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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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L’économie est déséquilibre

Figure emblématique de l’école « autrichienne », ce professeur à l’Université de New York a développé l’idée de son maître Mises : l’économie est déséquilibre.

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ILS SONT FOUS CES ANGLAIS ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 31 Mars 2008 01:00
 Modèle anglais versus modèle français

Notre Président aime la découverte. Il ne cesse de sillonner le monde entier à la recherche d’idées nouvelles, de politiques audacieuses, d’amitiés solides, qu’ils pourrait ensuite utiliser pour mener à bien son programme de réformes, qu’il est bien décidé à accélérer enfin.

C’est pourquoi je comprends mal ce qu’il peut faire en Angleterre, ce qu’il peut nous ramener pour notre plus grand profit. Comment, en effet, suivre les Anglais dans leur mode de vie, dans leurs mœurs politiques et sociales ?

Il faut être fou comme des Anglais pour privatiser les chemins de fer, au risque de déraillements. Il faut être fou comme des Anglais pour se passer des syndicats, au risque de l’exploitation des travailleurs. Il faut être fou comme des Anglais pour abandonner presque totalement les retraites par répartition, au risque de la faillite des fonds de pension. Il faut être fou comme des Anglais pour laisser les parents, les professeurs et les directeurs des établissements scolaires libres de leur pédagogie, de leur programme, et du choix des enseignants, au risque de disparition des mauvaises écoles. Il faut être fou comme des Anglais pour changer sans arrêt de travail au prétexte de réduire le chômage, au risque de connaître la précarité. Il faut être fou comme des Anglais pour autoriser un Indien à s’emparer de Jaguar et de Rover, au risque de ne plus vendre d’automobiles. Il faut être fou comme des Anglais pour installer des péages dans les villes, au risque d’empêcher les pauvres de circuler à Londres. Il faut être fou comme des Anglais pour faire payer si peu d’impôts, au risque de voir tous les footballeurs et les jeunes ingénieurs envahir leur pays. Il faut être fou comme des Anglais pour refuser l’euro et les politiques économiques européennes, au risque de se ruiner. Il faut être fou comme des Anglais pour avoir un budget en équilibre, au risque de réduction des services publics. Il faut être fou comme des Anglais pour garder une reine, une famille royale, des carrosses, des palais, au risque de révolte populaire contre les privilèges.

Les Anglais, ce sont bien les Beatles, Elton Jones, David Beckam, les successeurs de Milton, de Byron et plus loin encore de Shakespeare, de Thomas More : des fous…

Nous, Français, nous sommes cartésiens, chez nous rien n’échappe à la rigueur de la raison.

Nos chemins de fer ne déraillent pas, ou pas trop, mais nos cheminots, eux, déraillent. Nos salariés souffrent du chômage et des bas salaires, mais le dialogue est intense et permanent entre partenaires sociaux : rien ne vaut le consensus – même s’il n’est jamais obtenu. Nous refusons les retraites par capitalisation et nous acceptons les retraites par répartition car les fonds de pension confient nos épargnes aux financiers tandis que les caisses de retraite se vident aussi vite qu’elles se remplissent, et même plus vite en ce moment ; il fait « sauver la sécu » pour mieux préparer sa faillite. Nous faisons de l’éducation un service public unique et centralisé, parce qu’il n’est pas question que tous les écoliers n’aient pas tous la même école : mauvaise et chère au contribuable. Nous refusons la précarité, nous voulons un emploi garanti à vie, bien rémunéré et adapté à notre emploi du temps – sinon nous préférons le chômage et ses indemnités. Nous préférons le Smic plutôt que la formation et la qualification. Si des étrangers comme Mittal se proposent de reprendre nos usines, puis de nous imposer de nouvelles méthodes de travail, et a fortiori des suppressions ou des déplacements de postes, nous savons compter sur le gouvernement, défenseur du patriotisme économique. Nous sommes contre les péages, nous préférons les embouteillages ou les pistes cyclables. Nous voulons que l’impôt soit encore plus progressif, et nous n’aimons pas le paquet fiscal, un cadeau fait aux riches, on va d’ailleurs le leur reprendre (à supposer qu’on le leur ait donné).  

Nous n’avons pas la religion du déficit, parce qu’il faut produire des biens publics, nous ne voulons pas voir diminuer le nombre de fonctionnaires – ce serait dégrader la qualité du service public, et la dépense publique est un facteur de croissance. Nous sommes les plus chauds partisans de l’euro et de l’intégration européenne – et si nous pestons contre l’euro fort c’est précisément qu’il n’y a pas de politique monétaire européenne, entre les mains compétentes de nos inspecteurs des finances. Quant à la monarchie, nous savons nous en passer. Nous avons des Présidents dont le prestige et la moralité sont bien au-delà d’une famille royale en décomposition, et nos ministres n’ont pas à leur disposition des palais princiers – juste quelques hôtels du XVIIème siècle pour administrer le pays et de modestes appartements de fonction pour loger la famille. Les privilèges ne sont pas l’apanage de quelques aristocrates, mais ils sont largement répandus dans la classe des énarques, des hommes politiques, des syndicalistes et autres gardiens de la démocratie.

Dans ces conditions, j’espère vivement que Nicolas SARKOZY oubliera bien vite ce qu’il a pu voir chez les Anglais, et retrouvera quelques alliés naturels dont nous nous sentons plus proches : les Allemands qui s’embourbent dans leur sociale-démocratie, les Espagnols qui mènent la nouvelle guerre civile contre l’Eglise et le roi, les latino-marxistes anti-mondialistes, et de façon générale tous ceux qui rejettent le modèle anglais.

Reste une question : comment se fait-il que tant de pays et de peuples soient dans la même voie que les Anglais ? Pourquoi parler d’un modèle « anglo-saxon » quand on observe que les mêmes principes de privatisations, de libre entreprise, de libre échange sont mis en œuvre dans une cinquantaine de pays dont les Asiatiques, les Indiens, les gens d’Europe Centrale et Scandinave ?

N’y aurait-il pas un modèle universel pour ceux qui veulent connaître la croissance économique et le progrès social ? Et  une devise universelle : « Liberté et responsabilité » ?

Peut-être pas si fous que cela, ces Anglais !

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


Editorial : Pourquoi les Français n’aiment pas les réformes

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