une famille qui fait construire une maison. Les architectes et corps de métier se sont engagés sur des devis, et la famille a considéré qu’elle pouvait faire face à la dépense. Mais alors même que le chantier est en cours, tous les bâtisseurs demandent une rallonge – sinon il n’y aura pas de maison ! Mais tandis que la famille est libre de faire construire, les Français ont été obligés d’entrer dans le système d’assurance-vieillesse qui porte bien mal son nom : aucune assurance pour les vieux. 

Pour être efficace, la seule mesure à prendre est de dire la vérité aux Français : les Caisses seront en faillite parce que le système sur lequel elles reposent est explosif. Des retraites par répartition ne peuvent durablement résister à un déséquilibre de plus en plus marqué entre nombre de cotisants et nombre de retraités. D’autre part la répartition est anti-économique : en choisissant la répartition plutôt que la capitalisation on fait perdre à un smicard cotisant 40 ans la somme astronomique de 215.000 euros. Imaginez les retraités français les plus modestes partant pour le troisième âge avec un tel pactole ! Au lieu de cela, on l’oblige à continuer à cotiser et à attendre patiemment que sa retraite fonde au fil des ans.

La seule issue est donc de rompre avec la répartition. Cette rupture a été tentée et réussie dans un grand nombre de pays étrangers. On cite toujours le Chili et la Nouvelle Zélande. Mais il y a plus près de nous l’Angleterre (où deux tiers des droits à la retraite sont en capitalisation), les pays d’Europe centrale et naturellement la Suisse. Partout on a eu recours à la technique de l’assurance privée, de l’épargne volontaire pour tourner le dos à la répartition. Certes, quelques allusions timides aujourd’hui montrent que la capitalisation fait moins peur (plus de 40% des Français préfèreraient un système « où chaque personne cotise pour sa propre retraite »). Quelques-uns avancent même l’idée d’un « troisième étage » en capitalisation (hors de portée des familles les plus modestes) et on invite les gens à s’assurer contre le risque de faillite de l’assureur public obligatoire (22 millions de contrats d’assurance-vie aujourd’hui en France !). Mais tout cela doit maintenant s’ouvrir sur une réforme plus profonde, la seule durable : amorcer le plus tôt possible la transition de la répartition à la capitalisation. Même si cette transition pose en France quelques difficultés techniques spécifiques, que je suis en train d’examiner dans le cadre de mes recherches avec l’Institut de Recherches Economiques et Fiscales, le principal obstacle est politique : qui aura le courage de relever le défi social ? Le gouvernement s’apprête à vivre des heures très difficiles pour introduire un amendement mineur ; il ferait mieux d’user de son crédit et de son pouvoir quand il est encore temps pour faire renaître l’espoir des retraités présents et futurs, au lieu de les taxer et de les inquiéter.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

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